Vaccins anti-Covid 19: l’Algérie accorde « plus d’intérêt à la qualité qu’au coût »

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Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils étaient favorables à la levée des brevets sur les vaccins anti-Covid, une prise de position exceptionnelle à l'heure où les pays pauvres manquent cruellement des précieuses doses
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L’Algérie élabore une stratégie d’acquisition, de transport, de stockage et de distribution des vaccins anti-Covid 19 produits par les laboratoires pharmaceutiques internationaux. Opération qualifiée de prioritaire par les pouvoirs publics. Les vaccins qui seront acquis doivent être certifiés et agréés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et par les pays de production. L’Algérie ne semble pas avoir fait un choix pour un ou plusieurs vaccins.

La question est à l’étude au niveau du Comité d’experts de vaccination du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière. L’avis du Comité chargé du suivi de l’évolution de la pandémie de Coronavirus sera important. « Il y a toujours une surenchère politique, stratégique et commerciale des laboratoires et des pays. Nous observons depuis longtemps tout ce qui se dit et surtout à travers les dossiers fournis par les éventuels fabricants des vaccins, à travers les résultats dans les pays respectifs et à travers les autorisations accordées par les autorités de contrôle dans ces pays. Dans le cadre du collectif Covax, l’Algérie reste sensible aux recommandations et aux orientations de l’OMS. Le vaccin doit être efficace, pas cher et pas nocif « , a précisé Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de la pandémie de Covid 19, dans une déclaration à la Radio algérienne.

Il a indiqué que l’Institut Pasteur, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) et le Comité scientifique ont leur mot à dire sur la qualité et la toxicité des vaccins à acquérir dans les prochaines semaines. Mohamed Bekkat Berkani a souligné que malgré toutes les déclarations faites à propos des vaccins, aucun n’a été encore été agréé par l’OMS.

Le vaccin Pfizer/BioNtech n’a pas encore eu le Ok de la FDA

Il a cité l’exemple du vaccin Pfizer/BioNtech (américano-allemand) qui n’a pas encore eu le Ok de la FDA (Food and Drug Administration), l’agence américaine du médicament et des produits alimentaires. Selon Reuters, le laboratoire Moderna, qui a développé également un vaccin anti-Covid 19, a déposé une demande d’autorisation en urgence de son produit de la FDA.

Une commission consultative chargée des vaccins et des produits biologiques associés (VRBPAC), relevant de la FDA, se réunira le 10 décembre prochain pour examiner la demande de Pfizer/BioNtech et le 17 décembre pour étudier celle de Moderna. Selon Moncef Slaoui, nommé par le président américain Donald Trump pour coordonner le développement d’un vaccin contre le Covid-19, l’objectif des Etats Unis est « d’être en mesure de livrer des vaccins aux centres d’immunisation dans les 24 heures suivant son autorisation « .

Moderna a annoncé que son vaccin a montré une efficacité à 94,1% dans les études cliniques de stade avancé. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a, pour sa part, annoncé qu’elle tiendra une réunion le 29 décembre 2020 pour donner, ou pas, le feu vert à la commercialisation du vaccin Pfizer/ BioNTech.

La décision de l’Algérie se fera avec le groupe Covax

L’Algérie, pour rappel, a intégré, cette année, le groupe Covax qui compte 170 pays. Il est dirigé par l’Alliance du Vaccin Gavi, une organisation internationale intégrant la Banque Mondiale et Unicef, par l’OMS et par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI). « L’objectif de Covax est d’accélérer la mise au point et la fabrication de vaccins contre la COVID-19 et d’en assurer un accès juste et équitable, à l’échelle mondiale », précise l’OMS sur son site.

Covax travaille pour acquérir au moins 500 millions d’unités de vaccins à prix réduit.

Pour l’Algérie, le critère coût n’est pas déterminant dans l’acte d’acquisition des vaccins puisque le Premier ministre Abdelaziz Djerad a déclaré que « tous les moyens financiers et matériels » seront mobilisés pour l’acquisition des vaccins.

« Une démarche très prudentielle »

« Protéger la santé des citoyens n’a pas de prix.L’acquisition du vaccin anti-Coronavirus prendra le temps qu’il faudra et ce, au même titre que les autres pays. Il y a des pays qui avancent des dates avant d’en donner d’autres. Nous sommes dans une démarche très prudentielle face à la multitude des vaccins annoncés », a déclaré, jeudi 26 novembre 2020, le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid .

Selon lui, la qualité et le risque (effets secondaires) sont des facteurs pris en compte avant d’opter pour l’achat d’un vaccin. « L’Algérie n’importera aucun vaccin dont l’innocuité et l’efficacité ne sont pas assurées dans le pays producteur », a-t-il dit.

Benbouzid a eu des discussions avec les représentants diplomatiques de plusieurs pays et les délégués de laboratoires ayant annoncé la production de vaccins contre le Coronavirus comme la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Russie et la Chine.

En août 2020, Abdelaziz Djerad a déclaré que « l’Algérie sera parmi les premiers pays à acquérir le vaccin anti Covid-19 ». La course est donc lancée. Plusieurs pays sont déjà sur les pistes. Certains ont fait des commandes comme la France, l’Allemagne, les Emirats arabes unis ou l’Espagne. La France a déjà annoncé une campagne de vaccination massive entre avril et juin 2021.

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