Erdogan lâche les «Frères musulmans» égyptiens pour se rapprocher de Sissi

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Erdogan lâche les « Frères musulmans » égyptiens pour se rapprocher de Sissi
Erdogan lâche les « Frères musulmans » égyptiens pour se rapprocher de Sissi

Isolé au plan diplomatique, Erdogan veut renouer avec l’Egypte quitte à lâcher les Frères Musulmans dont il s’est fait le défenseur depuis le coup d’Etat de 2013 contre le président Mohamed Morsi.

Depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison blanche, Recep Tayyip Erdogan opère un changement dans sa politique étrangère devenue plus conciliante avec l’Europe avec laquelle les rapports s’étaient tendus en raison des différends sur les zones d’exclusion économiques avec la Grèce et la situation à Chypre.

Mais le chef de l’Etat turc ne se contente pas d’essayer d’apaiser les choses avec les Européens seulement, il cherche également à mettre fin à une brouille avec l’Egypte qui dure depuis le coup d’Etat contre Mohamed Morsi, en juillet 2013 suivis par le carnage de Rabaa et la répression brutale engagée contre les Frères musulmans égyptiens.

De nombreux cadres des frères musulmans égyptiens ont trouvé refuge en Turquie où Erdogan n’avait eu de cesse de dénoncer la « tyrannie » de Sissi. Erdogan n’a pas hésité a accusé en juin 2019 les dirigeants égyptiens d’être directement responsables de la mort de Mohamed Morsi en prison. Mais les temps changent. Les dirigeants turcs ont multiplié les déclarations apaisantes en direction de l’Egypte qui ne semblent pas manifester un grand enthousiasme à l’égard de ses approches.

Le ministre égyptien des affaires étrangères, Sameh Shoukry a indiqué néanmoins qu’en cas de réel changement dans la politique turque « cela jettera les bases de la normalisation entre les deux pays » mais, a-t-il ajouté, «les paroles à elles seules sont insuffisantes et doivent être confirmées par des actes».

Des actes arrivent déjà qui montrent que Erdogan est prêt à lâcher les Frères Musulmans égyptiens désignés par Le Caire comme une organisation terroriste. Ankara a avisé officiellement les trois chaînes TV de l’opposition égyptienne qui émettent à partir de la Turquie (Mkamiline, Echarq et Watan) d’arrêter leurs émissions politiques et de réduire le ton des critiques à l’égard du régime égyptien. «On ne sait quel sera le prochain pas » note un opposant égyptien basé à Londres.

Abdelbari Atwan, l’avisé rédacteur en chef de Rai Al Youm souligne que « Erdogan a lâché son mentor Erbakan, puis ses alliés de lutte Abdullah Gul et Ahmed Davutoglu. Le troisième à avoir été lâché est Ali Babacan, l’architecte de la renaissance économique. Qu’y a-t-il d’étrange à ce qu’il lâche les Frères musulmans et ferme leurs chaînes de télévision ? Hamas est peut-être la prochaine cible. Dieu seul sait »

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