Législatives: Chaabane Zerrouk, ex-magistrat, dénonce le climat de répression et critique le code électoral

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Législatives: Chaabane Zerrouk, ex-magistrat, dénonce le climat de répression et critique le code électoral
Législatives: Chaabane Zerrouk, ex-magistrat, dénonce le climat de répression et critique le code électoral

L’ancien magistrat et ancien cadre au ministère de la Justice, Chaabane Zerrouk, a critiqué le climat de répression à quelques semaines des élections législatives, dont la campagne électorale débute jeudi 20 mai. Invité de la chaine de télévision Ennahar TV, dans la soirée du samedi 15 mai 2021, cet ex-chef de cabinet d’Ahmed Ouyahia a également dénoncé la procédure sur la base de laquelle ont été rejetées des candidatures aux législatives.

Chaabane Zerrouk, candidat à l’élection présidentielle annulée du 18 avril 2019, a d’abord exprimé « sa solidarité absolue avec le Hirak national historique, qui subit des pressions de la part du pouvoir. Ces restrictions sur la démocratie ne favorisent pas le climat dans lequel doivent se dérouler les élections législatives, que les Algériens attendent pour choisir leur prochaine assemblée « , a-t-il affirmé.

Répondant à un des intervenants, l’ex-magistrat estime que « ce n’est pas aux partis politiques, ayant démontré par le passé leur échec à répondre aux aspirations du peuple, de bâtir une démocratie, mais à l’élite ». Il souligne néanmoins que par « élite », il ne sous-entend pas une frange instruite et diplômée de la société mais « des Algériens ayant toujours les valeurs de la société algérienne ». Une « élite absente et écartée ».

Chaabane Zerrouk, l’ANIE et la présomption d’innocence

Chaabane Zerrouk a également évoqué l’article 200 du nouveau code électoral et son paragraphe 7, invitant les avocats à introduire une requête devant le Conseil constitutionnel pour que celui-ci décide de l’anti-constitutionnalité de cet article. Cet article stipule dans son 7e paragraphe que le candidat ne doit pas être « connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme et pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales ».

Pour cet ex-magistrat, cette partie porte atteinte à la « présomption d’innocence ». « Par cet article, nous violons ce principe universel, garantit par la Déclaration des Droits de l’Homme et de notre Constitution ».

Un article sur la base duquel plusieurs candidats ont été éliminés. « Vous éliminez un candidat sous prétexte qu’il est suspecté d’être lié à de l’argent sale. Prouvez-le et surtout, poursuivez-le en justice ! », déclare-t-il. « Comment dire à un candidat qu’il est éliminé, qu’il ne peut pas se porter candidat car il est suspecté d’être lié à de l’argent sale mais le laisser poursuivre son activité. Est-ce une logique d’Etat ? », s’interroge-t-il.

M. Zerrouk regrette également que la Justice emboîte le pas à l’Autorité nationale indépendance des élections (ANIE). « Un juge ne peut pas se limiter aux rapports administratifs de l’ANIE ou des forces de sécurité, faisant état de liaison d’un candidat avec de l’argent sale. Il est censé rassembler les preuves ».

L’ex-cadre au ministère de la Justice a également dénoncé « l’absence d’une volonté politique pour mener un réel et profond changement de la scène politique ». Chaabane Zerrouk cite, comme exemple, la dissolution du Parlement qu’il qualifie comme « un fait accompli » imposé par le pouvoir, « qui souhaite vider les institutions de l’Etat » et « qui ne fait rien pour instaurer un climat propice aux élections ».

La campagne électorale pour les élections législatives du 12 juin débutera jeudi prochain (20 mai), après avoir été programmée initialement pour lundi (17 mai), a annoncé, samedi, le président l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi.

Supervisant l’opération de tirage au sort pour l’octroi des numéros d’identification aux partis politiques et aux listes indépendantes en lice pour les élections législatives du 12 juin, M. Charfi a affirmé que la date du début de la campagne électorale pour la prochaine élection « est fixée au 20 de ce mois-ci ».

L’orateur a ajouté que l’ANIE « a pu mobiliser les énergies nécessaires pour faire face au grand nombre de contentieux liés aux listes de candidats, en plus des efforts du Conseil d’Etat pour statuer sur les recours soumis, et si il y’avait pas la sagesse, ces obstacles auraient été une pierre d’achoppement dans le cadre de la bonne préparation de ces élections ».

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