Promis par Macron, l’accès aux dossiers des disparus de la guerre d’Algérie toujours bloqué

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Alger 1957 - Des arrestations et des disparitions par milliers (DR)

L’accès au dossier des milliers d’Algériens disparus durant la guerre d’indépendance reste toujours verrouillé par les militaires français malgré les engagements du président Emmanuel Macron, constate ce mercredi le journal Le Monde.

Le 15 février 2017, Emmanuel Macron, candidat à l’Elysée qualifie, dans un entretien avec Khaled Drareni qui fait date, de « crime contre l’humanité » les actes commis par l’armée française au moment de la colonisation. Le 13 septembre 2018, il se se rend chez Josette Audin et reconnait au nom de la République française que Maurice Audin a été torturé puis exécuté, ou torturé à mort, par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile.

Le journaliste Khaled Drareni avec Emmanuel Macron reconnaissant un « crime contre l’humanité »

Cette mort, avait-il reconnu, a été rendue possible par un système légalement institué : le système « arrestation-détention » qui a légitimé la torture. Au-delà de Maurice Audin dont la disparition-assassinat avait déjà été largement documentée par Vidal-Naquet en son temps ( François Hollande avait par la suite accordé en 2014 une dérogation générale pour l’ouverture des archives Audin), le geste, courageux de Macron semblait prometteur. Il ouvrait normalement le chemin vers l’accès aux archives concernant l’ensemble des disparitions-exécutions d’Algériens durant la guerre d’indépendance. Les cas se comptent par milliers voire des dizaines de milliers, comme le montre le site 1000autres.org.

Le président français avait souhaité que « toutes les archives de l’Etat qui concernent les disparus de la guerre d’Algérie puissent être librement consultées et qu’une dérogation générale soit instituée en ce sens…. Une page s’ouvre aujourd’hui, l’ouverture de toutes les archives, le travail libéré des historiennes et des historiens. Cela va être une nouvelle ère pour nos mémoires et nos histoires avec l’Algérie « .

« Frilosité des militaires »

Deux ans après cette déclaration qui semblait ouvrir la voie à l’accès aux informations sur les milliers de disparitions (exécutions) d’Algériens durant la guerre d’indépendance, « l’’accès aux dossiers « secrets » reste soumis au bon vouloir de l’administration » constate Le Monde.

Mieux, assure le journal, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) a verrouillé davantage l’accès aux documents alors que même une loi dispose qu’au-delà de 50 ans les archives sont libre d’accès. Selon le Monde, le SGDSN avance des arguments comme la menace terroriste ou le risque « de découvrir dans des documents « secrets » des pièces confidentielles, comme des plans de bâtiments officiels et sensibles ».

L’historienne Sylvie Thénault s’en indigne et qualifie l’attitude du SGDSN de « camouflet à la parole présidentielle ». « Au service interministériel des archives de France, on admet, avec un sens consolidé de l’euphémisme, que « la frilosité des militaires » demeure une constante » constate le journal Le Monde

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