La Maison de la cravate, un lieu où s’allient bon goût et savoir-faire

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La Maison de la cravate, un lieu où s'allient bon goût et savoir-faire
La Maison de la cravate, un lieu où s'allient bon goût et savoir-faire

Depuis 1963, les petites mains de « la Maison de la cravate » confectionnent la pièce maîtresse de l’habillement classique de ces messieurs. Ce savoir-faire, propre à la famille Amrouche, propriétaire de cette boutique, évolue avec l’ère du temps. Si vous êtes promu ou si vous vous mariez en cette période de Coronavirus, « la Maison de la cravate » a pensé à vous. Cravate, nœud papillon et masque assorti sont disponibles dans la boutique situé à la rue Abane Ramdane ex-rue de la Lyre.

La maison de la cravate

En franchissant l’entrée de la boutique, le visiteur remarque d’emblée que ce n’est pas une simple boutique de cravates. La maison de la cravate est un univers dédié à ce petit détail du costume qui signe toute son élégance. Elles se déclinent sous toutes les formes et les couleurs, cousues dans des fibres nobles, des cravates, nœuds papillons, et écharpes sont soigneusement exposées dans chaque coin de la boutique.

Deux cravates attirent l’attention, elles sont précieusement gardées dans un coffre en bois et accrochées à l’entrée. « Ces deux pièces historiques sont les deux cravates officielles que mon père a confectionné à l’occasion des jeux méditerranéens de 1975 et les jeux africains de 1978 », relate fièrement Mohamed fils du défunt Amrouche Ahcene, fondateur de « La maison de la cravate ».

La maison de la cravate a été fondée par le défunt maître tailleur Amrouche Ahcene. Aujourd’hui cet héritage est entre les mains de son fils Mohamed Amrouche. Pharmacien de formation, Mohamed prend les rênes renne de l’entreprise en 2002. Il dit fièrement que la reprise de l’entreprise familiale « est un devoir honorable car c’est un précieux legs.

Amrouche Ahcene a appris le métier de tailleur à Constantine dans les années 40. De retour à Alger il s’établit dans une petite échoppe à la célèbre rue Malakoff. A cette époque l’atelier de Amrouche Ahcène était une couverture pour les moudjahidine. Mohamed tient de son père que petit Omar récupérait les lettres de son atelier. Mohamed se souvient également que son père lui avait confié que Larbi Ben M’hidi était son client « c’est mon père qui a cousu le veston que Larbi Ben M’hidi portait le jour de son arrestation » confie Mohamed.

Ce n’est qu’après l’indépendance que le père de Mohamed s’installe à la rue Abane Ramdane ex-rue de La Lyre.

Au sous-sol, les « petites mains  » de l’atelier

Les uniques sons qu’on entend, sont ceux des machines à coudre et coup de ciseaux. Elles sont sept ouvrières, chacune d’entre elles munie de sa machine à coudre réalise une étape de la confection de la cravate.

Si de prime abord la cravate semble être une pièce relativement simple à réaliser, en réalité celle-ci implique des techniques complexes dans sa confection.

La fabrication passe, essentiellement, par trois étapes : le choix du tissu, la coupe, et l’assemblage.

« Une cravate nécessite un mètre de tissu, celui-ci est coupé en biais à 45 degrés. A l’aide du patron, on découpe les différentes parties, à savoir le grand pont, le petit pont et le pont du milieu. Pour ma part je m’occupe du choix du tissu et de la coupe, ensuite les ouvrières assemblent les différentes parties, après le repassage on insère la triplure qui maintient la cravate droite « , détaille Mohamed.

Une fois les finitions accomplies, les cravates sont étiquetées. Mohamed explique que l’établissement dispose de deux marques déposées, à savoir « la Maison de la cravate  » et  » Tie-House « .

Une cravate à la main, Mohamed explique que l’on reconnaît une cravate bien cousue par son poids, sa matière, et son gonflant. Il ajoute que jusqu’au dernier point de couture, le travail doit être minutieux.

Le défit de durer en misant sur de nouvelles idées

La boutique a fermé pendant deux mois à cause du confinement. Depuis la reprise, il n’y a pas grand monde qui vient acheter des cravates selon Mohamed. Mais l’atelier doit reprendre. Mohamed innove, et s’adapte à la situation. Depuis la reprise l’atelier, les couturières confectionnent des masques en soie. Légers et adaptés à la forme du visage, le masque de la maison de la cravate attire de plus en plus de clients.

« les temps sont durs même sans la pandémie. Je me souviens d’une époque prospère où les produits de « la Maison de la cravate  » avaient le monopole sur le marché. Des acheteurs venaient à la boutique de mon père de tout le territoire national. Pour l’emballage, il y avait au moins trois personnes et une vingtaine d’ouvrières à l’atelier », raconte Mohamed en souvenir d’une époque faste où la demande était à profusion.

Une époque, hélas, révolue. L’importation arrive et les temps difficiles s’installent pour le produit local de façon durable. Face à l’importation excessive, la « Maison de la cravate » connaît d’autres difficultés. Le manque de tissus qui jusqu’à ce jour n’a pas été résolu.

Malgré les multiples difficultés qui entravent son travail, Mohamed ne manque pas de créativité. Grâce à l’impression numérique, il fait des cravates personnalisées. « Du temps de mon père, nous faisions la cravate personnalisée. Avant nous travaillons avec une entreprise nationale de tissage à qui on soumettait le logo de l’entreprise en précisant le nombre de cravates. Une fois le tissu Jacquard prêt on se chargeait de la coupe. Seulement pour ces commandes-là on ne prenait pas moins de 500 cravates », explique encore Mohamed.

Aujourd’hui, il procéde différemment grâce à la conception numérique. « Je fais la conception de la cravate personnalisée sur l’ordinateur, une fois la maquette prête, j’emmène le tissu chez un imprimeur qui va appliquer le logo sur le tissu grâce à une impression numérique ». Cette nouvelle méthode lui permet de prendre de petite commande et satisfaire le client.

Petit message pour les supporters de l’USMA, une édition spéciale de masques personnalisés, est vendue à « La Maison de la cravate ».

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