Les confessions du rappeur algérien Flenn au Festival de Timgad : « j’ai peur de la célébrité »

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Les confessions du rappeur algérien Flenn au Festival de Timgad :
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Flenn, l’un des rappeurs algériens les plus écoutés actuellement en Algérie, a animé la soirée de clôture du 42 ème Festival international de Timgad, lundi 1 août, où il a fait des confessions.
Flenn, attendu par le jeune public du théâtre de plein air de Timgad, à 35 km de Batna, a fait preuve d’une grande générosité avec ses fans en interprétant une vingtaine de ses titres dont « Normal », « Vide », « Spam », « Balak », « Marsilia », « Nessi », « Meryoula », « Liyam », « Ya nafsi », « 4 chiffres »,  et « Dir play »…


Prenant une pause après un concert d’une heure, il a laissé place à un enregistrement audio dans lequel Flenn, Mehdi Kouloughli de son vrai nom, né à la cité La Faïence, à Bourouba, à Alger, fait des confessions sur fond de musique mélancolique.


« Beaucoup de jeunes trouvent de l’énergie dans ma musique »

« Quand j’étais jeune, je m’amusais en faisant de la musique. Cette passion a grandi avec moi. Aujourd’hui, j’ai 28 ans. Je ne pas vois cette passion de la même manière que lorsque j’avais 16 ans. C’est vrai que j’aime ce que fais, mais ce qu’il y a tout autour ne m’appartient pas. Je commence à en sortir le poids. Quand je vous rencontre dehors, je remarque tout. Il y a ceux qui racontent beaucoup de choses en même temps car c’est une occasion unique. Peut être que c’est vrai, on se verrait plus. Je les comprends », a-t-il confié.
Et d’ajouter :
« Et, il y a ceux qui ne parlent pas du tout et se contentent de regarder. Et, il y a ceux qui me disent deux mots qui me font réfléchir. Je suis heureux lorsque les gens regardent les photos que nous avons faites ensemble. Mais, j’ai peur aussi. Peur de ne pas être à la hauteur de la responsabilité. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes qui trouvent de l’énergie dans ma musique. Peut-être certains d’eux voient en moi un exemple après ma petite réussite ».


Le rappeur, qui est installé en France depuis 2017, reconnaît dans ses confessions avoir commis beaucoup d’erreurs dans sa carrière : « Je vais commettre d’autres erreurs. J’ai la crainte que ces jeunes voient en une de mes erreurs quelque chose de bien, ce qui leur fera mal, peut-être un geste ou un mot. Demain, Flenn ne sera plus là, laissant derrière lui quelque chose de pas bien. Il y  des paroles qui blessent et d’autres qui apportent le remède, avec le temps, rien ne restera. Comme cette soirée. Nous devons choisir la bonne voie ».


« Je ne connais pas l’impossible »

« J’ai peur de la célébrité, comme j’ai peur de la dernière question avant de fermer les yeux pour la dernière fois. Pourquoi suis-je seul ? La séparation est pénible. Il y a ceux qui sont emportés par la mort et d’autres par la dénia (l’existence). Comme moi, certains disent que j’ai été emporté par l’existence. Chacun voit cette existence à sa manière. Ma vision, je la laisse pour moi même. Je vous dis seulement que cette vision change plus j’avance dans l’âge. Tout finira un jour ou une nuit, comme cette nuit de décembre 2015 », a encore confié le rappeur.


En décembre 2015, Flenn avait perdu sa mère. Une perte douloureuse qui nourrit ses chansons. « Je ne vais pas vous dire que tout ce que je fais, c’est pour elle, car je ne sais si cela lui fait plaisir ou pas(…) Quand l’un d’eux me dit quelque chose de déplacé, je ne me mets pas en colère, car, je sais au fond, qu’il ne me déteste pas. Je connais ceux avec qui je n’étais pas correcte. Il ne s’agit pas de ceux qui montent la vague. Les vagues sont en mouvement de va-et-vient. Je ne connais pas l’impossible. Et je ne veux pas le connaître. Je connais bien la patience », a-t-il dit.


Flenn a considéré le Festival de Timgad comme sa première grande scène en Algérie.


« Je dois faire attention à ce que je chante et dise » 

« Nous aurions voulu avoir plusieurs dates en Algérie. Ce concert à Timgad a dépassé mes espérances. J’ai eu un grand plaisir à rencontrer le public. Le message que le public a écouté s’explique par le fait que je suis d’abord un être humain avant d’être un artiste. Je suis d’abord Mehdi avant d’être Flenn. Donc, je voulais parler avec le public en tant que Mehdi pour qu’il me connaisse mieux, comprenne ce que je veux dire à travers la musique », a déclaré le rappeur, lors d’une brève rencontre avec la presse, après le concert.


Pourquoi avez-vous peur de la célébrité ? « Parce que, c’est une grande responsabilité. Il y a beaucoup de jeunes qui m’écoutent et me suivent, je dois faire attention à ce que je chante et dise. A 16 ans, je ne réfléchissais pas beaucoup à ce que je chantais. Aujourd’hui, à 28 ans, c’est différent. Je suis plus âgé », a répondu Flenn à notre question.


Il a confié dire tout ce qu’il pensait à travers la musique, pas à travers les lives sur les réseaux sociaux. Il a souhaité faire des concerts « spécial rap » dans d’autres wilayas du pays.


« En matière musicale, j’aime beaucoup Dahmane El Harrachi et Kamel Messaoudi. Je ne suis idole d’aucun chanteur rap », a-t-il dit.
La chaîne Youtube de Flenn enregistre 2,7 millions d’abonnés (2 fois plus que celle de l’ENTV). Lancé il y a un mois, le clip « Spam », réalisé par Stefan Redjimi, a été vu 3 millions de fois alors que celui de « Marsilia », réalisé par Nassim Boumaiza, a enregistré 13 millions de vues.  

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