Nacer Meghnine, président de SOS Bab El Oued, placé en détention provisoire

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Nacer Meghnine, président de SOS Bab El Oued, placé en détention provisoire
Nacer Meghnine, président de SOS Bab El Oued, placé en détention provisoire

Le président de l’association SOS Bab El Oued, Nacer Meghnine, a été placé en détention provisoire ce mardi 20 avril 2021 par le juge d’instruction près le tribunal de Bainem, a annoncé le Comité national pour la Libération des détenus (CNLD).

Nacer Meghnine a été interpellé le vendredi 16 avril 2021 lors de la 113e marche du Hirak. Dans la soirée suivant son arrestation, une perquisition a été effectuée par la police au siège du siège de son association « SOS Bab El Oued » en sa présence, poursuit la même source.

Il avait été arrêté avec plusieurs autres persones, dont Kamel Slimani, placé sous contrôle judiciaire par le même juge d’instruction et Kamel Deriche, Bilal Chache, Karim Athmane et Mourad Khoudja. Ces derniers ont été présentés hier, lundi 19 avril 2021 avant d’être relâchés avec invitation à comparaitre pour le 03 mai.

Un professeur de physique nucléaire à l’USTHB, Mahana Abdesselam, avait également été interpellé mais a été relâché le vendredi.Son téléphone portable a été confisqué et sa présentation reportée à une date ultérieure. Son véhicule a été perquisitionné et fouillé après avoir été relâché, poursuit le CNLD.

SoS Bab El Oued qualifiée d’organisation « criminelle » !

Mardi matin, la DGSN annonce l’arrestation par la police judiciaire de huit personnes, âgées de 26 à 60 ans, qui active au sein « d’une association culturelle non agréée » à Bab El Oued. La DGSN qualifie dans son communiqué cette association de « criminelle », l’accusant d’avoir obtenu un financement « d’une représentation diplomatique d’un grand pays à Alger », sans citer ce « grand pays », qui permettrait à SOS Bab El Oued « d’acquérir des équipements et des appareils technologiques modernes, utilisés pour produire des films et des documents provocateurs ainsi que des publications et des pancartes incitatives durant les marches populaires » du hirak.

Quelques heures plus tard, la DGSN publie des images identiques à celles diffusées lors des saisies de drogues, d’armes blanches ou d’autres objets interdits. Des imprimantes, des scanners, des appareils photos ainsi qu’une liasse de pancartes sont déposées sur une table, derrière laquelle cinq personnes, menottées, sont debout, de dos.

La mise en détention provisoire de Nacer Meghnine et le communiqué de la DGSN, qualifiant SOS Bab El Oued « d’organisation criminelle » suscite l’indignation, la colère de plusieurs citoyens qui ont côtoyé, qui connaissent ou qui ont collaboré avec cette association, créée au lendemain des inondations de Bab El Oued, en 2001.

« A l’origine de la création de l’association, fallait faire des choix, à la fin des années 1990. Fallait s’impliquer. Nous n’avions aucune expérience dans le mouvement associatif. Nous avions deux choix, sauver la république ou partir. Nous n’étions pas des héros. Avec nos amis français, les gauchistes en France, la Fédération des moudjahidine nous ont conseillé de nous structurer », expliquait Nacer Meghnine dans un documentaire. « L’amour de la patrie, on vous l’offre pas sur un plat en argent. on est né avec. On l’a ou on l’a pas », rajoute-t-il.

Plusieurs témoignent des activités qui y ont été organisées ou hébergées. Cours de langues, cours de musique, cours de soutien scolaire, spectacles de théâtre, sorties culturelles, éducation citoyenne ou encore des ateliers pédagogiques, évoque-t-on. L’association a également tourné une multitude de films, cout-métrages et autres productions.

A l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, un film documentaire «L’Algérie des histoires» a déjà été réalisé par les jeunes de l’association avec les matériels acquis par l’association grâce à la contribution de l’ambassade de la République tchèque.

Sos Bab El Oued avait des moyens limités, selon des articles de presse. Ils ne percevaient aucune aide, financière ou humaine de la part des autorités publiques. C’est grâce à des programmes de soutien étrangers que l’association s’offrait son local ainsi que le matériel utilisé dans le cadre de ses activités.

C’est d’ailleurs à travers ces programmes que des cours, ateliers ou rencontres avec des professionnels de plusieurs domaines culturels étrangers étaient organisés. Ni SOS Bab EL Oued ni les ambassades ou associations ne le cachaient.

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