Tebboune: « l’argent sale continue de circuler dans le pays »

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Tebboune: "l'argent sale continue de circuler dans le pays"
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Le président Abdelamadjid Tebboune a déclaré lors d’une rencontre avec la presse ce dimanche 19 juillet au soir que l’Algérie ne doit jamais revenir à la situation antérieure, marquée par la corruption, le détournement de deniers publics et la mauvaise gestion financière.

« Ce que l’Algérie a vécu par le passé, ne doit plus jamais se reproduire. Ce n’est pas uniquement une bonne intention. Il s’agit d’appliquer la loi. Nous connaissons les failles dans la loi et dans les institutions que nous allons combler. Les lois relatives aux marchés publics, aux transactions et aux transferts de devise n’ont pas permis le contrôle, doivent donc être révisées. Que ceux qui ne veulent pas revenir à la raison craignent la sanction. Et, la sanction sera là. La peur du gendarme, c’est le début de la sagesse. Il faut jeter un oeil au rétroviseur de temps à autre, mais il ne faut pas trop regarder sinon vous allez droit au mur « , a-t-il soutenu.

La loi doit, selon lui, être appliquée à tous. « L’Etat doit être fort par le droit, pas par le bâton. Il y a des forces qui veulent s’accrocher à leurs avantages illégaux et non propres. Il y a des gens qui craignent que l’Etat se renforce et seront touchés à leur tour. Il y a des forces de l’inertie et il y a ceux qui ne veulent pas de changement », a-t-il précisé.

Le chef de l’Etat a indiqué qu’il envisage de s’appuyer sur la société civile, la loi et l’Etat fort pour mener ses actions. Il a rappelé s’être engagé à récupérer les fonds qui ont été détournés durant la période Abdelaziz Bouteflika notamment vers l’étranger. « Je sais comment le faire, mais j’attends d’autres données. L’argent pris ici sera récupéré. L’argent sale continue de circuler dans le pays. Cet argent sale est utilisé par ceux qui résistent aux changements. Ils sont en train d’acheter les gens, achètent même les manifestations. Leur espoir est que le pays tombe dans le chaos pour qu’ils s’en sortent indemnes. Ils peuvent attendre ! », a déclaré Tebboune.

« Il nous faut des lanceurs d’alerte »

La petite corruption fait, selon lui, mal au citoyen. Il a promis que des sanctions seront prises notamment au niveau de certaines administrations publiques qui seront désignées dans le futur.

Il a parlé d’agents de recouvrement d’impôts mis en détention récemment à Alger après avoir demandé des pots-de-vin à des chefs d’entreprises qui devaient être soumis à un redressement fiscal. Ils ont été pris la main dans le sac. Nous voulons que le citoyen contribue à cela. Je ne pousse pas à la délation mais je demande aux citoyens de défendre leurs droits dans le calme et dans un cadre légal. Il nous faut des lanceurs d’alerte », a appuyé le chef de l’Etat.

Il a fait un plaidoyer pour l’Etat social. « Dans un pays pétrolier où les gens aspirent à avoir des jets privés, je ne veux plus que le citoyen continue de courir pour se procurer un sachet de lait(…) Il y a des bombes à retardement. Il viendra un jour où ces deux Algéries vont s’affronter. La plupart des citoyens ne veulent pas d’enrichissement, veulent que leur dignité soit sauvegardée, ne veulent pas de villas, mais un logement social décent », a-t-il souligné.

60 milliards de dollars de réserves de change

Le président Tebboune a, par ailleurs, annoncé que les réserves de change de l’Algérie sont de 60 milliards de dollars actuellement. « Cela nous suffit pour une relance. Même si les prix du pétrole restent bas, nous aurons des entrées de 25 milliards de dollars de recettes à la fin de l’année. A cela s’ajoute, les 25 milliards de dollars de l’agriculture. Il ya des pays qui prennent des crédits au FMI et auprès de la Banque mondiale. Nous n’en sommes pas là », a-t-il déclaré.

« Nous avions une économie construite sur la rente et l’importation. Nous devons reconstruire l’économie, créer de nouvelles richesses pour remplacer le pétrole. J’espère qu’on va arriver, vers la fin 2021, à réduire de 20 % la dépendance du budget de l’Etat des hydrocarbures. C’est un challenge », a-t-il ajouté.

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