Les insultes aux symboles religieux provoquent « haine et extrémisme » (ONU)

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Le Haut Représentant des Nations Unies pour l'Alliance des civilisations (UNAOC), Miguel Ángel Moratinos avec le SG de l'Onu (DR)

Les « insultes aux religions et aux symboles religieux sacrés provoquent la haine et l’extrémisme » a estimé mercredi 28 octobre, le Haut représentant pour l’Alliance des civilisations des Nations Unies, l’Espagnol Miguel Angel Moratinos, qui a appelé dans un communiqué «au respect mutuel de toutes les religions et croyances ».

Le message qui n’évoque de manière directe les déclarations du président français, Emmanuel Macron défendant le droit de caricaturer le prophète de l’Islam, apporte de fortes nuances sur la manière d’utiliser ce droit.

Miguel Angel Moratinos dit suivre « avec une profonde inquiétude les tensions croissantes et les cas d’intolérance déclenchés par la publication des caricatures satiriques du prophète Mahomet, que les musulmans considèrent comme insultantes et profondément offensantes », indique ce communiqué diffusé par son porte-parole.

 « Les caricatures incendiaires ont également provoqué des actes de violence contre des civils innocents qui ont été attaqués pour leur religion, croyance ou appartenance ethnique », regrette le responsable onusien dans un contexte marqué par une vague de colère dans le monde musulman après la republication des caricatures jugées offensantes du prophète. Le président français, dans un hommage à un enseignant français assassiné par un tchétchène fanatisé à cause de ces caricatures, a défendu le droit de caricaturer le prophète, suscitant des réactions indignées même dans les pays musulmans proches de Paris, comme les pays du Golfe.  

Même s’il omet de désigner Charlie Hebdo, le message du responsable onusien souligne que « les insultes aux religions et aux symboles religieux sacrés provoquent la haine et l’extrémisme violent conduisant à la polarisation et à la fragmentation de la société».

Le Haut Représentant souligne que « la liberté de religion ou de conviction et la liberté d’expression sont des droits interdépendants » et se « renforcent mutuellement » et qu’ils sont enracinés dans les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

« Le respect et la protection de ces droits fondamentaux sont la responsabilité première des États membres. Dans le même temps, la liberté d’expression doit être exercée d’une manière qui respecte pleinement les croyances et principes religieux de toutes les religions » a-t-il indiqué en soulignant que les « actes de violence ne peuvent et ne doivent être associés à aucune religion, nationalité, civilisation ou groupe ethnique. Dans le même temps, la violence ne peut et ne doit jamais être une réponse justifiable ou acceptable à des actes d’intolérance fondés sur la religion ou les convictions. »

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