Projet «Fakkar M’dintek»: 3 jeunes femmes au secours des villages algériens délaissés

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Projet «Fakkar M’dintek»: 3 jeunes femmes au secours des villages algériens délaissés
Vieille maison traditionelle/©Tamazgha Builders

Le projet «Fakkar M’dintek» (pense ta ville) mené par Rafika, Nafissa et Manel, trois jeunes femmes passionnées, entend aider des villages enclavés à sortir de la marge par une revalorisation de leur patrimoine et la dynamisation d’activités touristiques. Une sorte de SOS village d’Algérie et il y a du pain sur la planche puisqu’on compte au moins 500 villages d’Algérie enclavés socialement et économiquement. Ses initiatrices l’expliquent.   

La dénomination du projet, «Fakkar M’dintek» (pense ta ville) pose d’emblée le caractère ambitieux de l’initiative des trois jeunes femmes : Rafika Mokhtari, architecte spécialisée en patrimoine, Nafissa Lazri architecte spécialisée en design intérieur et Manel Djoulane, ingénieure en génie civil.

Le but est de réhabiliter et de mettre en valeur les richesses naturelles, culturelles et patrimoniales de ces villages et d’en faire une destination d’un éco-tourisme pratiquement inexistant dans notre pays.

Rafika Mokhtari, indique Manel Djoulane, « est l’initiatrice du projet. Après une formation en entreprenariat aux États-Unis, elle a décidé de lancer un projet avec une notion patrimoniale. Elle nous a suggéré l’idée et aussi vite, Nafissa Lazri et moi, nous l’avons rejoint car nous sommes toutes les trois passionnées de patrimoine. Le projet a bénéficié de deux programmes d’incubation, l’un avec l’incubateur social ACSE (The Algerian Center for Social Entrepreneurship) et le second avec Dzair-up. Actuellement nous sommes en train de finaliser la création de l’entreprise et le lancement du programme de visite est imminent ».

Le projet « Fakkar M’dintek » a été conçu dans le but de traiter de trois problématiques : culturelle, socioéconomique, et environnementale. Manel Djoulane explique que la problématique culturelle réside dans l’état d’abandon du patrimoine culturel matériel et immatériel algérien, le problème socioéconomique concerne l’exclusion de la population rurale. La problématique environnementale concerne la destruction progressive du patrimoine naturel, notamment la dégradation de l’environnement.

500 villages enclavés !

« La vision de Fakkar M’dintek sur le long terme est de faire en sorte que les populations rurales puissent vivre de leur terroir et de leur culture. Il existe plus de 500 villages enclavés socialement et économiquement à travers le pays. Le patrimoine matériel et immatériel de ces villages est en perdition. Les populations qui ont quitté ces villages ont laissé derrière elles des maisons traditionnelles, un mode de vie, des savoir-faire artisanaux et bien d’autres composantes d’une identité qui a existé pendant des siècles. Nous voulons que les villageois ne soient plus obligés d’aller vers les villes pour gagner leur vie. Si on revalorise le patrimoine et l’on redynamise les activités économiques comme l’artisanat, l’agriculture, l’élevage, des villages pourront être repeuplés ».

Le programme élaboré par les conceptrices du projet s’articule autour de trois volets ; l’éco-tourisme, les activités culturelles et la restauration des vieilles maisons traditionnelles.

Les activités éco-touristiques concernent la découverte du patrimoine naturel du village : forêts, sentiers battus, lacs et autres. Ces sorties seront accompagnées d’activités notamment des randonnées pédestres, des exercices de relaxation et de méditation en pleine nature, bivouac…etc. Le visiteur découvrira également le travail des agriculteurs et participera, entre autres, à la récolte des olives.

Les activités culturelles sont multiples et, souligne, Manel Djoulane cela dépendra des particularités du village. « Ce volet est assez large. Ça peut être des visites d’édifices, des soirées musicales, des représentations théâtrales ou des récits de contes. Des ateliers de confection artisanale, bijoux ou tissage de tapis…etc. ».

« Nous allons travailler avec les associations des villages. C’est une façon pour nous de gagner la confiance des villageois car c’est eux qui vont nous faire découvrir leur région et leurs traditions. Nous ne voulons pas que notre démarche soit perçue comme une intrusion. Passer par l’association, nous permettra d’une part de connaitre les caractéristiques du village ; et d’autre part, notre projet sera expliqué aux villageois par leurs concitoyens » souligne Manel Djoulane.

Revitalisation du vieux bâti

Le troisième volet du programme est la restauration des vieilles maisons traditionnelles. Manel raconte que des maisons kabyles abandonnées ont tout de même garder leur squelette. Les étudiants et passionnés de patrimoine qui se joindront à cette activité, découvriront d’une part la particularité de ces maisons et participeront à leur restauration. « Nous allons restaurer la maison comme à l’origine, en lui apportant un confort supplémentaire » détaille Manel Djoulane .

Le premier village à découvrir avec « Fakkar M’dintek » sera « Kalaa des Beni Abbès ». Cette vieille citadelle d’Algérie recèle de grandes ressources patrimoniales, indique Manel. « La première activité sera lancée dans cette région. J’ai eu l’occasion de la visiter, en plus de sa richesse culturelle, la population est accueillante et porte fièrement ses traditions » note Manel Djoulane.

Pour Manel Djoulane, Fakkar M’dintek aspire à accomplir la mission de faire de ces zones rurales recluses des régions économiquement et socialement dynamiques. De concrétiser l’ambition de devenir un label de village écotouristique en Algérie. Et en définitive, de garder une seule vision, celle de créer les conditions pour que les populations rurales puissent vivre de leur terroir et de de leur culture.

1 commentaire

  1. Bravo Manel Djoulane, Rafika Mokhtari et Nafissa Lazri pour votre Projet Citoyen « Fakkar M’dintek ».
    Béjaïa a beaucoup de chance de vous avoir. Il ne reste plus que les Sponsors pour ce manifester et je sais que beaucoup de nos compatriotes qui sont dans le Business sont généreux. À vos chéquiers alors !

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