Le TNA rend hommage à Azzeddine Medjoubi, 26 ans après son assassinat

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Le TNA rend hommage à Azzeddine Medjoubi, 26 ans après son assassinat

Le Théâtre National Algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) a organisé, ce samedi 13 février 2021, une cérémonie de recueillement à la mémoire du comédien Azzeddine Medjoubi.

La cérémonie a été organisée devant le siège du TNA, au Square Port Saïd, à Alger, en présence de quelques comédiens, écrivains et metteurs en scène, 26 ans après l’assassinat d’un des comédiens les plus illustres du théâtre algérien contemporain.

Hommage à Azzeddine Medjoubi au TNA

Une semaine commémorative à la mémoire de Azzeddine Medjoubi

Azzeddine Medjoubi avait été assassiné, à 48 ans, le lundi 13 février 1995, en début d’après-midi, par deux hommes armés alors qu’il sortait du siège du TNA dont il était le directeur général. Il avait reçu des menaces auparavant. Abdelkader Alloula, directeur du théâtre régional d’Oran, avait été tué, une année auparavant, en mars 1994. A l’époque, les groupes terroristes ciblaient les artistes, les universitaires et les hommes et femmes de lettres.

Du 14 au 17 février 2021, le TNA organise, selon un communiqué, une semaine commémorative à la mémoire d’Azzeddine Medjoubi et ce, à travers la diffusion sur sa chaîne YouTube  des pièces dans lesquelles il a joué ou dont il a signé la mise en scène.


« Les Martyrs reviennent cette semaine »

Il s’agit de « Echouhad’a yaoudoune had el ousbou’e » (« Les Martyrs reviennent cette semaine ») mise en scène par Ziani Chérif Ayad et produite par le TNA en 1982. Cette pièce a été adaptée par M’Hamed Benguettaf d’après une nouvelle de Tahar Ouettar. Azzeddine Medjoubi a partagé la scène avec Sonia Mekkiou, M’Hamed Benguettaf, Mohamed Fellag et Abdelhamid Rabia.

Autre succès des planches : la pièce « Galou laâreb galou », mise en scène aussi par Ziani Chérif Ayad en 1983 et co-adaptée avec Azzeddine Medjoubi, d’après une nouvelle du dramaturge syrien Mohamed El Maghout. Le chant de cette représentation, « Galou laâreb galou, wach rahoum ygoulou » (les arabes ont dit, mais que disent-ils?), est devenu aussi célèbre que le spectacle lui.

Au programme, figure aussi la pièce « Lahounita » (la petite boutique), mise en scène par Azzeddine Medjoubi, en 1994, d’après un texte de Allaoua Boudjadi. La pièce, qui  été montée au théâtre régional de Béjaia, était la dernière d’ Azzeddine Medjoubi, avant sa mort.
Enfin, le TNA a programmé également une autre pièce mise en scène par Azzeddine Medjoubi, « Alem el bâaouch » (Le monde des insectes), produite par le Théâtre régional de Batna en 1993. Cette pièce a eu un grand succès à l’époque, décrochant un prix au Festival du théâtre de Carthage.


Formé en 1963 au Conservatoire d’Alger, Azzedine Medjoubi, natif de Azzaba, à Skikda, est passé par le théâtre radiophonique, aidé par une voix forte, et par la télévision, avant de rejoindre le TNA. Il est distribué, en 1973, dans la pièce « Bab El Foutouh » de Mohamed Slim Riad, d’après une adaptation de M’Hamed Benguettaf du texte de l’égyptien Mahmoud Diab.


« Hafila Tassir », une  tragi-comédie à succès

Azzedine Medjoubi joue ensuite dans « El-Insan Taïb Fi Sé Tchouan », une pièce mise en scène par Hachemi Nourreddine, d’après le célèbre texte de Bertolt Brecht, « La Bonne âme de Sé-Tchouan de Bertolt Brecht », une critique virulente du capitalisme et ses liens avec la religion.


En 1985, Azzeddine Medjoubi est présent sur scène aux côtés de  Dalila Hellilou et de Abbès Merah dans la pièce « Hafila tassir » (un bus roule) de Ziani Chérif Ayad, adaptée par Boubekeur Makhoukh de l’oeuvre du romancier égyptien Ihsan Abdelkaddous, « Sareq al hafila » (le voleur d’autobus). C’est l’une des représentations les plus réussies du théâtre algérien. Cette tragi-comédie critique la corruption et dénonce l’injustice et la démagogie.

En 1990, Azzeddine Medjoubi tente avec Ziani Chérif Ayad, Sonia Mekkiou et M’Hamed Benguettaf, l’expérience du théâtre indépendant avec la création de Masrah Al Q’alaâ qui produit, entre autres, la pièce « Al Ayta » (le cri) de M’hamed Benguettaf.

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