Une rupture avec le gaspillage d’énergie, une opportunité économique POST-COVID

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Une rupture avec le gaspillage d’énergie, une opportunité économique POST-COVID
Une rupture avec le gaspillage d’énergie, une opportunité économique POST-COVID

La “rupture”. Tel est le terme utilisé par Chams Eddine Chitour, ministre de la Transition, dans des interviews accordées à plusieurs médias, dont la Radio nationale et L’Expression. “La rupture avec un schéma ancien”: celui de la surconsommation de l’énergie, du gaspillage et de la non-rentabilité de l’énergie consommée.

C’est une autre mise en garde que ce professeur lance en quelques mois. Chams Eddine Chitour déclarait aussi que “nous vivons au-dessus de nos moyens” (Voir Le Soir d’Algérie du 14/09/2020, image ci-dessous).  Il n’est pas le seul à le faire. Le ministre de l’Energie Abdelmadjid Attar a tiré la sonnette d’alarme fin juillet, sur la Société de production et de distribution de l’électricité et du gaz (Sonelgaz). L’ancien P-DG de Sonatrach n’est pas le premier à le faire. Chams Eddine Chitour déclarait aussi que “nous vivons au-dessus de nos moyens” (Voir Le Soir d’Algérie du 14/09/2020, image ci-dessous).

“C’est un plan Marshall qu’il faut mettre en place. La première mission est d’abord et avant tout de rationaliser la consommation. Nous avons le devoir d’expliquer au citoyen qu’on ne peut pas continuer ainsi, qu’il y a du gaspillage, il va falloir moraliser cette consommation, consommer au plus juste”, a déclaré le Pr. Chitour.  Avec cette vitesse de consommation, nous aurons un sérieux problème avant la fin de 2030. Nous serons amenés à choisir entre exporter et consommer. L’Algérie étant toujours mono-exportatrice, ce sera difficile pour elle, dans un monde où la charité n’existe pas”, avertit-il.

Le Pr. Chitour soulève plusieurs points. Il ne s’agit pas uniquement de rationaliser la consommation pour que les réserves d’énergie soient encore disponibles au profit des nouvelles générations. Il évoque le volet économique, en rappelant que les exportations sont toujours dominées par les hydrocarbures et, de ce fait, l’économie algérienne est liée à des ressources qui s’épuisent, qui ont parfois été gaspillées.

Chams Eddine Chitour et Abdelmadjid Attar ont précédemment souligné la nécessité d’orienter la consommation d’énergie, notamment de l’électricité et du gaz naturel, vers les secteurs générateurs de richesse et d’emplois, tels l’agriculture, l’industrie et les services.

Ceci au moment où la consommation électrique augmente. Durant l’année écoulée, la consommation a augmenté de 8 à 21% par point lumineux, selon un rapport de Belux Eclairage,  intitulé “Eclairage public et efficacité énergétique en Algérie”.

En 2017 comme en 2020, le gaspillage est toujours là

Chaque année, ministres de l’Energie, hauts responsables au ministère de l’Intérieur ou à la Sonelgaz dressent des coûts exorbitants de la consommation. En 2017, Mustapha Guitouni a annoncé que les factures de l’énergie représentaient une partie importante des budgets des communes, avec un total de 27 milliards DA cette année-là.  

L’éclairage public consomme à lui seul, 13 à 15 milliards de Da par an. Une dépense peu rentable puisque, selon le même rapport, le retour sur investissement de ce montant ne peut se faire que sur … 156 ans.

Tout comme les alertes sur la situation de Sonelgaz, les autorités n’ont pas cessé d’appeler les communes “à éviter le gaspillage” et “rationaliser la consommation d’électricité”.

Mais comment faire ?  On appelait, par exemple, les élus à recourir aux énergies renouvelables ou installer des lampes LED afin de minimiser la consommation d’électricité.

Pourtant, le remplacement d’une installation LED par une installation solaire coûte 155% plus cher. Idem pour les installations solaires neuves. Elles coûtent toujours plus cher: 77% de plus qu’une installation LED.

Pourquoi dit-il que “des entreprises et des métiers devront se créer” ?

Le Pr. Chitour a évoqué l’opportunité économique de cette transition dans ses entretiens. “Il y aura un diagnostic énergétique, une sorte d’audit, avant de délivrer un certificat de conformité. Cela, tout en indiquant ce qu’il faut réparer, comment réparer et chez qui réparer. De la sorte, il y aura une multitude d’entreprises et de métiers qui vont se créer”, explique-t-il.

Le ministre de la Transition voit juste. Prenons l’exemple de l’éclairage public. Outre l’installation de lampes LED ou de panneaux photovoltaïque, les collectivités locales, en réalité, ne sont pas en mesure de contrôler ou de rationaliser la consommation, alléger le gaspillage de manière significative ni maîtriser l’éclairage. Il cite, lui, le cas des mosquées. “Hélas, le constat est que ces mosquées sont des passoires au plan énergétique, d’autant que la consommation est payée par les APC sachant qu’il y a 18 000 mosquées à travers le pays”, rappelle-t-il.

Les villes algériennes consomment, en moyenne, 40% de plus que les villes européennes, a-t-on appris durant la réalisation de notre étude.

En plus des contraintes budgétaires, qui ne permettent pas de renouveler ou moderniser les équipements d’éclairage public, les collectivités font face à des contraintes techniques qui ne relèvent pas de leur maîtrise, notamment l’analyse de la performance, c’est-à-dire le diagnostic et l’audit dont parle le professeur à l’école polytechnique d’Alger.

La gestion déléguée trouve alors tout son sens. Elle offre la possibilité aux communes d’opter pour un mode contractuel, avec des coûts maîtrisés par avance, mais également de mettre en place une traçabilité de la performance.

Mais que peut apporter ce mode de gestion ? Les collectivités locales peuvent alors profiter d‘outils de gestions techniques réels et performants, qui ne reposent pas sur un aspect visuel mais sur des capacités intrinsèques.

Les instructions des ministres peuvent alors se concrétiser, puisque une gestion déléguée, à travers laquelle la performance est mesurée, se traduit par une approche économique, tant en matière de réalisation des travaux qu’en matière de coûts de fonctionnement et d’entretien.

La demande en éclairage public continuera d’augmenter. A titre d’exemple, de plus en plus de zones d’ombres sont concernées par des projets de développement qui touchent l’éclairage public. Pareil pour les cités et les nouvelles villes, des programmes de logements (AADL, OPGI, LPI …),

Une gestion du service public que constitue l’éclairage, déléguée à des entreprises et micro-entreprises spécialisées, peut alors garantir un service de qualité et une consommation rationnelle de l’énergie.

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