Législatives: la proclamation des résultats officiels prendra du temps

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Législatives: la proclamation des résultats officiels prendra du temps
Législatives: la proclamation des résultats officiels prendra du temps

Il faudra attendre au moins quatre jours pour avoir les résultats des élections législatives du samedi 12 juin. Le système de la liste ouverte, consacré par la nouvelle loi électorale, complique le comptage des voix.


Mohamed Charfi, président de l’Autorité nationale indépendante des élections(ANIE), a assuré que les résultats du vote pourraient être annoncés avant la fin du délai des 96 heures prévu par la loi électorale. C’est le scrutin le plus compliqué pour l’ANIE qui a eu déjà à gérer deux consultations électorales, la présidentielle de décembre 2019 et le référendum de novembre 2020.


« Le nouveau système de dépouillement se fera sur deux étapes, la première s’effectuera en fonction des listes et du nombre de sièges remportés par chaque liste, la deuxième concerne la révision de chaque bulletin et le calcul des points obtenus par le candidat selon les voix des citoyens », a détaillé Mohamed Charfi. Et, pour la première fois, les bulletins blancs seront comptés et non annulés.


56 candidats pour un siège à l’APN

L’opération va être longue puisqu’il y a près de 1500 listes électorales représentant plus de 21.000 candidats, en course pour 407 sièges, soit 56 candidats pour un siège à l’Assemblée populaire nationale (APB), chambre basse du Parlement.


« C’est une nouvelle expérience dans la construction de l’Algérie démocratique dont nous rêvons depuis que nous étions adolescents. Les chiffres que je vais donner montreront qu’il n’y a pas lieu de faire une comparaison avec les scrutins analogues par le passé. C’est un scrutin démocratique, il n’y a pas de chiffres manipulés ni de statistiques préétablies », a soutenu, samedi 12 juin, Mohamed Charfi avant d’ajouter : »C’est l’électeur qui déterminera le paysage politique et qui dessinera la configuration du Parlement ».


Protestation du MSP

Le MSP, qui a fait une campagne basée sur l’idée de la victoire « certaine » aux élections, s’est plaint, dans un communiqué, de « dépassements » dans certaines régions.


Selon le parti islamiste, des responsables de l’ANIE auraient refusé de remettre des copies de Procès-verbaux (PV) aux représentants des candidats. A Biskra et Khenchela, des candidats se sont plaints de comportements qualifié d’inexplicables de la part des représentants de l’ANIE.


Les chaînes de télévision privées comme Ennahar TV, Echourouk news et El Bilad ont retransmis partiellement en direct les opérations nocturnes de dépouillement dans certaines wilayas.


Mohamed Charfi a parlé de deux cas liés à « l’atteinte aux droits des candidats » sans donner plus de détails. Il a juste annoncé qu’une procédure judiciaire sera engagée.


Législatives: la proclamation des résultats officiels prendra du temps:

Opérations de vote empêchées

D’après les correspondants de presse, des manifestants ont empêché des opérations de vote à El Kseur, Tichey, Tazmalt, Amizour, El Asnam et Bechloul. Des urnes ont été saccagées à Tizi Ouzou et les bulletins éparpillés sur le sol, selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux.


D’après Liberté, les urnes ont été détruites à El Kseur à la dans la soirée du vendredi 11 juin.


A Béjaïa, Tizi Ouzou,  Bouira et Sétif, les bureaux de vote ont été fermés quelques heures après leur ouverture.
A Khenchela, des portraits de candidats ont été arrachés et brûlés la veille du scrutin, selon El Khabar.


L’empêchement et la perturbation des opérations de vote sont, pour rappel, sanctionnés par des peines de prison, selon les nouvelles dispositions pénales.


Le taux de participation en Kabylie n’a pas dépassé les 1 %. Au sud du pays, la participation était plus importante notamment à Tindouf, Bordj Badji Mokhtar, Laghouat et Illizi, près de 50 %.


« Nous sommes sur la bonne voie… »

Répondant aux questions de journalistes, au sortir d’un bureau de vote à l’école Aroua, au Club des Pins, à l’ouest d’Alger, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a minimisé l’impact de la faible participation. « Il m’est arrivé de dire que le taux de participation importe peu. Ce qui m’intéresse est que les gens qui seront élus auront la légitimité suffisante pour avoir le pouvoir législatif », a-t-il déclaré.


Interrogé sur les boycotteurs, Tebboune a répondu qu’ils avaient le droit d’avoir cette position à condition « qu’ils n’imposent leur opinion sur les autres ».


« Chacun est libre dans ce pays d’exprimer ce qu’il a dans le coeur et ce qu’il veut en respectant l’autre. La démocratie impose que la majorité respecte la minorité, mais c’est la majorité qui décide », a-t-il déclaré qualifiant l’acte de voter de « devoir national ».


« Nous sommes sur la bonne voie…Preuve en est les attaques qu’on subit de certaines parties. Certains n’acceptent pas que l’Algérie entre en démocratie par la grande porte et donne réellement la voix à son peuple. En tant que président, je crois à l’article 7 de la Constitution qui consacre la souveraineté du peuple, pratiquée par l’élection », a-t-il dit.


Il a expliqué que les législatives sont la deuxième étape dans « le processus du changement et la construction de l’Algérie nouvelle et démocratique » après le référendum sur la Constitution et avant les élections locales prévues l’automne prochain.

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1 commentaire

  1. Comment a t on pu donner des taux partiels aussi précis à 10h , puis à 14h , à 16h et à 19h pour nous dire maintenant que les taux à 20h AVOISINANT les 30 % .
    Quelle est cette entité qui a arrêté ce scrutin aussi complexe alors que toutes les élections répondent à des formes plus basiques : liste à la proportionnelle ou encore majoritaire à un tour ou majoritaire à deux tour. C’est vraiment du n’importe quoi que de pouvoir cocher le nom d’un candidat qui est sur une liste. C’est ce qui explique cette floraison de bulletin dans des bureaux de votes au point où le président Tebboun à eu des difficultés pour ramasser les bulletins .
    Une perte de temps, une perte d’argent et une perte de crédibilité lorsqu’on sait que plus il y a de candidats , plus on ouvre la voie aux spéculations .

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