Le RCD rejette les législatives, Mohcine Belabbès pas candidat à sa propre succession

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RCD: Mohcine Belabbès ne se portera pas candidat à la présidence du parti en 2023
RCD: Mohcine Belabbès ne se portera pas candidat à la présidence du parti en 2023

Le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCR), Mohcine Belabbes, a annoncé ce samedi 20 mars 2021, lors du Conseil national du parti, qu’il ne sera pas candidat à la direction lors du 6e congrès du RCD en 2023.

Lors de son allocution, Mohcine Belabbès n’a pas annoncé la position du parti quant aux prochaines législatives. Il a, néanmoins, critiqué le pouvoir, son bilan, notamment durant l’épidémie de coronavirus et les dernières consultations menées par le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, avec des chefs de partis.

C’est à l’issue du Conseil que la décision de « rejeter » ces élections législatives a été annoncée.

« Aujourd’hui, vouloir reconstruire l’Etat et la société avec les débris de l’ancien système ne peut avoir l’adhésion citoyenne et ne peut être synonyme d’une nouvelle Algérie », a-t-il déclaré, lors de son allocution. « La crise de l’autorité et de légitimité et la paralysie des institutions rendent le dialogue politique inclusif indispensable pour construire un consensus démocratique et insuffler de la confiance, de l’optimisme et un renouveau politique dans la vie institutionnelle ».

Pour M. Belabbès, ce dialogue « ne peut être réduit à des réceptions protocolaires, sans ordre du jour concerté, au cours desquelles le pouvoir présente à ces interlocuteurs des résolutions et des décisions inopérantes prises de façon unilatérale. Des rencontres où le pouvoir fait semblant d’écouter et de dialoguer et les convives reçus font semblant d’arracher des concessions au point de se transformer en mégaphone du chef de l’Etat pour annoncer « les bonnes nouvelles » », a-t-il dit.

Le président du RCD estime que « cette politique de mise en scène médiatique de la vie politique doit cesser. La rupture est indispensable à la réussite de toute démarche de sortie de crise. Ce dialogue, si dialogue il y’ aura, doit être organisé et structuré de façon à permettre à tous les participants de contribuer à l’élaboration d’une feuille de route de sortie de crise qui doit être approuvée et respectée par tous », estime-t-il encore.

« L’institution militaire doit se conformer à ses missions de protection de l’intégrité du territoire de la nation et rester en dehors de toute influence ou tractation politiques », a rajouté le président du RCD, qui a dénoncé une « police politique ».

« C’est dans cette même salle en décembre 2012, lors d’un conseil national, que nous avons plaidé pour la destitution du chef de l’Etat en application de l’article 88 de la constitution en vigueur à l’époque, la mise au musée du FLN et la dissolution de la police politique pour permettre au pays d’organiser un nouveau départ », a-t-i dit.

Mohcine Belabbès pas candidat à sa propre succession

Lors de la même allocution, Mohcine Belabbès a appelé ses militants à « réfléchirensemble aux modifications que nous devons apporter à nos statuts dans le sens de l’élargissement de notre base militante ».

« Pour nous, un parti est l’instrument par lequel se saisissent les militants et les électeurs pour réaliser le changement et consolider les acquis. Moins de deux années nous séparent maintenant de l’organisation de notre 6e congrès ordinaire. Durant les mois à venir, nous devons réfléchir ensemble aux modifications que nous devons apporter à nos statuts dans le sens de l’élargissement de notre base militante et pour impliquer le plus grand nombre dans la prise de décision à tous les niveaux pour ainsi consolider notre autonomie de décision, » a-t-il dit.

« Nous devons aussi penser aux améliorations à introduire dans notre projet en tenant compte des nouvelles réalités dans et qui entourent notre pays. Dans un premier temps, il s’agira de mettre en place des commissions ouvertes pour entamer ce travail de réflexion et de prospection. Par la suite, il s’agira d’installer une commission qui se chargera de la supervision, du déroulement et du financement des pré-congrès régionaux et du Congrès lui-même, » a-t-il annoncé.

« Pour capitaliser nos luttes dans ce congrès, nous devons lancer ce chantier incessamment. Pour ma part, pour mettre tous les militants au même niveau d’information et quelques soient les modes d’organisation que le congrès adoptera, il est de mon devoir d’annoncer aujourd’hui devant notre instance dirigeante entre deux congrès que je ne serais pas candidat à la direction du Parti lors de ce 6ème congrès », a conclu M. Belabbès.

Un bilan « effrayant »

Avant d’annoncer sa décision de ne pas se porter candidat à sa propre succession, Mohcine Belabbès a aussi dressé un bilan de la situation en Algérie, notamment sur le plan économique, politique et en matière des Droits de l’Homme. « L’année 2020 a été difficile pour nous tous et le bilan sur plusieurs plans est simplement effrayant. À une pandémie mondiale, toujours en cours (…) s’ajoutent des centaines de détentions arbitraires et de privation de liberté – en somme des prises d’otages- pour seule réponse au mouvement revendiquant le changement politique, la perte massive d’emplois, la dégringolade du pouvoir d’achat, conséquence de l’inflation et de la dévaluation de la monnaie nationale, la fermeture de petites et moyennes entreprises, l’absence de liquidités, …La liste est longue » a-t-il déclaré.

« La situation de pauvreté et les inégalités croissantes imposées à notre peuple par un régime prédateur sont intolérables. Le chef de l’État lui-même vient de reconnaitre officiellement que 6 millions de salariés vivent en dessous du seuil de pauvreté (…) Des enfants qui ne mangent pas à leur faim et qui vont fouiller dans les décharges publiques font encore partis du décor de certaines de nos contrées plus d’un demi-siècle après l’indépendance nationale », a affirmé le président du RCD.

En matière des droits de l’Homme, Mohcine Belabbès cite le précédent rapport de l’ONU. « Le dernier rapport de l’ONU sur l’état des libertés dans notre pays qui conjugue arrestations arbitraires et allégations de torture sur des activistes du mouvement révolutionnaire est une offense de plus à la mémoire des révolutionnaires et résistants algériens torturés ou condamnés à mort durant la longue nuit coloniale », a-t-il indiqué.

Sur le plan économique, le parti déplore « qu’aucune mesure sérieuse n’est prise pour amorcer un début de relance. Les réformes de structures maintes fois annoncées sont reportées sine die (…) En 2020, c’est le gouvernement lui-même qui ordonne l’arrêt de l’activité économique pendant que les réserves de change chutent à près de 40 milliards de dollars. Le pays est désormais à l’arrêt. Le recul voire le gel ou la perte d’activités touche tous les secteurs. Le marché des services a pratiquement sombré », a-t-il indiqué.

Le président du Rassemblement fait remarquer que « c’est sur ce fond fait de répression, de maintien en prison de détenus d’opinion, de restriction des libertés individuelles et collectives et de régression économique et sociale que le pouvoir en place, disqualifié à deux reprises par un boycott massif et historique des urnes, s’apprête à jouer une nouvelle tragi-comédie électorale le 12 juin prochain ».

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