Leila Aoudj, directrice artistique des Journées du film européen: « Les longs métrages évoquent la filiation, la famille et la transmission »

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Leila Aoudj, directrice artistique des Journées du film européen:
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Leila Aoudj est la directrice artistique des 6ème Journée du film européen qui se déroule à Alger du 4 au 11 novembre 2021. Les films sont projetés à la cinémathèque algérienne.

24H Algérie: Leila Aoudj , vous assurez la direction artistique des 6ème Journée du film européen d’Alger. Parlez-nous comment s’est faite la sélection des longs métrages ?


Leila Aoudj : J’ai assuré la direction artistique pendant plusieurs années, mais, là, c’est un peu particulier. L’exercice est différent. Habituellement, on fait un appel à films et on visionne pendant des mois pour sélectionner, trouver un direction, une cohérence. Cette fois, les films sont choisis par les ambassades des États membres de l’Union européenne. Parfois, elles proposent trois à quatre films pour faire un choix. Il y a donc une première présélection. Certains États nous ont laissé la liberté de sélectionner un film.


Et comment avez vous trouvé une cohérence entre les quatorze longs métrages sélectionnés ?


Leila Aoudj : Il y a toujours la magie du cinéma. J’ai regardé les films et j’ai trouvé des liens comme la filiation, la famille et la transmission. Il s’agit des thèmes principaux, les points communs entre les films sélectionnés. Le film espagnol « O que arde », par exemple, aborde la question de l’écologie, avec la thématique de la famille (rapport mère-fils). Cela peut être une famille artistique, politique, historique. La question est qu’est-ce qu’on se transmet entre nous ?


En plus des projections, la Délégation de l’Union européenne (DUE) organise d’autres activités. Comme le programme EUNIC (Instituts culturels nationaux des pays membres de l’Union européenne)…


Leila Aoudj : Oui, trente six  jeunes ont participé en septembre 2021 au programme de formation en ligne sur la critique cinématographique Jil Cilima ». Moi même, j’ai animé un atelier sur la programmation des films. Le groupe qui était de mon atelier a par exemple choisi les quatre courts métrages, projetés samedi 6 novembre 2021 (« Dont worry » de Jakob Grahl, « Une sœur » de Delphine Girard, « Hungry Seagull de Leon Wang et « Olmo » de Silvio Soldini). Les jeunes formés à la critiqué ciné assurent une critique écrite quotidienne. Cela leur permet de s’exercer, de continuer. Les jeunes, qui animent les débats, sont passés par l’atelier programmation. D’autres font partie des ciné clubs.


Justement, comment peut-on réussir une programmation de films dans une salle ?


Leila Aoudj : Il y a la programmation et la direction artistique. Il existe une nuance entre les deux. Si on me donne une salle de cinéma et qu’on me demande de faire une programmation de projection de films, là, tout dépend de l’objectif. Si j’ai une programmation art et essai d’une salle, l’objectif est de provoquer un débat sur un film ou de faire découvrir des films. Si j’ai une salle autre qu’art et essai, je voudrais que la salle soit fréquentée. La programmation se fera en fonction de cet objectif, on ne cherchera pas un lien entre les films.


Pour la direction artistique pour un festival, l’idée sera de faire une autre écriture des films qui sont programmés. L’ordre de projection des films est important. C’est comme un montage.


Pourquoi avez-vous choisi le film de la franco-libanaise Chloé Mazlo, « Sous le ciel d’Alice », pour débuter les 6ème Journées du film européen ?


Leila Aoudj : Chaque jour, les films projetés représentent un pays. Pour l’ouverture et la clôture, les films sont le choix de la DUE. « Sous le ciel d’Alice » est un film léger d’une certaine manière. J’ai trouvé la démarche artistique magnifique, cela évoque le Liban et la Suisse. Les thématiques principales sont réunies dans ce long métrage. Et, il faut éviter, pour le début du festival, de plomber l’ambiance. Pour la clôture (prévue le 11 novembre au soir), nous avons choisi « Hamada » d’Eloy Dominguez Seren, c’est un autre registre. Le choix du film s’est fait en partenariat avec le Haut commissariat aux réfugiés (HCR). Le documentaire évoque la vie de réfugiés sahraouis. Dans la programmation, il y a au moins deux films qui abordent la thématique des droits et de la situation de femmes comme « Her job » (du grec Nikos Labot) et « The audition » (de l’allemande Ina Weisse).


Qu’en est-il des films d’animation ?


Leila Aoudj : Nous avons choisi le mardi 9 novembre, jours de repos en après-midi pour les élèves, pour programmer deux films d’animation, « Jacob et les chiens qui parlent » de Edmunds Jansons (Lettonie-Pologne) et « La fameuse invasion des ours en Sicile » de Lorenzo Mattotti (France, Italie).

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