Chams Eddine Bezzitouni, président du pôle jeunesse du CAPC: «la jeunesse est le meilleur levier pour aller vers une économie fondée sur le savoir»
Chams Eddine Bezzitouni, président du pôle jeunesse du CAPC: «la jeunesse est le meilleur levier pour aller vers une économie fondée sur le savoir»

Chams Eddine Bezzitouni, est Président du pôle jeunesse de la Confédération Algérienne du patronat citoyen (ex JIL-FCE) depuis juin 2020. Il rejoint la Confédération Algérienne du patronat citoyen (ex-FCE) en janvier dernier, où il a occupé, d’abord, le poste de Président de la commission startup. En juin, il est nommé par le Président de la CAPC, Sami Agli, Président du pôle jeunesse dont le nom est en cours de changement.

À 30 ans, Chams Eddine Bezzitouni a occupé de nombreux postes au sein d’institutions et entreprises publique et privée, avant de rejoindre le forum.

Chams Eddine Bezzitouni a été directeur de l’incubateur de Sidi Abdellah. Ensuite, il a intégré Algérie Télécom Satellite (ATS), où il a occupé le poste de chef de département, conseiller de la PDG, chargé de la recherche et développement et relations internationales. Au sein de ATS, il avait pour mission la mise en place d’un programme pour la création de startups pour Algérie Télécom Satellite.

Chams Eddine Bezzitouni a également été consultant pour le ministère de l’industrie, qui lui avait confié le dossier du « fonds d’amorçage», initié pour l’accompagnement et le financement des projets des startups lors du démarrage.

Après ces trois expériences, Chams Eddine Bezzitouni, crée un cabinet de conseil qui s’est spécialisé dans l’innovation ouverte, dont la mission est d’accompagner des industries établies, des entreprises traditionnelles, à intégrer dans leurs chaînes de valeurs, la startup.

L’immersion dans de nombreux écosystèmes startups, et la participation à des événements internationaux, lui ont permis de s’informer et de rester connecté à la pratique mondiale en termes d’écosystèmes startups. Ces expériences ont forgé sa vision de entrepreneuriat en général, et l’écosystème startup en particulier.

«C’est une nouvelle expérience pour moi, car il s’agit d’un acteur de la société civile (CAPC), qui œuvre pour le collectif des entreprises. Le rôle change évidemment. Si avant j’avais pour mission la promotion de la startup Algérienne, aujourd’hui mon rôle est plutôt de contribuer à la mise en place d’un cadre favorisant la création de Startup et faire sa promotion au niveau international » précise Chams Eddine Bezzitouni.

Dans cet entretien, Chams Eddine Bezzitouni, revient sur cette nouvelle expérience, et l’importance de la jeunesse dans le développement économique.

24H Algérie : Chams Eddine Bezzitouni, comment s’organisera le travail du pôle jeunesse de la Confédération Algérienne du patronat citoyen (CAPC)?

Chams Eddine Bezzitouni: Il existe plusieurs fédérations qui composent la Confédération Algérienne du patronat citoyen (ex-FCE), notamment, la fédération startup et économie du savoir, pour laquelle les membres fondateurs m’ont fait la confiance en m’élisant président. La question de la jeunesse a toujours été au centre des préoccupations du Forum, elle le sera davantage au niveau de la CAPC, car elle s’organisera en forme de pôle au niveau de la Confédération, et travaillera en parfaite concertation avec toutes les fédérations qui composent la CAPC, et celle qui se joindront à nous.

Avant, le Jil-FCE au sein du forum des chefs d’entreprise, traitait de la question de la jeunesse et de la startup. Aujourd’hui  et de par sa particularité, la question de la Startup, ainsi que celle de l’économie du savoir, seront de l’apanage de la fédération que j’ai citée auparavant.  La jeunesse, quant à elle, sera portée de manière transversale par le nouveau pôle jeunesse qui affichera son nouveau nom dans les jours à venir.

Vous avez pris vos fonctions récemment, quelles sont les premières actions que vous avez entreprises?

Chams Eddine Bezzitouni: Comme dit le proverbe africain, «Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». J’ai, donc, commencé par constituer les membres du bureau national, composé de 15 personnes, et avec qui je travaille en étroite collaboration.

J’ai contacté des membres des anciennes équipes des précédents présidents que j’ai invités à nous rejoindre. J’ai aussi invité de nouvelles personnes qui n’était pas dans le forum. Une équipe de 15 personnes peut sembler nombreuse, mais la mission est de taille. Je voulais être entouré par des entrepreneurs de différents secteurs, gérant des entreprises de différentes tailles, mais aussi implantées dans différentes régions du pays. l’équipe réunissant toutes ces conditions étant trouvée, le travail pouvait commencer sur cette bonne base. 

Ensemble nous avons travaillé pendant plusieurs semaines autour de trois axes. Le premier groupe de travail s’est penché sur la question de la « communauté », sa mission était d’identifier les acteurs avec qui nous devons interagir. Que ce soit les entreprises privées et publiques, les administrations, les institutions. Les membres du forum, les non-membres…etc.

Le deuxième groupe «connaissance» est la pierre angulaire du pole jeunesse de la confédération. Son rôle est de recenser les besoins des membres, ensuite créer les outils qui permettront d’y répondre.

Dans les deux premiers axes, nous avons identifié notre communauté et récolté des informations sur elle et pour elle. Dans le troisième axe, « opportunités », nous allons créer des opportunités pour cette communauté.

