« Miniature Addiction », la carrosserie miniature où les voitures sont faites à la main

1
Amine, constructeur de voitures miniature
Amine, constructeur de voitures miniature

Amine, un jeune passionné de belles bagnoles, a trouvé les moyens de s’offrir les incontournables modèles des carrossiers les plus célèbres…en miniature. Originaire de Nedroma à Tlemcen, il se consacre depuis plusieurs années à reproduire des répliques de voitures avec un sens élevé du détail. Sa dernière création la super-care Lamborghini Countach, entièrement faite à la main.

Des voitures de course, des camions de guerre, des vans des bus, des tracteurs et surtout d’anciennes voitures de luxe des plus célèbres constructeurs, témoignent du talent et la passion d’Amine. Les collectionneurs trouvent leur bonheur dans l’atelier de ce jeune artisan de 33 ans, dont le label porte le nom de « Miniature Addiction ».

« J’ai grandi dans un univers d’automobiles. Mon grand-père est le premier réparateur de cardans de voiture dans la région, un savoir-faire qu’il a appris en France. Après l’indépendance, il est retournée au pays et a lancé son garage et transmis le métier à ses fils. Quand j’étais petit, je passais beaucoup de temps avec mon père et mes oncles. Je les écoutais parler des voitures, des pièces, de la réparation. Cet univers me fascinait mais j’étais loin d’imaginer que cette passion allait s’exprimer de cette manière ».

L’intérêt pour les voitures a commencé par le dessin. À à peine 10 ans, Amine se souvient qu’il dessinait sans se référer à un modèle particulier. À l’adolescence, l’envie de voir ces dessins prendre forme le tente. Il utilise le carton et crée ses premières répliques.

« J’utilisais le carton et le bois pour faire des bateaux et des voitures. Je découvrais une autre passion, celle du travail manuel. Transformer la matière en un objet était pour moi une manière d’exprimer avant tout une liberté. À 16 j’ai réalisé un bateau d’un mètre et demi, entièrement en bois, en utilisant des instruments rudimentaires et sans aucun manuel », se souvient Amine de ses débuts.

Après l’obtention de son Bac, Amine part à Sidi Bel Abbes pour poursuivre des études de littérature anglaise. Quand il rentre chez lui, il continue à créer mais pas de manière régulière. Ce n’est qu’à la fin de ses études et une fois de retour chez lui, qu’il retrouve son espace de travail et reprend la création de voiturettes.

« En rentrant chez moi après mes études j’ai travaillé dans le commerce et en parallèle j’ai repris la création des miniatures. Je suis de nature discrète. Peu de gens connaissent cette facette de ma personnalité et en rentrant chez moi j’ai habité seul, ce qui me donnait plus d’espace et de liberté. À ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait apporter la notion design à mes créations pour en faire des œuvres », précise Amine.

Pour y parvenir, Amine va s’intéresser aux anciens designers automobiles des constructeurs célèbre comme Zagato, Pininfarina, Bertone. Pour lui, ces voitures sont des œuvres d’art. Des pièces uniques qui ont marqué l’histoire de leurs constructeurs.

« L’habitacle des voitures dans les années vingt était entièrement en bois, réalisé par des artisans. Ces derniers façonnaient l’intérieur de la voiture manuellement ce qui fait que chaque voiture et authentique. J’admire cette façon de faire, c’est lent, ça demande beaucoup de patience mais le résultat est unique. C’est donc ce que je reproduis. Une façon de faire pour ne pas dénaturer l’identité de la voiture. Créer chaque pièce à la main est l’élan artistique que j’ai donné à ma passion », souligne Amine.

L’art et la « matière de faire »

Amine explique qu’il existe très peu de miniaturistes en Algérie. Ce qui laisse cet art méconnu chez le grand public. Pourtant la réalisation de ces répliques de voiture implique un long processus qui commence par de la documentation.
Amine ne réalise que ce qui l’inspire. Avant d’entamer une conception, il va se renseigner sur l’historique de la voiture pour reproduire fidèlement chacun de ses détails.

« Si on prend la voiture de course C25 aérodynamiques d’Avions Voisin de 1923. Cette voiture est inspirée de l’aviation. Ce sont les premiers à avoir introduit l’aluminium dans la construction des voitures pour leur permettre de rouler à grande vitesse. C’est pour dire que ces détails sont à connaitre avant de réaliser la réplique. J’exige de moi-même cette rigueur par respect au constructeur ».

Sa matière première est la tôle. Amine utilise des instruments comme des marteaux, pinces à découper visceuse piqueuse et bien d’autres moyens mais tous manuels. Pour ce jeune artisan, moins on est équipé plus on est créatif.

La première étape est la construction du châssis automobile en métal. Cette étape est la plus importante pour Amine car il estime que si le modèle de la voiture est reconnu en voyant seulement le châssis, le challenge est relevé. Chaque pièce est ensuite réalisée, selon des mesures précises, pour pouvoir les assembler.

« C’est aussi une histoire de calcul, pour avoir une formule équilibrée il fait revenir aux vraies mesures de la voiture et réduire en fonction de la taille de ta miniature » précise Amine.
Il livre quelques secrets de la construction notamment les roues qu’il réalise à partir de boîtes de lait pour enfants.

Les dimensions des voitures d’Amine commencent de 35 cm environ et arrivent à 1m20. Sa dernière réalisation, 𝐋𝐚𝐦𝐛𝐨𝐫𝐠𝐡𝐢𝐧𝐢 𝐂𝐨𝐮𝐧𝐭𝐚𝐜𝐡, mesure 1m20. Elle est la plus grande de l’atelier.

« Quand la taille de la voiture est petite on peut aller au delà de certains détails notamment l’intérieur de la voiture. Mais quand le format est grand, il faut accorder un intérêt particulier pour chaque détail. La 𝐋𝐚𝐦𝐛𝐨𝐫𝐠𝐡𝐢𝐧𝐢 𝐂𝐨𝐮𝐧𝐭𝐚𝐜𝐡 de 1970 est une création unique de Marcello Gandini. J’ai fait l’intérieur en Skaï car elle est entièrement en cuir. J’ai mis quatre mois pour la finaliser », détaille Amine.

En attendant d’avoir un espace dédié à ses créations, Amine se fait connaitre sur les réseaux sociaux depuis un an. Trés vite repéré par les collectionneurs, il répond à des commandes sans tomber dans la frénésie commerciale.

« Je ne travaille pas dans la hâte. Je donne à chacune de mes réalisations le temps nécessaire et c’est ce que j’explique aux personnes qui me sollicitent pour des commandes. Ce ne sont pas des jouets mais des œuvres », précise Amine.

Son savoir-faire sera prochainement exposé au-delà de nos frontières. Une de ses pièces sera exposée aux visiteurs du musée d’art contemporain (FRAC) d’Orléans. Amine souhaite participer à une exposition internationale dédiée aux miniatures pour représenter l’Algérie et son savoir-faire.

Article précédentLe chef de l’Etat rentre en Algérie
Article suivant« Algeria WorkLinks », premier salon virtuel de l’emploi en Algérie

1 commentaire

Laisser un commentaire