Algérie Poste: L’employé ayant interpellé le ministre annonce avoir été licencié

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Algérie Poste: L'employé ayant interpellé le ministre annonce avoir été suspendu
Algérie Poste: L'employé ayant interpellé le ministre annonce avoir été suspendu

Un employé d’Algérie Poste a annoncé ce dimanche 18 avril 2021 avoir été licencié de son poste. Zaoui Abderahmane, dont la vidéo de sa discussion avec le ministre de la Poste, des Télécommunications et du Numérique, Brahim Boumzar, a largement circulé sur les réseaux sociaux, a expliqué dans un nouveau live qu’il est victime d’une « décision arbitraire » et rejette les accusations de « incitations à l’anarchie » qui justifierait, selon la décision qu’il a reçue, son renvoi.

L’employé s’est défendu d’une telle accusation rappelant qu’il était contre la forme de grève entamée et que ses collègues pouvaient en témoigner. M. Zaoui n’a pas manqué de saluer la solidarité agissante de ses collègues qui demandent l’annulation de la décision et réclament sa réintégration.

Des dizaines de ses collègues ont observé un sit-in à l’entrée du bureau de poste où il exerçait.

Zaoui Aberahmane avait annoncé samedi 17 avril 2021 avoir été suspendu de son poste. Il avait expliqué un live qu’il s’attendait à cette décision « arbitraire », estimant avoir été « suspendu pour avoir dit des mots justes ».

La vidéo avait largement circulé sur les réseaux sociaux. Au deuxième jour de la grève des employés de la poste, le ministre Brahim Boumzar effectue une visite dans un bureau à Alger. Il a souhaité prendre connaissance des revendications des grévistes et c’est Zaoui Abderahmane qui a interpellé le ministre.

Le représentant des grévistes dans ce bureau de poste n’y est pas allé de main morte, discutant franchement avec Brahim Boumzar. M. Zaoui a ainsi rappelé au ministre qu’il « n’est pas issu du secteur de la Poste mais qu’il a été nommé à ce poste par décision politique, pour diriger politiquement une période de la poste. Demain, vous pourrez vous retrouver à la tête des ministres du commerce, ou celui des Finances ». Raison pour laquelle, estime-t-il, « il ne peut aider les grévistes tout en restant neutre ».

Le même employé n’a pas manqué de rappeler le ras-le-bol de ses confrères à travers le pays. Il avait rappelé les précédents mouvements de protestation menés dans le secteur, regrettant la démarche de la tutelle pour mettre fin à ces débrayages. Il s’agit, explique-t-il, la création d’un syndicat « dont le représentant nous a trahi et qui ne nous représente pas ».

Zaoui Abderahmane avait également soulevé la volonté de ses confrères grévistes de créer un syndicat et « désigner eux-même leurs représentants ».

Evoquant l’une des revendications, à savoir les primes et la revalorisation salariale, le même employé a rappelé au ministre que « la valeur du dinar a baissé de 23 % depuis janvier 2020. Le salarié qui percevait 50 000 DA touche en réalité 33.500 DA (…) Si avec 50 000 DA en 2020 le salarié tenait un mois, aujourd’hui, il ne tiendra pas plus de 20 jours », a-t-il regretté.

L’employé a été « suspendu pour avoir dit la vérité »

Dans la soirée du samedi, le même employé annonce, dans un live diffusé sur Facebook, avoir été suspendu de son poste. « Je viens de quitter le travail. Mes collègues m’ont appelé pour m’informer qu’ils ont reçu l’ordre ou la décision de ma suspension, comme je m’y attendais », a-t-il annoncé.

« Pourquoi j’ai été suspendu ? Pour avoir dit la vérité, des mots justes. J’ai été suspendu pour avoir exigé notre dignité », a-t-il affirmé.

Samedi, la direction d’Algérie Poste et le ministère de la Poste et des Télécommunications ont annoncé la reprise du travail dans les bureaux de postes à travers le pays. Les grévistes, de leur côté, annoncent la poursuite de la grève pour le 5e jour consécutif, malgré les menaces de licenciement de la tutelle.

Jeudi, le tribunal de Dar El Beida a déclaré ce débrayage « illégal ». La Direction a immédiatement appelé les grévistes à regagner leurs postes, à défaut de quoi ils seront « licenciés, sans préavis et sans indemnités ».

Des employés d’Algérie Poste ont enclenché le 12 avril, la veille du mois de ramadhan, une grève surprise pour exiger la satisfaction de plusieurs revendications dont une liée à la prime d’intéressement. La Direction explique le même jour dans un communiqué que cette prise sera versée de manière ordinaire. Quant aux autres revendications, notamment la prime de rendement, le réaménagement des horaires de travail et les dossiers des employés occupant des postes outres que ceux mentionnés dans leurs contrats, Algérie Poste a expliqué que la satisfaction de ces revendications est liée à la création d’un syndicat.

Mercredi, la Direction générale a annoncé l’installation d’un Comité national chargé de la préparation de la conférence nationale élective du Syndicat de la société en vue de prendre en charge les problèmes socioprofessionnels et préparer la tenue de la conférence.

La Direction générale d’Algérie Poste « informe tous les travailleurs de l’entreprise qu’en vertu de la décision du 14 avril 2021, rendue par le Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), il a été procédé à l’installation du Comité national chargé de la préparation de la conférence nationale élective du Syndicat de la société », soulignant que ce Comité « dispose de prérogatives du syndicat de la société, prévues dans les statuts et le règlement intérieur pour prendre en charge les problèmes socioprofessionnels et préparer la tenue de la conférence », lit-on.

Zaoui Abderahmane n’a pas manqué de dénoncer cette opération.

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