Macron aux libanais: « J’ai honte pour vos dirigeants ! »

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Macron aux libanais: "J'ai honte pour vos dirigeants !"
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Le président français Emmanuel Macron est en colère. Son « plan » pour résoudre la crise politique au Liban n’a pas fonctionné. Le gouvernement n’a pas été désigné à la mi-septembre 2020, comme cela était prévu, et le Premier ministre désigné Mustapha Adib a renoncé à constituer un gouvernement après l’échec des tractations avec la classe politique.

« J’ai honte pour vous dirigeants », a déclaré le président français qui s’est déplacé à deux reprises à Beyrouth, après l’explosion meurtrière du 4 août 2020. Il répondait à une question d’une journaliste libanaise posée à partir de Beyrouth. La journaliste a évoqué la situation économique et sociale difficile au Liban actuellement. Macron a accusé la classe politique libanaise d’être soumise « au jeu mortifère de la corruption et de la terreur ». « Les responsabilités sont claires et établies. Elles doivent être nommées et nous devons tirer toutes les conséquences », a-t-il dit.

Il a rappelé que l’ensemble des forces politiques libanaises avaient pris l’engagement devant lui, le 1 septembre 2020 à Beyrouth, de s’entendre pour constituer « un gouvernement de missions » capable de mettre en œuvre « une feuille de route précise de réformes dont le contenu agréé par la communauté internationale demeure valable ». L’engagement n’a, selon lui, pas été respecté par les dirigeants des forces politiques et des institutions.

« Jeu de puissances étrangères »

« Ils ont décidé de trahir cet engagement. Je constate que les autorités et les forces politiques libanaises ont fait le choix de privilégier leurs intérêts partisans et individuels au détriment de l’intérêt général. Ils ont ainsi fait le choix de livrer le Liban au jeu des puissances étrangères et de le condamner au chaos au lieu de lui permettre de bénéficier de l’aide internationale dont le peuple libanais a besoin. C’est un mois qui vient d’être perdu pour mener les réformes », a accusé Macron.

« Je décide donc de prendre acte de cette trahison collective et du refus des responsables libanais de s’engager de bonne foi dans le contrat que la France leur a proposé(…) Il devront répondre devant le peuple libanais », a-t-il ajouté. L’échec, selon lui, est celui de la classe politique libanaise, pas de la France.

Critique du Hezbollah

Le président français a ouvertement critiqué le Hezbollah qui avait réclamé le poste du ministre des Finances dans le gouvernement à composer. « Le Hezbollah ne peut en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban. Il ne doit pas se croire plus fort qui ne l’est. Et, c’est à lui de démontrer qui respecte les libanais dans leur ensemble. Il a, ces derniers jours, clairement montré le contraire », a-t-il attaqué regrettant que les autorités libanaises se contentent de « constater l’échec ».

Toutefois, il a plaidé pour éviter « la politique du pire » en déclarant la guerre au Hezbollah. Il a reproché à Saad Hariri de rajouter « un critère confessionnel » dans l’attribution des ministères, en concertation avec les anciens premiers ministres « sunnites ». D’après lui, cette condition n’était pas dans la feuille de route du 1 septembre. Hariri a renoncé plus tard à cette exigence. « Amal et Hezbollah ont, eux, décidé que rien ne devait changer en exigeant de nommer eux-mêmes leurs ministres. Ils n’ont fait aucune concession », a-t-il appuyé.

L’aide internationale conditionnée par les réformes

Macron a promis au peuple « frère et ami » du Liban que la France ne l’abandonnera pas. La « feuille de route » du 1 septembre demeure, selon lui, valable. Elle est présentée comme « la seule option viable » pour sortir le Liban de la crise.

Il a estimé que les réformes sont « une condition » pour que le Liban puisse bénéficier de « l’aide internationale » dont il a besoin pour sa « reconstruction ». Macron a annoncé l’organisation « d’ici la fin octobre » d’une conférence internationale pour « mobiliser l’aide internationale à Beyrouth ». Il a exigé que les résultats de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth soient rendus publics et que « les responsables soient désignés ».

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