A Constantine, le printemps théâtral est de retour

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A Constantine, le printemps théâtral est de retour
A Constantine, le printemps théâtral est de retour
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A partir de ce samedi 27 mars, la ville de Constantine abrite le 9e printemps théâtral. La manifestation durera jusqu’au 3 avril 2021.

Le choix de la date n’est pas fortuit. Le 27 mars est la journée mondiale du théâtre, célébrée depuis 1961. Le comédien Hakim Dekkar, président du Comité de l’action culturelle de la ville de Constantine, qui organise l’événement, a annoncé, vendredi 26 mars, au soir, que six pièces seront au programme au Théâtre régional de Constantine Mohamed Tahar Fergani (TRC). Les spectacles, prévus à partir du 28 mars, seront présentés à 18 h.

 Il s’agit de « Aramel » de Chahinez Negouache (Constantine), « Skoura » de Ali Djebbara (Souk Ahras), « Rih lehrour » d’Ahmed Benaissa (Tizi Ouzou), « Baccalauréat » d’Azzeddine Abar (Mostaganem), de « Risf nouar majabebch » de Abdelhamid Gouri (Annaba) et de « Arlequin valet des deux maîtres » de Ziani Chérif Ayad (Oran). Deux pièces ont participé à la compétition au 14ème Festival national du théâtre professionnel (FNTP) qui s’est déroulé du 11 au 21 mars au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi (TNA), à Alger, celles d’Oran et de Souk Ahras.

« Rendez-vous de tous les artistes »

Ali Aissaoui, membre du comité et réalisateur de télévision spécialisé en théâtre, a précisé qu’il n’existe pas de compétition. « Car l’esprit du Printemps théâtral est de proposer au public des pièces déjà primées ailleurs, un bouquet des meilleures représentations. Nous n’avons pas voulu ramener les pièces qui étaient déjà à l’affiche au dernier FNTP », a-t-il dit.

« Le printemps théâtral de Constantine ne s’est pas tenu depuis 2017. Il a été lancé en 1995 et a laissé une empreinte dans le mouvement théâtral algérien. A l’époque, le printemps était le rendez-vous de tous les artistes. Nous sommes chanceux d’avoir parmi nous certains fondateurs de cette manifestation comme Ali Aissaoui et Hassan Blikaz », a annoncé Hakim Dekkar, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Protea-Marriott de Constantine.

« Une capitale des arts »

Il a précisé que le Comité de l’action culturelle de la ville de Constantine, organisé en association sous l’égide de l’APC, a obtenu son agrément depuis un mois et demi. « Le comité veut relever un défi : changer le visage de Constantine sur le plan culturel. Nous voulons reprendre certaines activités qui, par le passé, avaient fait de Constantine, une capitale des arts. En dehors de la pandémie de Covid 19, Constantine connaît une léthargie culturelle terrible », a regretté Hakim Dekkar saluant l’appui du wali de Constantine pour « la réussite de la manifestation ».

Et d’ajouter :  « Le wali nous a soutenu dès la première réunion. Nous avons peut-être su vendre notre produit. Nous avons également l’appui du président d’APC ».

Roman et théâtre en débat lors de ce Printemps théâtral

Trois colloques sont programmés durant le Printemps théâtral du 28 au 30 mars au niveau de la salle de conférences du TRC. Le premier sera consacré « à l’adaptation du roman au théâtre », animé par l’écrivain Amin Zaoui, le critique Allaoua Djeroua Wahbi et l’universitaire Said Boulemerka. « Dans le programme, il y a trois représentations tirées des romans d’Amin Zaoui, Malek Haddad et Mouloud Mammeri », a précisé Hakim Dekkar.

Le deuxième colloque développera la thématique « du texte et de l’intertextualité dans la mise en scène théâtrale » avec des interventions de l’universitaire et critique Habib Boukhelifa et du metteur en scène Mohamed Tayeb Dehimi. « Le troisième colloque sera axé sur les métiers du théâtre entre « tradition et modernité », animé par le metteur en scène Haider Benhassine, l’enseignante et metteure en scène Hamida Aït Hadj et l’activiste culturel Amine Fethi », a indiqué Hakim Dekkar.

Hommage à Salim Merabia

Le 9e Printemps théâtral de Constantine est dédié à Salim Merabia, ancien directeur du Théâtre régional de Constantine entre 1994 et 2003, décédé en décembre 2005. « Salim Merabia est le fondateur de ce Printemps théâtral en 1995. A l’époque, l’expression artistique était interdite et les gens entraient chez eux à 15 h (en raison des menaces terroristes, NDLR). La même année, furent également organisés le Printemps du Malouf et le Printemps du cinéma. C’est pour vous dire que durant la décennie noire, la culture était présente », a précisé Ali Aissaoui.

Il s’est rappelé que lors de la première édition du Printemps théâtrale la salle était archicomble. « Tous les acteurs du théâtre algérien étaient venus à Constantine. La manifestation intervenait une quarantaine de jours de l’assassinat du comédien Azzeddine Mejoubi (13 février 1995 à Alger) et quelques mois après le meurtre d’Abdelkader Alloula (en 1994 à Oran). Les gens du théâtre étaient donc venus pour exprimer leur solidarité », a-t-il noté.

Les invités du Printemps théâtrale seront conviés, selon Ali Aissaoui, à rendre visite certains sites touristiques, historiques, culturels et architecturaux de Constantine comme Souika, le Musée Ahmed Bey, les ponts et le TRC. « Ce choix de lier culture et tourisme a été fait dès 1995. A l’époque, nous recevions des troupes du Maghreb dont les membres étaient intéressés par la visite de Constantine », a soutenu Ali Aissaoui.

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