Le pouvoir sommé de « cesser une guerre déclarée contre le peuple algérien »

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Le pouvoir sommé de "cesser une guerre déclarée contre le peuple algérien"

Des partis politiques, citoyens, avocats, militants pour les droits de l’Homme, syndicalistes et citoyens d’autres profession ont signé ce samedi 01 mai 2021 un appel au pouvoir en place, qui mène « une guerre contre le peuple algérien ».

« Les Algériens subissent depuis plusieurs semaines une des pires escalades de la répression contre leurs droits et libertés », lancent-ils. « Cette offensive sécuritaire et judiciaire pour les empêcher de s’exprimer, de revendiquer, de manifester, de s’organiser, de faire grève, de rendre compte dans les médias et les réseaux sociaux, d’exister en tant que citoyens est entrain de prendre les allures d’une guerre ouverte contre le peuple Algérien », estiment les signataires, dont le Parti socialiste des Travailleurs (PST), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Rassemblement des jeunes pour l’Algérie (RJPA), leUnion pour le changement et le progrès (UCP), le Union pour l’Algérie (UPA) ou encore le Collectif algérien contre la torture et les conditions carcérales (CACTCCI).

« Elle n’épargne personne, touche toutes les catégories sociales et toutes les régions du pays. Elle invente des illusoires complots terroristes pour justifier le retour aux pratiques les plus détestables de l’arbitraire (enlèvement, perquisition, mise au secret). La torture se banalise à nouveau. Les violences policières se généralisent », lit-on.

Les signataires poursuivent que « rien ne peut justifier qu’un gouvernement traite avec une telle brutalité les citoyens de son pays. Ni son impuissance face à la crise économique, ni son entêtement à tenir un agenda électoral rejeté par l’immense majorité du peuple, ni le naufrage de son calendrier vaccinal contre la pandémie ».

« Le refus depuis deux ans d’accéder aux revendications du Hirak populaire pacifique en faveur d’un changement vers la démocratie enfonce le pouvoir de plus en plus dangereusement dans une aventure sécuritaire au très lourd prix. En criminalisant le Hirak il se met lui même sur la pente glissante des crimes d’Etat », poursuivent la LADDH, le Rassemblement action jeunesse (RAJ) ainsi que d’autres journalistes, chefs de partis, universitaires et médecins.

« Cette escalade d’avril 2021 piétine un peu plus les engagements pris par les conventions internationales signées par les autorités algériennes et protégeant, tout autant que la constitution du pays, les droits qui sont aujourd’hui attaqués massivement et sans retenue. L’Algérie se met au ban des Nations pour son mépris des droits fondamentaux de l’homme », estiment-ils.

Le pouvoir appelé à libérer les détenus

« Nous citoyens et organisations signataires de cette déclaration appelons à l’arrêt immédiat de cette inacceptable agression contre l’intégrité physique et morale des Algériens. Nous prenons pour responsables les autorités algériennes des conséquences funestes de cette dérive répressive et nous en prenons à témoin  les opinions nationale et internationale », lit-on.

Les auteurs et signataires ont appelé « à la libération de tous les détenus politiques, à la cessation des poursuites et au rétablissement de tous les droits et libertés garantis par la constitution et par les conventions internationales signées par l’Algérie. Le recours obsessionnel à la répression n’a pas stoppé depuis deux ans la marche du peuple algérien vers le changement démocratique pacifique. Il ne l’arrêtera pas cette fois non plus », conclut-il.

L’Algérie enregistre une recrudescence de la répression durant le mois d’avril. Selon des activistes du Hirak et militants pour les droits de l’Homme, plus de 750 personnes ont été interpellées, près de 80 ont été placés en garde à vue et 43 personnes ont été placés en détention provisoire, dont un étudiant et un journaliste.

Selon le comité national pour la libération des détenus (CNLD), plus de 70 personnes sont actuellement détenues à travers le pays.

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