Une année après le 12/12: la relance économique plombée par la COVID (Partie II)

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Une année après le 12/12: la relance économique plombée par la COVID (Partie II)
Une année après le 12/12: la relance économique plombée par la COVID (Partie II)

La situation économique de l’Algérie, déjà affectée par la chute des prix du pétrole, a été fortement impactée par la crise du covid-19 et a plombé les promesses de relance faites par le président Tebboune.

La relance de l’économie nationale a été évoquée par M. Tebboune dès son investiture. Il s’est engagé, dans son discours, à “bâtir une économie forte, diversifiée, génératrice de richesses et créatrice d’emplois” et “mettre le pays à l’abri de la dépendance aux hydrocarbures”.

Il a aussi annoncé le lancement d’un “plan d’action en direction des jeunes afin de leur permettre de créer des start-up et de bénéficier des avantages nécessaires à leur réussite et à la valorisation de la production nationale”. Ce second volet est sans doute le plus avancé, à l’issue de sa première année à la tête de la Présidence algérienne. Le Fonds de financement des startups, les exonérations de taxes dans la Loi de finances 2021, la création du label “startup”, la facilitation des procédures de leur création figurent parmi les principales mesures promulguées.

Cette première année a surtout été marquée par les annonces de “feuilles de routes” et de “stratégies” touchant plusieurs secteurs. Dans le domaine de l’Industrie, un nouveau code d’investissement est toujours en cours d’élaboration. Entre-temps, la production industrielle du secteur public a reculé de 14,1% durant le 2e trimestre 2020, par rapport à la même période de 2019, tirée vers le bas par les crises financières que vivent plusieurs producteurs, à l’image d’ENIE, ENIEM ou encore SONARIC. 

Le cahier de charges relatif à l’industrie automobile a été promulgué en juillet et l’opération de traitement des dossiers relatifs à la construction automobile se déroule toujours. Plusieurs réformes du secteur des Transports ont également été annoncées. 

L’année qui arrive sera de ce fait plombée par la crise du coronavirus. Le produit intérieur brut (PIB) qui a progressé de 0,8 % en 2019 devrait reculer. Le taux de chômage a dépassé la barre des 14% au cours du 3ème trimestre 2020. Le pouvoir d’achat n’est pas en reste, avec une hausse des prix à la consommation de 3,2% en octobre 2020. Quant au dinar, il s’est encore dévalué vis-à-vis des devises étrangères. Dans ses déclarations Abdelmadjid Tebboune semble aussi miser sur les ressources minières du pays, ordonnant son recensement et la préparation d’un projet de loi cadre pour l’orientation industrielle.

En matière d’agriculture, le président dit miser aussi “sur une feuille de route” qui “s’articule principalement sur la sécurité alimentaire, le développement des filières stratégiques à l’exemple du blé tendre et les huiles qui constituent l’essentiel des importations en produits alimentaires et enfin l’encouragement de l’investissement”.

Une gestion “bureaucratique” de la crise sanitaire 

Le président Tebboune est celui qui a annoncé la première série de mesures pour faire face à la pandémie: fermeture des frontières du pays et l’instauration d’un couvre-feu. La gestion de la crise sanitaire a principalement été du ressort du gouvernement, en particulier le ministère de la Santé, son comité chargé du suivi de l’épidémie de coronavirus et des autorités locales.

Une gestion décriée de tous bords. Les syndicats de la Santé ont dénoncé “une gestion bureaucratique et centralisée” de l’épidémie. Bilans officiels contestés, pénuries de masques et de tests PCR chez le personnel médical, une communication ambiguë, notamment sur les études épidémiologiques ou l’acquisition des vaccins, ont marqué cette “gestion”.

Des économistes attendaient surtout que Tebboune élabore une politique économique exceptionnelle pour amortir le choc de la covid-19. Dans les faits, l’action publique s’est bornée à accorder aux personnels soignants, corps sécuritaires et les travailleurs impliqués dans la lutte contre la propagation du virus des primes ou encore et à faire adopter une loi condamnant les violences à l’égard du corps médical. 

Des mesures destinées à atténuer la pression et l’impact de la pandémie du coronavirus Covid-19 sur les entreprises, les PME/PMI, les professions libérales et les petits métiers ont été prises. Les pouvoirs publics ont également annoncé le “gel du paiement des charges financières et des obligations fiscales et parafiscales dues par les opérateurs économiques pour la période correspondant à la période de confinement”.  Autre mesure annoncée: allouer des aides financières destinées aux petits métiers ou dispenser les Algériennes ayant des enfants de bas âges de rester chez elles. 

Des mesures jugées peu proactives alors que le pays connaît un recul drastique de ses recettes et que, selon le FMI, l’Algérie devrait connaître en 2020 une récession (– 5,2 %) et un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la région. 

L’Algérie est entrée officiellement en récession économique au premier trimestre 2020, avec selon l’ONS, une croissance économique négative de -3,9% au 1er trimestre 2020, contre une croissance positive (+1,3%) à la même période de 2019.

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