Que signifie précisément « Pole jeunesse »? jeunes entrepreneurs ou bien le terme à une dimension plus large ?

Chams Eddine Bezzitouni: Jeunesse signifie pour nous; jeune Algérien s’insérant dans la vie économique. Ça peut être un étudiant, un salarié ou un chef d’entreprise.

Moi je ne suis pas expert de toutes les questions liées à la jeunesse, c’est pourquoi je me suis entouré de personnes qui ont une réelle expérience sur le terrain et qui n’étaient pas membres du JIL-FCE.

Il y a aussi des jeunes qui sont en train d’inventer l’économie de demain, pour se défaire des hydrocarbures. Ce n’est pas juste un discours mais nous avons de réels échantillons de cette solution en Algérie.

Je donne l’exemple d’un membre, dont le parcours a retenu mon attention. C’est un véritable contre exemple du mythe qui veut, que “le fils qui reprend les clés d’une entreprise familiale est chanceux parce qu’il est chef d’entreprise sans le mériter”. Ce jeune qui a à peine la trentaine, a réussi à sauver l’entreprise familiale de la faillite. Grâce à son diplôme et son aptitude jeune. Le potentiel de la jeunesse aujourd’hui n’est plus à démontrer, il est le meilleur levier pour aller vers une économie fondée sur le savoir.

Mais il y a aussi le jeune entrepreneur qui n’est pas diplômé. C’est une force de travail dans l’économie parallèle, qu’il faut ramener dans la vraie économie. Aujourd’hui il existe beaucoup d’entrepreneurs qui se lèvent le matin, créent de la richesse mais d’une manière informelle sans le savoir. In fine, être entrepreneur c’est contribuer à la création de la richesse pour une société qui en tire tous les bienfaits. Nous avons plus d’entrepreneurs dans l’action que ce que nous pensons. Je parle ici de l’étudiant qui développe des solutions informatiques pour des clients à l’international, ou du porteur d’un métier dans le bâtiment ou autres qui travaille avec une clientèle de plus en plus large, juste à travers une annonce sur OuedKinss ou une page Facebook et qui parfois sous-traite auprès d’autres porteurs du même métier. 

Vous avez rejoint le FCE en janvier en tant que Président de la commission startup. Que signifie aujourd’hui un écosystème startup?

Chams Eddine Bezzitouni: Quand vous travaillez dans le domaine de la startup, vous devez avoir une qualité. Et dire « je suis dans l’écosystème startup » n’en est pas une. La qualité est définie par le rôle que vous occupez, et donc votre valeur ajoutée dans cet environnement.

Pour la mise en place d’un écosystème, il faut d’abord recenser les agents qui existent et créer ceux qui manquent. C’est-à-dire les incubateurs, les lieux de créativité, des écoles qui développent de la connaissance, des business school,  une infrastructure juridique, fiscale et technologique. Il faut aussi développer des talents à travers les écoles d’informatique, de science et technologie, et polytechnique. Et de l’investissement bien évidemment, sans que cette liste ne soit exhaustive car chaque environnement entrepreneurial a ses spécificités.

Évidemment il ne suffit pas de les avoir et de les laisser travailler, il faudrait les fédérer dans une intelligence collective. C’est la mission première que j’ai proposée dans la commission startup du Forum, elle sera évidemment l’axe principal de la Fédération startups et économie du savoir. 

Quels sont les critères d’une startup aujourd’hui ?

Chams Eddine Bezzitouni: Pour être startup aujourd’hui, il faut réunir une série de critères. Il faut d’abord apporter une innovation technologique, technique ou un business-modèle. Il faut avoir un potentiel de croissance exponentiel. Avoir besoin de lever des fonds importants. Et aller dans un marché ou le risque est difficile à calculer. Ceci dit, il reste qu’il faut rapprocher, de les compréhension locale, chacun de ses garde fous.

Si on prend les axes de travail que vous avez évoqué précédemment, quelles seront les éventuelles opportunités pour la communauté startup?

Chams Eddine Bezzitouni: La première et majeurs, sera l’intégration de l’écosystème algérien dans le cercle de réflexion de l’écosystème global. Nous avons déjà entamé le travail avec plusieurs consortiums d’écosystème startup, pour procéder à la professionnalisation de notre écosystème notamment à travers sa certification. Il existe l’équivalent de « Doing Business », pour les écosystèmes startups et nous comptons bien défendre les intérêts de notre écosystème et mettre toute la lumière sur nos atouts.

Nous avons aussi signé un partenariat avec le salon «Viva Technologie», pour représenter l’écosystème startup algérien à la prochaine édition prévue en 2021.

Préparer Vivatech, c’est préparer une mission d’exportation et d’attraction de l’investissement. Cet évènement permet de promouvoir sous l’image de marque territoriale, mettre en avant les atouts de l’écosystème, et donc attirer l’investisseur, les startuppeurs, et la diaspora et bien d’autres acteurs de l’économie numérique mondiale.

Un groupe de travail commencera prochainement à travailler sur cette participation. C’est de grandes négociations qui se font  en amont avec les organisateurs, pour une participation efficiente. Nous avons l’ambition d’intégrer aux différents panels d’experts, des experts algériens pour défendre les positions et les intérêts de notre marché dans les différentes conférences organisées en marge des expositions. Il est aussi question de faire la promotion des startups et projets d’innovations enfantés en Algérie, à travers des présentations de haut niveaux avec des partenaires technologiques stratégiques ainsi que des fonds d’investissements professionnels. 

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