Il était une fois Sami Che

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Il était une fois Sami Che

Autodidacte, c’est à dire formée hors de toutes écoles, libre des contraintes universitaires, Sam Che, qui vit en France,  a pris un chemin solitaire, livrée à soi, à sa liberté de créer et à son imaginaire propre. Auparavant photographe elle a collaboré avec le grand Fayçal Bezzaoucha entre autres.

Des couleurs fortes, joyeuses, des femmes aux cheveux longs (comme son père imaginait la beauté dit-elle) dont elle peint les bouches en coeur, elles jouent de la musique avec ould et bendir, dansent, prennent le café dans un jardin sous un arbre paradisiaque, assises sur un tapis prêt à s’envoler vers le ciel.

Scènes de la vie quotidienne dans un univers onirique dont seul le manque du regard sur les visages pourrait trahir l’absence, la carence de l’homme parti ou la mort du père ?

Sami Che

Certains l’ont qualifiée de « peintre naïve », qualificatif que l’on pose que trop souvent sur la peinture « indigène », sur le féminin, pour marquer le complexe de classe de ceux qui ont pu apprendre … par les autres.

D’autres ont parlé d’une filiation avec Baya, alors que l’univers de Sami Che respire la joie, là où la mélancolie de Baya transpire et cerne de noir ses personnages dont l’oeil fixe scrute celui qui regarde.

Les femmes de Sami Che sont en mouvement, semblent gouter à la vie.

L’artiste aime les contes, les histoires d’antan aux moments des veillées et le Petit Prince de Saint Exupéry. Les grandes mains trahissent la générosité et la gourmandise de la vie.

Pour ma part je pense à Fatima Hassan a une différence prés majeure le jeu des couleurs et du rouge en particulier.

L’artiste sature l’espace dont le tracé des formes est fluide, accorde aux détails un souffle quasi musical par la répétition du motif des robes, des tapis et des bijoux à l’instar d’un Racim.

Rouge, nous dirait Michel Pastoureau, chercheur, historien médiéviste, spécialiste de la symbolique des couleurs, le rouge donc, première couleur, que l’homme a maitrisée et restée en Occident, longtemps ,la couleur par excellence, riche sur le plan symbolique (le sang du Christ), admirée par les Grecs et les Romains et dans le monde profane couleur de l’amour, de la gloire et la beauté comme celle de l’orgueil ou de la violence.

Sami Che

Le rouge « Ahmar » chez les arabes, » Azegagh » chez les kabyles est autant recherché chez les femmes que chez les hommes, c’est celui du henné, du corail, du swak, des tapis, des chéchias ou fez …

Le Rouge est aussi la teinte politique celle des forces progressives voire subversives.

Alors quand on commence à confondre le le jour et la nuit, c’est une couleur qui met nos angoisses à terre dans les rues qui prennent le soleil et la lune, les cils fermés sur la mer.

Il était deux fois Samia Cheloufi …

Sami Che

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