« Libérez Maâti Monjib »: RSF manifeste devant l’ambassade du Maroc

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L’ONG Reporters sans frontières a réclamé vendredi la libération « urgente » du journaliste et historien Maâti Monjib, incarcéré au Maroc depuis trois mois et en grève de la faim depuis le 4 mars, lors d’une action symbolique devant l’ambassade du Maroc à Paris.

Une dizaine de personnes s’étaient ainsi rassemblées à la mi-journée dans le XVIe arrondissement, brandissant 16 panneaux au « 16e jour de la grève de la faim » entamée par l’intellectuel franco-marocain pour dénoncer « son arrestation abusive » fin 2020. « Jour 1: Spasmes gastriques », « Jour 6: céphalées », « Jour 16 : délires »… Chaque panneau représente chaque « étape d’une mise en danger de plus en plus grande », a expliqué le secrétaire général de RSF Christophe Deloire.

La santé du journaliste Maâti Monjib en danger

Maâti Monjib, 59 ans selon les précisions de son épouse Christiane Dardé-Monjib, « commence à être très fatigué », a indiqué cette dernière, « inquiète pour sa santé ». D’autant qu’il « est diabétique » et souffre d' »une arythmie cardiaque ». « Je ne comprends pas le silence des autorités françaises », a-t-elle déploré, comme le comité français de soutien à son époux. « Il y a urgence », a ajouté M. Deloire, dénonçant une « incarcération arbitraire au terme d’une procédure absolument inique ».

Militant des droits humains, le journaliste est détenu dans la prison d’El Arjat, près de Rabat. Il a été arrêté le 29 décembre dans une enquête pour « blanchiment de capitaux », des faits qu’il conteste. Cet opposant a parallèlement été condamné à un an de prison le 27 janvier pour « fraude » et « atteinte à la sécurité de l’Etat » au terme d’un procès ouvert en 2015. Celui-ci concernait des accusations de malversations dans la gestion d’un centre qu’il avait créé pour promouvoir notamment le journalisme d’investigation.

Ses avocats et son comité de soutien se sont indignés que le jugement ait été rendu en son absence, sans convocation de sa défense, quand les autorités judiciaires marocaines affirment qu’il a bénéficié d’un « procès équitable ». « Le Royaume du Maroc est 133e » sur 180 pays au classement de la liberté de la presse de RSF, « cinq journalistes » y étant détenus « pour des motifs abusifs », a rappelé M. Deloire. Citoyen français, M. Monjib a porté plainte la semaine dernière à Paris pour détention arbitraire.

En 2015 déjà, « interdit de quitter le territoire » marocain, il « avait cessé de s’alimenter » pendant une vingtaine de jours, obtenant la « levée de cette interdiction », rappelle RSF.

A noter qu’un autre journaliste marocain est en détention. Omar Radi est emprisonné depuis juillet 2020. Les autorité marocaines affirment le poursuivre « pour une affaire de moeurs ». le journaliste qui avait prévu d’être calomnié avait rédigé un communiqué à l’avance pour être publié en cas d’arrestation. Omar Radi y dénonce un “ coup monté savamment orchestré, préparé depuis des mois”. Selon le bureau du procureur général marocain, Omar Radi fait l’objet d’une enquête pour des  «délits relatifs à l’attentat à la pudeur avec violence et viol» après une «plainte déposée par une citoyenne».

Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 12 au 13 juillet.

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