Egypte: mort de 4 détenus politiques, les autorités accusées de “négligence”

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4 détenus meurent en 72 heures, les autorités égyptiennes accusées de négligence - Ph prison de Tora (DR)
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Quatre détenus politiques sont morts en prison en Egypte en moins de 72 heures! L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a réagi jeudi en accusant les autorités pénitentiaires égyptiennes de faire preuve de “négligence” et de ne pas assumer leur obligations.


«Un homme égyptien de 62 ans, dont la famille basée au Etats-Unis a plusieurs fois plaidé pour sa libération pour des raisons de santé, est mort le 2 septembre 2020 dans la prison de Tora (…) au Caire, après deux ans en détention sans procès» a indiqué l’ONG.

Il s’agit Ahmed Abdel Nabi Mahmoud arrêté en 2018 sous l’accusation d’appartenance aux Frères Musulmans, classés organisation terroriste par le pouvoir égyptien.Selon le témoignage de sa famille, Ahmed Abdel Nabi Mahmoud a été battu durant sa détention secrète initiale et a développé un état de stress post-traumatique, pour lequel il n’a reçu aucun traitement. Aucune information n’a été donnée à la famille sur les circonstances de la mort de Mahmoud.

«Pendant des mois, il est resté dans une cellule sombre, sale et étroite sans accès à de l’eau potable, à de la nourriture, à des médicaments ou à des soins médicaux. Les médecins l’accusaient de simuler sa maladie chaque fois qu’il se plaignait” indique un parent dont le témoignage est rapporté par HRW. «Les autorités doivent ouvrir une enquête approfondie sur les causes du décès d’Ahmed Mahmoud pour déterminer s’il y a eu négligence médicale», a indiqué Joe Stork, directeur adjoint du bureau Moyen-Orient de HRW.

Trois autres détenus –Sobhi al-Sakka, Chaabane Hussein Khaled et Abdel Rahman Youssef Zawal– sont morts les 31 août et 1er septembre, respectivement à Alexandrie (Nord), au Fayoum (Ouest) et dans la capitale.Le nombre de détenus politiques morts dans les prisons égyptiennes a suscité des fortes accusations que les autorités égyptiennes les privent délibérément de soins.

Près de 1000 morts en garde à vue entre 2013-2019

Parmi eux, l’ancien président élu, Mohamed Morsi et Chadi Habache (24 ans), incarcéré à cause d’un clip. A la mi-août, ,Issam al-Ariane, une figure des Frères musulmans, est également mort en prison. Depuis l’arrivée au pouvoir de Abdel Fattah al-Sissi en 2013, “des centaines de prisonniers sont morts en détention selon certaines estimations, beaucoup probablement en raison de soins médicaux inadéquats ou de la torture”, note l’ONG.

Le Committee for Justice, un groupe indépendant de défense des droits de l’homme basé à Genève, estime à 958 le nombre de détenus décédés en garde à vue égyptienne entre juin 2013 et décembre 2019. Deux experts des Nations Unies ont souligné dans un rapport, en novembre 2019 que les conditions de détention abusives de l’Égypte «peuvent mettre la santé et la vie de milliers d’autres prisonniers en danger». Lors de l’épidémie de Covid-19, Human Rights Watch et le Committee for Justice ont documenté le décès d’au moins 15 prisonniers, probablement à cause des complications de Covid-19.

«Les détenus et les prisonniers continuent de mourir en détention égyptienne malgré les appels fréquents à des soins de santé adéquats», a déclaré Joe Stork qui dénonce une “ une négligence inacceptable de la part des autorités pénitentiaires égyptiennes.»

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