Maroc: liberté provisoire pour l’historien Maâti Monjib (avocat)

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L'historien et défenseur des droits humains franco-marocain Maâti Monjib, en grève de la faim depuis 19 jours, va être remis en liberté provisoire après trois mois de détention
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L’historien et défenseur des droits humains franco-marocain Maâti Monjib, en grève de la faim depuis 19 jours, va être remis en liberté provisoire après trois mois de détention, a annoncé ce 23 mars son avocat à la presse.

« Le juge d’instruction a décidé de le remettre en liberté provisoire, les mesures sont en cours pour l’extraire de prison », a déclaré Me Mohamed Messaoudi, précisant que la santé de son client était « bonne même s’il a perdu 12 kilos ».

Vendredi dernier, l’ONG Reporters sans frontières a réclamé la libération « urgente » du journaliste et historien Maâti Monjib, incarcéré au Maroc depuis trois mois et en grève de la faim depuis le 4 mars, lors d’une action symbolique devant l’ambassade du Maroc à Paris.

La santé du journaliste Maâti Monjib en danger

Maâti Monjib, 59 ans selon les précisions de son épouse Christiane Dardé-Monjib, « commence à être très fatigué », a indiqué cette dernière, « inquiète pour sa santé ». D’autant qu’il « est diabétique » et souffre d’ »une arythmie cardiaque ». « Je ne comprends pas le silence des autorités françaises », a-t-elle déploré, comme le comité français de soutien à son époux. « Il y a urgence », a ajouté M. Deloire, dénonçant une « incarcération arbitraire au terme d’une procédure absolument inique ».

Militant des droits humains, le journaliste est détenu dans la prison d’El Arjat, près de Rabat. Il a été arrêté le 29 décembre dans une enquête pour « blanchiment de capitaux », des faits qu’il conteste. Cet opposant a parallèlement été condamné à un an de prison le 27 janvier pour « fraude » et « atteinte à la sécurité de l’Etat » au terme d’un procès ouvert en 2015. Celui-ci concernait des accusations de malversations dans la gestion d’un centre qu’il avait créé pour promouvoir notamment le journalisme d’investigation.

Ses avocats et son comité de soutien se sont indignés que le jugement ait été rendu en son absence, sans convocation de sa défense, quand les autorités judiciaires marocaines affirment qu’il a bénéficié d’un « procès équitable ». « Le Royaume du Maroc est 133e » sur 180 pays au classement de la liberté de la presse de RSF, « cinq journalistes » y étant détenus « pour des motifs abusifs », a rappelé M. Deloire. Citoyen français, M. Monjib a porté plainte la semaine dernière à Paris pour détention arbitraire.

En 2015 déjà, « interdit de quitter le territoire » marocain, il « avait cessé de s’alimenter » pendant une vingtaine de jours, obtenant la « levée de cette interdiction », rappelle RSF.

Omar Radi, l’autre journaliste en prison au Maroc

A noter qu’un autre journaliste marocain est en détention. Omar Radi est emprisonné depuis juillet 2020. Les autorité marocaines affirment le poursuivre « pour une affaire de moeurs ». le journaliste qui avait prévu d’être calomnié avait rédigé un communiqué à l’avance pour être publié en cas d’arrestation. Omar Radi y dénonce un “ coup monté savamment orchestré, préparé depuis des mois”. Selon le bureau du procureur général marocain, Omar Radi fait l’objet d’une enquête pour des  «délits relatifs à l’attentat à la pudeur avec violence et viol» après une «plainte déposée par une citoyenne».

Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 12 au 13 juillet.

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