L’état de santé de Khaled Drareni et Rachid Nekkaz est « inquiétant »

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L'état de santé de Khaled Drareni et Rachid Nekkaz est "inquiétant"

L’état de santé du journaliste Khaled Drareni et de l’activiste Rachid Nekkaz, en prison de Koléa (Tipaza) est « inquiétant ». Leurs avocats tirent la sonnette d’alarme. Ils souffrent « de malnutrition », de « froid », fait savoir Me. Nabila Smaïl dans une déclaration à TSA. Rachid Nekkaz, placé dans un compartiment dédié aux personnes condamnées pour terrorisme, consulte un psychologue tandis que Khaled Drareni est privé de journaux et de livres juridiques.

Khaled Drareni et Rachid Nekkaz « font preuve de courage malgré les conditions cruelles qui leur sont imposées dans la prison de Koléa », faisait savoir Me. Amel Si Ammour hier, mardi 29 décembre 2020, dans un post Facebook. « Nous avons demandé une audience auprès du directeur de la prison de Koléa à propos de ces conditions contraires à la loi carcérale, notamment la mise d’un détenu pas encore jugé parmi des terroristes définitivement condamnés », a-t-elle écrit.

La même avocat poursuit que le premier responsable de la prison de Koléa « a promis d’examiner leur demande ». « En attendant sa réponse et en cas de refus, la défense se prépare à recourir à d’autres mesures juridiques qui seront prochainement annoncées », poursuit encore Me. Si Ammour, qui rapporte les salutations des deux détenus à tous leurs soutiens, en Algérie et ailleurs.

Dans une déclaration à TSA, Me. Nabila Smail affirme que les deux détenus souffrent de malnutrition alors que leur état psychique est « inquiétant ». « Ils s’alimentent mal et sont privés du panier alors que du point de la loi c’est leur droit ».

Le journaliste Khaled Drareni « juge que la nourriture est infecte. Il se plaint aussi du froid. Depuis trois mois, il est privé de journaux. Des livres relatifs au code pénal, à la Constitution, pourtant disponibles au sein de la bibliothèque de la prison, lui sont refusés », a rajouté Me Smail.

Le militant Rachid Nekkaz est dans un état « encore plus inquiétant ». « Pour Nekkaz, c’est une catastrophe. Il nous a raconté qu’il consulte un psychologue, qu’il est mis dans un compartiment réservé aux condamnés définitivement pour terrorisme. Or, ces derniers l’empêchent de dormir et font du vacarme toute la nuit », poursuit-elle.

Il souffre aussi de problème de dentition « et il n’y a pas de matériel » pour recevoir les soins adéquats à la prison. La même avocate estime que la détention de Rachid Nekkaz est « arbitraire, abusive et hors la loi ».  Il « s’est vu renouveler le 5 avril dernier son mandat de dépôt, soit 24 heures après son expiration. La Chambre d’accusation a renouvelé le mandat de dépôt d’une façon antidatée ce qui est une grave violation de la loi ».

L’activiste a introduit un appel en cassation auprès de la Cour suprême contre la décision de la Cour d’Alger.

La loi 04-05 du droit du détenu, dans ses articles 57, 58 et 60, définit les droits des détenus en matière de soins de santé. L’article 63 oblige l’établissement carcéral à « offrir des repas équilibrés avec une valeur nutritionnelle adéquate ». Quant aux articles 74 et 79, rappellent les avocats de la défense, ils garantissent, respectivement, la confidentialité de la correspondance entre le détenu et l’avocat et le d »roit du détenu de se plaindre auprès du directeur de la prison » et de recevoir une réponse de la part de ce dernier dans un délai de 10 jours.

Rachid Nekkaz demande une audience depuis 20 jours et et n’a pas reçu de réponse, conclut Me. Smail.

Khaled Drareni rassure

Dans une lettre diffusée mardi 30 décembre par des journalistes, Khaled Drareni « a salué et remercié tous ceux qui sont solidaires avec moi, que ce soit ici en Algérie, ou ailleurs dans le monde ». Il a tenu à rassuré ses soutiens. « J’ai un moral solide, et ce depuis ma naissance. Ce ne sont ni la prison d’El Harrach dans laquelle j’ai passé une seule nuit, ni celle de Koléa où je me trouve depuis neuf mois, qui vont me démoraliser », a-t-il affirmé.

« Votre empathie et votre soutien, qu’il s’agisse de moi, ou du reste des détenus d’opinion qui se trouvent dans les quatre coins du pays, votre attachement à ce combat qui est celui de la liberté de la presse, représente pour moi une médaille d’honneur, une distinction qui restera gravée dans ma mémoire et mon cœur. Prenez soin de vos proches, et veillez à garder vos principes. Merci à tous », lit-on.

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