Le ministère de l’Intérieur veut dissoudre l’UCP de Zoubida Assoul

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Le ministère de l'Intérieur veut dissoudre l'UCP de Zoubida Assoul
Le ministère de l'Intérieur veut dissoudre l'UCP de Zoubida Assoul

Le ministère de l’Intérieur veut dissoudre le parti de l’Union pour le Changement et le Progrès (UCP) de l’avocate Zoubida Assoul. Le département de Kamel Beldjoud a introduit deux requêtes auprès du Conseil d’Etat, portant sur la suspension de ce parti puis sur sa dissolution totale. Une triste première depuis la dissolution du Front islamique du Salut (FIS), estime l’avocate.

Le ministère de l’Intérieur avait annoncé jeudi 22 avril 2021 avoir saisi la justice contre le parti de l’avocate et militante Zoubida Assoul, présidente du parti de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), « en situation d’illégalité ». Le ministère a dit avoir constaté la « non-conformité » du parti avec la législation en vigueur, citant notamment la loi organique relative aux partis politiques. Le ministère de l’Intérieur poursuit que « malgré cette absence de statut juridique, Mme. Zoubida Assoul « poursuit ses activités sous couvert de ce parti ».

L’UCP a réagi vendredi 23 avril 2021, dénonçant une « tentative du pouvoir de désinformer l’opinion publique quant à la régularité des activités de sa présidente ». Le parti avait également apporté des précisions et rejeté les accusations du ministère de l’Intérieur.

L’Intérieur saisit le Conseil d’Etat

L’annonce a d’abord été faite par le même parti dans un communiqué datant du samedi 01 mai 2021. Le texte, publié à l’issue d’une visite de partis politiques et de collectifs au siège de l’UCP en guise de solidarité, annonce que le « pouvoir un franchi un cap dans l’étouffement des voix démocratiques en demandant la dissolution de l’UCP ».

Selon Zoubida Assoul, le ministère de l’Intérieur a intenté deux actions. La première, dans la forme, visant à suspendre l’UCP de manière temporaire et la seconde, dans le fond, demandant la dissolution de ce parti. Relayée par le quotidien El Watan, l’avocate a fait remarquer que « jamais le ministère de l’Intérieur n’a réclamé la dissolution d’un parti politique démocratique.

« Un seul parti a été dissout dans les années 1990, et ce, pour avoir utilisé la violence. Quel crime aurait commis l’UCP ? Nous n’avons utilisé ni la violence physique ni verbale. Nous n’avons pas pris les armes, ni nous avons appelé à l’insurrection. Bien au contraire, nous avons appelé à l’unité et au dialogue », s’indigne-t-elle.

Un « règlement de compte », selon Zoubida Assoul

Pour Zoubida Assoul, cette décision est d’autant plus révoltante que « des dizaines de partis politiques n’ont jamais tenu leur congrès, ils activent dans l’illégalité, mais n’ont pas été inquiétés par le ministère de l’Intérieur ». Dans sa réponse au ministère le 23 avril dernier, elle a notamment rappelé avoir tenu son congrès le 10 avril dernier, en présence d’un huissier de justice, et « ce conformément à la loi organique régissant les partis politiques ».

Pour la militante, le « pouvoir s’acharne contre son parti » en raison de ses positions. « C’est un règlement de comptes, le pouvoir a franchi toutes les lignes en demandant la dissolution de notre parti, et ce, pour avoir rejeté les élections législatives, pour avoir tourné le dos au référendum sur la Constitution, notre combat aux côtés du hirak et aussi pour avoir proposé une élection présidentielle anticipée pour 2022 », affirme-t-elle, relayée par le même journal.

L’avocate a ainsi affirmé que sa formation « fait de la politique propre, mais qui dérange. S’ils croient qu’ils peuvent me faire taire en me retirant l’agrément, ils se trompent complètement», rajoute-t-elle.

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1 commentaire

  1. Il faudrait dissoudre l’ensemble des partis politiques puisque la politique n’a pas sa raison d’être.
    Le paysage politique est englué dans des paradoxes touchant à la pratique sur le terrain : autant on dispose de partis politiques autant on leur interdit toute activité. Résultat des courses , il faudrait mettre tous ces partis au placard.

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