Menacée de sanctions par l’UE, la Turquie lance de nouvelles manœuvres militaires

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La navire d'exploration sismique turc Oruç Reis, escorté par une douzaine de bateaux militaires (DR)
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La tension ne baisse pas en méditerranée orientale où la Turquie a commencé, samedi 29 août, de nouvelles manœuvres militaires en Méditerranée orientale qui devraient durer deux semaines. Des manœuvres qui se déroulent dans la même zone que celles menées par la Grèce, avec l’appui de la France, de l’Italie et les… Emirats (qui se projettent fort loin du Golfe), et au lendemain de la menace de sanctions agitée par l’Union Européenne.

Dans une notice d’information maritime (Navtex) publiée vendredi soir, la marine turque a indiqué qu’elle effectuerait des « exercices de tir » du 29 août au 11 septembre dans une zone située au large de la ville d’Anamur (sud de la Turquie), au nord de l’île de Chypre. Ankara avait déjà annoncé jeudi que des exercices de tir se dérouleraient mardi et mercredi dans une zone située plus à l’est.

Vendredi, les 27 Etats membres de l’Union européenne ont menacé d’imposer des sanctions contre Ankara. Le sujet serait examiné lors du prochain sommet, prévu le 24 septembre. « En l’absence de progrès de la part de la Turquie, nous pourrions établir une liste de nouvelles mesures restrictives » a indiqué le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell, à l’issue d’une réunion des ministres des affaires étrangères des Etats membres à Berlin.

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Des sanctions censées limitées les capacités de la Turquie à faire de la prospection d’hydrocarbures dans des zones contestées avec la Grèce. Elles pourraient cibler des individus et des navires qui seraient interdits d’utiliser les ports européens ainsi que des sanctions ciblant l’économie turque.

« Ligne rouge »

Le ministre des affaires étrangères grec, Nikos Dendias, s’est dit satisfait de la réaction de l’Union Européenne. « La partie grecque a obtenu ce qu’elle pouvait, c’est-à-dire des sanctions possibles si la Turquie ne choisit pas la désescalade et ne revient pas au dialogue » a-t-il déclare en appelant la Turquie à « cesser les provocations, les actions arbitraires et arrêter de violer le droit international ».

Le président français, Emmanuel Macron, a défendu de son côté la ligne dure qu’il préconise contre la Turquie.  « Ces dernières années, la stratégie qui a été celle de la Turquie n’est pas la stratégie d’un allié de l’OTAN » a-t-il déclaré en évoquant une « politique de la ligne rouge ».

 » Pas un pas en arrière ! «

Pour l’heure ni les manœuvres navales, ni les menaces de sanctions ne semblent faire fléchir la Turquie. Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy a interpellé l’Union européenne. »Si l’UE souhaite une solution en Méditerranée, alors elles doit se comporter de manière impartiale et être un médiateur honnête », a-t-il fustigé. « Nous appelons l’UE à ne pas soutenir les demandes contraires au droit de la Grèce. l’Union européenne ne peut pas se permettre de critiquer les activités d’hydrocarbure et demander leur arrêt « , a-t-il martelé.

Le vice-président turc Fuat Oktay est encore plus ferme: « nul ne doit s’attendre à ce qu’Ankara fasse ne serait-ce qu’un pas en arrière » a-t-il déclaré à l’agence Anadolu.   « Si la tentative d’Athènes d’étendre ses eaux territoriales n’est pas un Casus Belli, alors comment peut-on la qualifier ? » a-t-il indiqué.  Notre pays « protégera, quoi qu’il arrive, chaque mètre cube des eaux de la Méditerranée orientale qu’il est en droit revendiquer « .

Selon lui, les appels de l’UE au dialogue alors qu’elle préparé d’autres plans « concernant les activités que nous menons sur notre propre plateau continental en Méditerranée orientale » témoigne d’un ‘manque de sincérité’ « . »Nous maîtrisons parfaitement le langage de la paix et de la diplomatie, mais nous n’hésiterons pas à faire le nécessaire lorsqu’il s’agira de protéger les droits et les intérêts de la Turquie. La France et la Grèce figurent d’ailleurs au nombre de ceux qui en ont le plus conscience ».

Risques accrus d’accrochages

Les risques d’accrochages se multiplient en tout cas. Ainsi, le Ministère turc de la Défense nationale (MSB) a indiqué que « six avions F-16 appartenant à la Grèce, et s’approchant de la région de navigation d’un bateau turc (déclarée par Navtex), ont été repoussés jeudi de la zone, par des avions de chasse des Forces aériennes turques (THK) ».

Selon le ministère de la défense turc, qui a diffusé des images de l’interception sur Twitter, les avions « identifiés comme appartenant à la Grèce (…) ont été exclus de la région ». La Turquie, indique le communiqué, fera preuve d’une « détermination sans borne, afin de protéger nos droits, nos rapports et nos intérêts en Méditerranée orientale ».

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