Ngozi Okonjo-Iweala, première africaine à diriger l’OMC

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Ngozi Okonjo-Iweala, première africaine à diriger l'OMC
Ngozi Okonjo-Iweala, première africaine à diriger l'OMC

La nigériane Ngozi Okonjo-Iweala est la première femme à diriger l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle est également la première personnalité originaire d’Afrique à diriger l’instance internationale.

Depuis 1995, date de sa création, l’OMC, qui a remplacé le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), a été dirigée par trois européens, un néo zélandais et un thaïlandais. Le dernier en date est le brésilien Roberto de Azevêdo qui a dirigé l’OMC pendant sept ans, à partir de 2013. La rotation géographique n’est pas une condition à l’OMC pour désigner un directeur.

Ngozi Okonjo-Iweala, économiste, 66 ans, a été désignée par consensus lors d’une réunion spéciale du Conseil général de l’OMC, à Genève, lundi 15 février 2021. «Je crois qu’elle a fait du bon boulot, que ce soit au Nigeria ou dans les autres pays où elle a travaillé. Elle n’est pas juste aimée au Nigeria, elle est adorée, c’est un symbole pour les femmes», a déclaré Idayat Hassan, directrice du Center for Democracy and Development d’Abuja, citée par l’AFP.

25 ans à la Banque Mondiale

Ngozi Okonjo-Iweala, qui est de nationalité américaine également, a travaillé pendant 25 ans à la Banque Mondiale, à partir de 1982. En avril 2012, elle s’est présentée comme candidate à la présidence de cette institution financière. Elle a perdu face à l’américain Jim Yong Kim alors qu’il n’est ni économiste ni diplomate. Il a démissionné en janvier 2019.

Diplômée de Harvard et du MIT (Massachusetts Institute of Technology), aux Etats-Unis, Ngozi Okonjo-Iweala, qui est établie à Washington, est désignée par le président  Olusegun Obasanjo, ministre des Finances en 2003. Elle est la première femme à occuper ce poste au Nigéria. Elle lance une vaste opération de privatisation des entreprises publiques et mène une politique, qualifiée de timide, contre la corruption.

Politique anti-corruption critiquée

La transparence dans les dépenses pétrolières n’a pas été réalisée contrairement à ce qu’elle avait promis. « Près d’un milliard de dollars disparaissaient chaque mois des caisses de l’État quand elle dirigeait les finances (…) C’est une honte qu’elle puisse même être retenue pour ce poste (de directrice de l’OMC) », a déclaré au quotidien français Le Monde, Sarah Chayes, auteure de l’essai “Thieves of State” (les voleurs de l’Etat), un livre sur la corruption au niveau international. Cela n’a pas empêché l’ONG Transparency International de saluer son action anti-corruption au Nigéria.

Elle a réussi à effacer une partie de la dette du Nigéria grâce à son talent de négociatrice (près de 30 milliards de dollars) et à réduire l’inflation de 7 points.

Après un bref passage au ministère des Affaires étrangères, en 2006, elle revient au ministère des Finances en 2011 où elle engage des mesures drastiques contre les subventions au carburant. Une politique critiquée par les syndicats et l’opposition.

En 2015, après avoir quitté le gouvernement, Ngozi Okonjo-Iweala est désignée président du Conseil d’administration de GAVI Alliance,  une organisation internationale, basée en Suisse et aux Etats Unis, dont l’objectif est de faciliter la vaccination dans les pays moins développés. Financée partiellement par la Banque Mondiale, Gavi Alliance est également soutenue par la Fondation Bill-and-Melinda-Gates.

Washington s’est opposé à la candidature de la Nigériane

En 2020, le président américain Donald Trump s’est opposé à la candidature Ngozi Okonjo-Iweala  pour la direction générale de l’OMC. Washington a prétendu « un manque d’expérience de la Nigériane en matière de commerce international », soutenant la sud-coréenne Yoo Myung-hee qui, finalement, s’est retirée début 2021.

Washington considère Séoul comme un allié dans son conflit commercial avec la Chine. Le départ de Donald Trump, après les élections de novembre 2020, a accéléré l’arrivée de Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de l’OMC. Elle doit, selon les observateurs, mener des réformes à l’intérieur de l’organisation en faisant sortir de la paralysie le tribunal des contentieux commerciaux, bloqué par l’administration Trump.

L’ex-président américain s’est opposé au remplacement des juges au sein de ce tribunal.

Les vaccins anti-Covid 19, une priorité

Elle doit également travailler sur la question des vaccins, aidée par son expérience au sein de Gavi Alliance, comme une priorité.

Elle plaide déjà pour que le protectionnisme des vaccins soit surmonté pour accélérer la lutte contre la pandémie de Covid 19. « Il faut éviter un phénomène où les pays riches vaccinent leurs populations et où les pays pauvres doivent attendre », a-t-elle déclaré à la BBC.

Les pays pauvres exigent un assouplissement de la protection sur les brevets afin de pouvoir produire les vaccins localement. Demande rejetée par la plupart des pays producteurs et par les laboratoires.

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