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Meriem Laribi, la «petite main» du cinéma algérien

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Meriem Laribi, la «petite main» du cinéma algérien

À la simple lecture du scénario, son esprit s’emballe. Elle imagine les personnages, leur rôle, l’époque. Et de là, elle confectionne ces costumes de scènes qui viennent épouser le rôle des acteurs. Meriem Laribi est une jeune créatrice, son métier est la couture, son domaine, le cinéma et ses outils, le fil, l’aiguille et l’étoffe.

“Lorsqu’on me demande de monter des redingotes pour le film de Ben Badis, je ne connaissais rien aux plateaux de tournage, ni aux costumes d’époque. Mais j’avais compris que le challenge allait marquer un tournant important dans ma carrière. Le défi était de taille, car je n’avais pas beaucoup de temps. Armée de ma volonté et le peu de connaissance que j’avais, j’ai confectionné le premier modèle en 4 heures. Un record de temps qui n’a pas laissé le réalisateur indifférent puisque j’ai été recruté pour les six mois qui restaient au tournage. C’est ainsi que mon aventure avec le cinéma a commencé”, raconte fièrement Meriem.

Depuis le film Ben Badis, Meriem multiplie les plateaux de tournage. Sa réputation se forge dans le milieu grâce au bouche-à-oreille. Elle participe au film d’Ahmed Bey, celui de la 5e saison et entame prochainement un autre tournage.

À 35 ans, elle est à la tête d’un atelier de couture appelée “Lala Meriem”. Depuis 5 ans elle est costumière de cinéma, un accomplissement de carrière qu’elle relate avec passion.

Sur son métier de costumière de cinéma, elle dira que c’est un travail structuré qui nécessite des connaissances précises avant d’entamer la confection de l’habit précisément celui d’époque.

Pour Meriem, le costume vient compléter le rôle du personnage, il lui donne de la crédibilité et transporte le téléspectateur à l’époque en question. C’est une pièce maîtresse dans le cinéma et l’art du spectacle, précise-elle.

« Un habit d’époque est un patrimoine vestimentaire. Il véhicule une culture et renseigne sur les traditions, les mœurs ou encore les croyances qui caractérisaient les sociétés d’autrefois. C’est pour quoi un costumier doit faire de nombreuses recherches avant d’entamer la couture ».


Quand vient le moment de réaliser les modèles d’autres défis se montre. Meriem confie qu’elle accumule plusieurs années dans les domaines de la couture, mais le film sur Ben Badis lui a permis d’acquérir de nouvelles connaissances.
“Ce film a été une formation accélérée pour moi. Je me souviens que je travaillais jour et nuit pour finir mes costumes. J’ai appris entre autres combien la couleur du bouton et sa forme étaient importantes, qu’il ne fallait pas utiliser le satin à cause de ses nuances, que la patine est une poudre qui permet de vieillir les vêtements…”, se souvient Meriem amusée.

Elle retiendra également de cette expérience dans le cinéma, la relation qu’elle noue avec les acteurs. À l’écoute de leurs besoins, Meriem veille au confort de ces derniers. Avant d’entamer la couture du costume elle étudie minutieusement leur morphologie et ajuste au fur et mesure le costume tout au long du tournage.

“Le moment le plus gratifiant dans cette aventure avec le cinéma est quand l’acteur enfile mon costume. J’aime le voir prendre vie à travers le rôle qu’il incarne, car il donne une identité à mon travail”, souligne la jeune costumière.

Une passion précoce

Amoureuse de l’étoffe depuis son plus jeune âge, Meriem a cousu sa première robe à l’âge de 8 ans. À l’époque elle prenait sa poupée pour modèle, et les stores en dentelles de sa mère comme tissus.

Sa robe de poupée cousue à ses 8 ans n’a pas laissé ses parents indifférents. Conscient du potentiel de sa fille, son père l’inscrit dans un institut de modélisme après l’obtention de son examen de BEM en guise de récompense. Meriem avait 15 ans, elle était la plus jeune apprentie de l’institut.

Pendant 4 ans et en parallèle de ses études au lycée, Meriem apprend la couture. À l’institut ses professeurs s’inquiètent pour ses études mais cette jeune adolescente est déterminée et parvient à joindre les deux bouts.

L’année de son baccalauréat  coïncide avec l’examen de fin de formation, elle décide de se consacrer à ses études et une fois le bac en poche elle reprend la couture et obtient son diplôme de modéliste à l’âge de 18 ans.

À l’université elle poursuit des études de traduction et ne perd pas de vue sa passion. Elle commence à gagner sa vie grâce à la couture en réalisant  des tenues de fête pour les mariées.

Apres l’université Meriem se dirige vers l’enseignement. Ce nouveau métier et prenant et la détourne pendant trois ans de sa passion qui est la couture. Même si elle aime enseigner Meriem n’est pas épanouie, elle décide de revenir à la couture, et en faire un métier à part entière.

“Les trois ans où je n’ai pas pratiqué la couture sont importants dans mon parcours, je pense qu’il fallait que j’arrête ce métier qui me suit depuis mon enfance pour me rendre compte de la place qu’il occupe dans ma vie”, souligne Meriem

En 2015  elle crée son atelier “Lala Meriem Création”, grâce à un prêt de l’agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes. Et donne une nouvelle orientation à son métier. Loin du prêt à porter, elle donne une nouvelle orientation à son métier et réalise de grandes commandes pour les entreprises et institutions publiques.

“L’atelier est telle une petite industrie. Équipée de machines professionnelles et disposant d’une équipe d’ouvrières, je ne pouvais plus me contenter des petites commandes de particulier. D’ailleurs ma première commande était 1000 tenues pour les travailleurs de l’EPIC d’Alger-Centre” précise-t-elle.

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