Une nécessité d’écrire sur les artistes algériens

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Une nécessité d’écrire sur les artistes algériens
Hasna Naouel Khadir

Certaines rencontres viennent nous surprendre de manière furtive, inattendue comme des rappels de nos inconscients collectifs. Il aura fallu la révolution inachevée de 2019 en Algérie, ce Hirak qui nous a bouleversés, qui m’a donné comme une injonction imaginaire, la nécessité d’écrire sur les peintres algériens, comme une urgence de transmettre le patrimoine artistique algérien non pas en tant que passé, mais en tant que présent à se saisir pour se nourrir . 

Dans ma contribution dans le livre L’Algérie au présent sous la direction de Karima Dirèche  j’avais pointé le manque, l’absence de place pour les artistes  algériens dans leur propre société. En effet les institutions sont largement défaillantes et les galeries encore peu nombreuses .

Cependant certains artistes ont trouvé, voire créé, leurs lieux d’expositions et s’y sont épanouis avec des appartements-ateliers-galeries comme Hasna Naouel Khadir, Bardi et El Meya ou Princesse Zazou, voire la rue, les cafés avec Yasser Ameur, des espaces alternatifs avec la Baignoire de Samir Toumi ou les Ateliers sauvages de Wassila Tamzali .

Leurs ainés Benanteur, Ben Bella se sont expatriés et ont trouvé une reconnaissance internationale, d’autres comme Stambouli ont trouvé leur place dans ce qu’on pourrait appeler l’Ecole de Mostaganem comme il y a l’école de Paris ( à laquelle Benanteur, Ben Bella ont participé ) ou de Casablanca. Quant à Tatah, bien que né en France, il a gardé le lien .

Mon propos est à la fois de rendre hommage à ces derniers mais surtout de célébrer cette nouvelle génération d’artistes qui participe du roman national et qui participe du roman national et je veux le faire de manière subjective, humble et exigeante à la fois .

Parmi eux, elles, il y a Hasna Naouel Khadir, cette découverte qui vous fait regarder la joie de face. Grandie à Tlemcen, Hasna vit à Oran dans cette ville si chère à ma mémoire, à mon enfance avant l’exil et la perte de l’innocence. Elle y trace son chemin avec la gaité en happening , la gaité cette pudeur typiquement oranaise .

Cependant le noir est là, qui hachure l’espace, contrôle le volume de ses envolées lyriques. Libre de toute école d’art et de ses codes, encouragée cependant par Karim Sergoua grand professeur à l’école des Beaux Arts d’Alger, 

Hasna Naouel Khadir se reconnaît volontiers dans l’expressionnisme abstrait. Joan Mitchell, Kooning sont ses références. Un trait de pinceau structure la toile, la compose et la couleur s’invite. La couleur ? Les couleurs ! Toutes flamboyantes, toutes pleines d’élan, toutes nous laissant une mélancolie au goût de cannelle et d’eau de fleur d’oranger sur le bord des lèvres ! 
Les métaphores de Hasna sont autant d’écritures intimes qu’elle nous livre avec grâce .Les toiles de cette plasticienne ont trouvé un écrin dans cette Galerie Le Civ-Oeil au coeur de Miramar à Oran  crée par Tewfik Ali Chaouche, autre passionné de l’art.

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