Ouverture du FIBDA à Alger : la BD comme « passerelle » vers la lecture

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Ouverture du FIBDA à Alger : la BD comme
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Le festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA) a, pour sa 14ème édition, invité le Japon, le grand pays du manga, et a choisi comme slogan, « dessinons notre patrimoine ».  


L’animation est revenue, ce mardi 4 octobre 2022, à l’Esplanade de l’Office Riadh El Feth à Alger où se tient jusqu’au 8 octobre 2022 le 14ème FIBDA. Malgré une pluie légère, les jeunes amateurs de la BD sont venus en nombre pour visiter les boutiques, s’arrêter au niveau du stand des jeux électroniques ou assister à la projection de films d’animation.


« Nous sommes heureux d’installer de nouveau « le village artistique » ici à Riad El Feth. C’est ce qui marque le FIBDA. Les gens se baladent en extérieur. Les espaces sont partagés d’une manière professionnelle. Les visiteurs peuvent découvrir la BD d’une dizaine de pays participants dont l’Argentine, Cuba, le Chili… Le Musée du Moudjahid est présent avec une exposition qui rappelle aux jeunes la guerre de libération nationale à l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance », a souligné Jaoudet Gassouma, directeur artistique du FIBDA.


Le Mexique pour la première fois au FIBDA

Samir Thaalibi, directeur central au ministère de la Culture et des Arts, chargé des festivals, a ouvert officiellement le festival lors d’une cérémonie à la salle Ibn Zeydoun en présence de plusieurs diplomates dont l’ambassadeur du Mexique. Le Mexique participe pour la première fois au FIBDA alors que le Japon est invité d’honneur.


« Le Japon est une des grandes écoles de bande dessinée au monde avec celle des Etats Unis (comics) et celle de l’Europe (franco-belge). Nous avons introduit l’aspect pédagogique et la formation. Tous les invités du festival, qui sont d’un haut niveau, vont assurer l’animation des ateliers notamment à l’Ecole supérieure des beaux arts d’Alger (ESBA) », a précisé Salim Brahimi, commissaire du FIBDA.


Le manga japonais à l’honneur

Il a annoncé la participation, « pour la première fois en Afrique », du Musée international du manga de Kyoto représenté par deux universitaires, Ito Yu et Sookyung Yoo. Ito Yu animera une table-ronde sur le « Yokai manga d’après guerre » alors que Sookyung Yoo fera de l’initiation pour le manga. Le manga est une bande dessinée d’origine japonaise développée à partir de la fin du XVIIIème siècle.

« Toutes les expositions montées ici au FIBDA ont été faites avec la contribution des étudiants des Beaux arts qui ont participé à un workshop sur « le montage des expositions ». Ils seront notés. La note sera prise en compte dans le cursus universitaire. Autre nouveauté, nous avons introduit l’atelier sur la BD en langue amazighe car nous avons remarqué une certaine production qui commence à se développer. Il s’agit surtout de contes et de légendes adaptés en BD », a souligné Salim Brahimi.


Hommage au journaliste Slimane Zeghidour

Un hommage a été rendu lors de la cérémonie d’ouverture au journaliste Slimane Zeghidour, actuellement rédacteur en chef à TV 5 Monde, qui avait fait partie de la première équipe de la revue algérienne de BD, « M’kideche », à la fin des années 1960.  » M’Kideche fut le brouillon de ce qui a été ma vie professionnelle plus tard. La revue était située dans un appartement de 80 mètres carrées au troisième étage, au 51 rue Larbi Ben M’hidi, à Alger. C’était, pour moi, une rampe de lancement », a confié Slimane Zeghidour.


Et d’ajouter :  » A l’époque, nous avions l’ivresse d’être les pionniers dans le domaine de la BD dans un pays jeune. Dans les cafés, nous avions eu la chance de fréquenter le gotha du monde révolutionnaire des années 1960, des militants du Front de libération du Québec, du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola, des mozambicains, des basques… ».


Il dit avoir attrapé « trois virus » en raison de ces fréquentations : « le virus de l’Amérique du Sud, le virus du Moyen-Orient et le virus de la Russie et de l’Asie centrale. J’ai sillonné en tant que reporters toutes ces régions du monde ».
Le FIBDA a organisé un concours et a confié à un jury de se prononcer sur les projets proposés par des bédéistes débutants ou confirmés. Composé des dessinateurs Mahfoud Aïder et Ahmed Haroun et du journaliste Lazhari Labter, le jury était présidé par l’écrivaine et pédagogue Zoubida Maamria.


Le premier prix pour le jeune Sid Ali Oudjane« 

La BD est le meilleur support pour créer chez les jeunes des habitudes de lecture. Nous avons tous constaté qu’avec la technologie, les jeunes ne lisent pratiquement plus. La BD va être l’instrument qui les ramènera à la lecture », a souligné Zoubida Maamria.
Elle a fait un plaidoyer pour le développement de la littérature jeunesse avec un soutien des pouvoirs publics pour la BD.


« Le concours de la meilleure production de BD est un acte qui permet de mesurer le progrès réalisé d’année en année par et pour l’image tant au niveau conceptuel que technique. Nous avons eu à apprécier 47 productions venues de différents horizons en arabe, en tamazight, en anglais et en français. Les produits en lice étaient de bonne qualité avec des histoires originales et des idées intéressantes. Nous avons étudié la créativité et la technique », a relevé la président du jury.


Pour le concours international de l’auteur professionnel de BD, le jury a reçu des projets d’Algérie, du Liban, du Gabon, d’Egypte, de Palestine et de la République Démocratique du Congo (RDC). Ce concours a été remporté par le jeune algérien Sid Ali Oudjane. Pour le concours de BD des jeunes moins de 16 ans, la première place a été décrochée par Amina Chabab, suivie de Hadjer Bellala et de Chourouk Barkat. Amine Si Ameur a obtenu la première place dans le concours de BD des auteurs âgés de plus de 16 ans. 

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