Assoul, Lamamra, Chanegriha, les fils Nezzar et Gaïd Salah, Saïd Bouteflika…Le Maroc espionne large en Algérie

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Assoul, Lamamra, Chengriha, les fils Nezzar et Gaïd Salah, Saïd Bouteflika…Le Maroc espionne large en Algérie

6000 numéros de téléphone d’Algériens sur 50.000 qui ont fait l’objet d’un espionnage ou ont été dans la liste de gens susceptibles de l’être. Le chiffre est énorme, il est le fait du Maroc qui a utilisé avec une grande intensité le logiciel espion israélien Pegasus pour espionner les Algériens.

 La liste laisse songeur sur la frénésie compulsive des services marocains d’espionner les Algériens. Les noms révélés par le journal Le Monde ne laissent pas de doute : ce sont tous les hommes du pouvoir qui sont ciblés (en attendant de connaître la liste des 6000 numéros dont on présume qu’ils concernent également les opposants, les journalistes en Algérie comme à l’étranger) par le Maroc grâce au logiciel espion intrusif et indétectable fournis par l’entreprise israélienne NSO Group.

C’est une sorte de bottin de la nomenklatura du pouvoir algérien que l’on retrouve dans les noms cités par Le Monde : Saïd Bouteflika, conseiller de son frère et aussi Nacer et Zhor Bouteflika, Abdelkader Messahel et Ramtane Lamamra. Le Monde affirme que les deux numéros actifs, de M. Lamamra ont bel et bien été attaqués et qu’il n’était donc pas qu’une cible potentielle.

Encore plus mystérieux, le journal note que « Noureddine Bedoui, dont le « Monde » a également vérifié le numéro, est victime, lui, d’une opération de déstabilisation via une officine de « presse » proche du Maroc. » et que « Noureddine Ayadi, qui a occupé successivement les postes sensibles de secrétaire général du ministère des affaires étrangères puis de directeur de cabinet de la présidence de la République, est lui aussi placé dans la liste des cibles potentielles. »

Rabat espionne à tour de bras en Algérie

L’appétit des services marocains a ciblé aussi l’appareil militaire. Dans les noms cités par Le Monde on retrouve les numéros des chefs des services de renseignement de l’époque, comme les généraux Ali Bendaoud, Wassini Bouazza et Bachir Tartag, ainsi que les commandants des forces terrestres et aériennes. « Un numéro attribué à Saïd Chanegriha, l’actuel chef d’état-major de l’armée, a également été visé » précise le Monde. De même que l’ancien aide de camp du général Gaïd Salah, l’adjudant Guermit Bounouira.  Abdelaziz Rahabi et Zoubida Assoul font également partie des « élus ».  Les fils de Nezzar et de Gaïd Salah, Lotfi et Mourad ont également fait l’objet de la curiosité marocaine. Sans oublier, Ali Haddad. L’ancien ambassadeur de France à Alger Xavier Driencourt ainsi que l’attaché militaire français font partie de la liste. L’espionnite marocaine s’est étendue à la France où le numéro de l’ambassadeur d’Algérie, Abdelkader Mesdoua, ou à celui attribué au colonel Karim Hadj Sadok, l’attaché militaire, font partie de la liste.

On est vraiment curieux de connaître la liste des 6000 numéros Algériens espionnés ou inscrits dans la liste des espionnés potentiels, mais les bribes publiées par Le Monde rendent compte d’une énorme opération d’espionnage prenant un tour compulsif. Pas de quoi améliorer les relations déjà très envenimées entre Alger et Rabat.

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