Réda Benkoula, directeur de publication et auteur : Des rêves au pluriel dans un Québec permissif !
Reda Bencoula/ DR
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Réda Benkoula arrive à Montréal en 2006 avec une idée bien énoncée, un rêve ancien qu’il n’a pas pu réaliser en Algérie : fonder son propre journal. Avec un capital professionnel en journalisme « datant de l’époque des dinosaures », comme il n’avait de cesse de le répéter durant notre entretien, il parvient à apprivoiser le monde vertigineux de la communication. En quelques années, il lance son journal L’Initiative, publie des livres, des articles de presse et des articles scientifiques.

Le parcours professionnel de Réda n’a pas été linéaire. Les surprises il en a eues et les choses se sont passées différemment de ce qu’il avait prévu ! Car, pour cheminer vers ses objectifs, il devait faire un détour par les études et le choix de la sociologie n’était pas fortuit. Car, ça lui a ouvert les portes de l’enseignement au Collège La Cité à Ottawa. Cette discipline, dont il est familier pour l’avoir étudiée en Algérie, a outillé notre journaliste sociologue pour connaître la société d’accueil, et c’est via le travail au service à la clientèle dans un centre d’appels téléphonique qu’il va entrer de plain-pied dans la société québécoise. De toutes les histoires insolites qu’il a entendues ou vécues via le téléphone, de ces situations anecdotiques du service téléphonique, il a trouvé matière pour en faire son premier livre « Chroniques des centres d’appels ». Les traces de ce vécu, il en garde aussi dans sa mémoire : « Je faisais ce travail parallèlement à mes études. Quand je rencontrais les copains je leur racontais les situations drôles que j’ai croisées, alors ils m’ont encouragé à écrire un bouquin qui n’a pas manqué de susciter de l’intérêt des médias et des publics ».

L’intégration…Et les rêves!

Et à l’image de la majorité des migrants au Québec qui choisissent l’intégration par les études, il poursuit une formation en lancement d’entreprise, laquelle formation a constitué le déclic pour que son rêve devienne réalité : « à la fin de la formation, ça m’a pris 15 minutes pour lancer mon entreprise. Le plus dur c’est ce qui vient après : trouver des clients, conclure des partenariats fructueux, innover…etc. ». C’est le défi commun à toutes les entreprises. Par contre, ce qui était particulier c’est de concilier le couple a priori conflictuel, entreprenariat et écriture (en termes de temps, d’engagement et de présence). L’ubiquité est exigeante et la solution pour lui est dans le code : « Je voulais qu’on partage au sein de l’équipe rédactionnelle la même philosophie, la même façon de faire le journalisme! Pour cela j’ai fait une matrice de rédaction qui comprend un ensemble de règles que l’équipe doit intégrer ».

Le regard qu’il porte sur le métier de journaliste porte la fraicheur de la société d’accueil. Une dynamique qui croise parfaitement avec le mouvement, et la somme des projets qu’il a en tête en dit long sur son intériorisation de cette culture. Pour lui, les changements dans la façon de faire le journalisme sont permanents voir souhaités. La charte graphique, explique-t-il, peut varier pour correspondre à une actualité, à un évènement ou une fête nationale ou internationale. «On a mis la couleur rose à l’occasion de la fête des mères », cite-il-à titre d’exemple .

Le journal L’initiative s’impose dans le sous-champ de la presse communautaire maghrébine à Montréal. Sa longévité dans un monde médiatique en perpétuelle mutation a valu à son chef d’orchestre, dont l’expérience en journalisme tire sa racine dans l’Algérie des années 2000, plusieurs prix et distinctions. Toutefois, il se souvient de la réaction du directeur de l’ANSEJ qui lorsqu’il lui a parlé de son projet de journal, lui a dit clairement : « Tu vas le vendre à perte ».

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