Brahim Belkorichi, l’artiste qui « cartonne » en créant des œuvres écolo

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Brahim Belkorichi, l'artiste qui
Brahim Belkorichi, l'artiste qui "cartonne" en créant des œuvres écolo/Climate Change Culture Change

En découvrant les créations de l’artiste Brahim Belkorichi, vous ne regarderez plus vos cartons de la même manière! Ce monsieur a trouvé l’idée ingénieuse de donner une seconde vie à cette matière. Il transforme les cartons récupérés en objets d’art pour montrer les possibilités qu’offre cette matière dont le sort est souvent de devenir un déchet.

La technique de recyclage artistique, est très répandue à l’étranger, selon Brahim Belkorichi. Cet artiste raconte que c’est en regardant des vidéos sur Youtube qu’il a décidé de s’y mettre. « Je trouve surprenant que des artistes trouve leur matière première dans des déchets. Finalement on peut créer de tout. Je pense que c’est ce qui m’a le plus motivé », souligne cet artiste.

Brahim Belkoraichi se consacre à cette technique artistique depuis 2015. Après avoir acquis les premières bases, il décide de lancer un atelier de création à la maison de jeune de sa ville Miliana. À ce jour, il partage sa passion avec les enfants qui viennent chaque semaine pour apprendre et concevoir des objets en carton..

« Il faut s’affranchir des moyens de créations connus et traditionnels. L’ingéniosité de l’artiste ne réside pas seulement dans le résultat final, c’est-à-dire l’œuvre finie. Son intelligence se manifeste tout au long du processus de création. Alors si on parvient à créer des œuvres, avec des moyens rudimentaires, et une matière gratuite, et au même temps éduquer et sensibiliser, le pari est amplement relevé ».

Son pari à lui, récupérer le carton, le trier, et le transformer au gré de son imagination. Moyen de transport, animaux, construction architecturale, maquettes, et bien d’autres objets. Brahim Belkorichi, ne s’impose aucune limite. Il a le souci du détail. L’esthétique est aussi primordiale.

« Quand je crée, je fais en sorte que l’œuvre soit très réaliste. Mon objectif et de valoriser le carton, et donc plus l’œuvre est minutieusement travaillée plus la valeur de cette matière est reconnue », précise-il.

Concernant le processus de création, il explique brièvement que ça se résume à la découpe, du pliage et l’assemblage avec de la colle. « Je dessine rarement, je préfère entamer le travail directement. Le carton permet d’avoir cette liberté, car si l’on se trompe on peut facilement corriger. C’est une matière malléable à volonté et solide. Les objets peuvent être conservé longtemps », détaille Brahim Belkorichi.

Brahim Belkorichi « j’ai découvert cette passion sur le tard »

Amusé, il confie qu’il lui a fallu arriver à la cinquantaine pour découvrir un talent et une passion. Ce monsieur de 56 ans est conseiller de la jeunesse. Il se charge du suivi des éducateurs au sein des maisons de jeune de sa région.

Brahim Belkorichi a une longue carrière dans le domaine de la jeunesse. Formé à l’institut supérieur des cadres de la jeunesse à Oran en 1986, il est sorti majeur de sa promotion. Il est recruté la même année comme formateur au sein de l’école où il enseignera la musique pendant plusieurs année. Quelques années plus tard , il rejoint la direction de la jeunesse et des sports au niveau de la wilaya de Ain Defla. En 2000, il devient le directeur de la maison de jeunes de Miliana.

Aujourd’hui, il dirige un atelier de recyclage au sein de la maison de jeunes. « partager cette activité avec les enfants est très gratifiant. J’essaie de les sensibiliser à l’importance de la transformation des déchets mais je souhaite, surtout, que cette pratique influence leur choix professionnel à l’avenir. » souligne Brahim Belkoraichi.

Avec ses élèves Brahim Belkorichi a participé à de nombreuses expositions et concours en 2018. Il remporte le deuxième prix du concours organisé dans le cadre de la Rencontre nationale des clubs verts à Boumerdes. Il a également pris part au salons du recyclage.

« La rencontre avec les gens au sein de ces évènements, m’a permis de donner une autre dimension à mon travail c’est-à-dire la sensibilisation. Les gens quand ils découvrent mes créations, me demandent souvent si c’est du bois. Et sont toujours surpris de découvrir qu’il s’agit du carton. Cette matière, est un déchet pour la plupart des gens, on imagine difficilement qu’elle peut être la base d’un travail artistique », confie Brahim Belkorichi.

Le travail de Brahim Belkorichi commence à se faire connaitre. Les gens le sollicitent pour des créations, à offrir à l’occasion. Mais ce monsieur, imprégné de son art, souhaite que cette pratique soit généralisée au sein des centres culturels et même des école. « C’est un art accessible et engagé. L’œuvre en carton, parle de son concepteur mais sensibilise les gens quant à la valorisation des déchets », conclut Brahim Belkorichi.

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