Musique: Hommage à Dib El Ayachi et Abdelkader Chercham

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Musique: Hommage à Dib El Ayachi et Abdelkader Chercham
Musique: Hommage à Dib El Ayachi et Abdelkader Chercham

Les chanteurs Dib El Ayachi et Abdelkader Chercham ont été honorés au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi (TNA) à Alger, lors une cérémonie d’hommage organisée samedi 6 mars par l’Association artistique et culturelle 3e Millénaire d’Alger.

« Après plus d’une année d’arrêt, nous revenons sur scène. Notre association en coordination avec l’ONDA (Office national des droits d’auteurs) a décidé d’honorer ces deux artistes. Nous préférons rendre hommage aux artistes de leur vivant, cela ne sert à rien de le faire après leur disparition. Depuis 2000, nous n’avons jamais cessé d’organiser des cérémonies pour honorer les artistes algériens de la télévision, du cinéma, du théâtre, de la radio ou de la musique », a précisé Sid Ali Bensalem, président de l’Association 3e Millénaire.

« Un pays sans patrimoine est un pays en ruines »

« Avec l’âge, l’artiste perd de son énergie. La relève est bien assurée aujourd’hui avec des jeunes conscients, cultivés et formés. A notre époque, nous avons appris par l’écoute. Aujourd’hui, les enregistrements sont disponibles. Nous transmettons ce que nous avons appris aux jeunes pour qu’ils en prennent soin. C’est une amana. Nous devons sauvegarder notre patrimoine. Un pays sans patrimoine, est un pays en ruines », a déclaré, pour sa part, Dib El Ayachi.

Selon lui, le malouf, un des trois genres de musique savante arabo-andalouse algérienne, se porte bien. « Il y a encore un public pour le Malouf, qui écoute et apprécie cette musique. Mais, il faut dire que ce n’est plus le public des années 1970-1980 », a confié cet élève fidèle de Mohamed Tahar Fergani, le maître du malouf constantinois.

Il a conseillé les jeunes interprètes du malouf  de bien apprendre le chant, le sentir. « Je mémorise tout. Je n’aime pas chanter sur scène en ayant sous les yeux les paroles, cela me déconcentre », a-t-il dit. Dib El Ayachi est attaché autant que la plupart des interprètes du malouf à la tradition de ne rien écrire et tout apprendre avec « le tikrar » (la répétition).

« Le chaâbi est comme le roseau… »

« Je suis ravi que cet hommage vienne de mon vivant. Il ne faut donc pas attendre le dernier voyage pour le faire », a déclaré, pour sa part, Abdelkader Cherchame.  « Vous savez, le chaâbi est comme le roseau, se plie au vent et revient à sa place. Le châabi est aujourd’hui présent dans toute l’Algérie. C’est notre authenticité », a-t-il ajouté.

Abdelkader Bendamèche, spécialiste de la musique chaabie et actuel directeur de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), confirme les propos d’Abdelkader Cherchame. « Le châabi se transmet d’une génération à une autre. Le châabi des années 1950 n’est plus le même que celui d’aujourd’hui, il évolue avec le temps. El Anka a modernisé le châabi. Cette modernisation se poursuit toujours d’une époque à une autre », a-t-il noté.

Abdelkader Cherchame est, pour lui, l’un des élèves brillants de M’Hamed El Anka (il s’est distingué dans l’interprétation des Qcidates). « Il figure dans le même groupe que les grands chyoukhs comme Khelifa Belkacem, Hadj M’Rizek et autres. Il est un des symboles du patrimoine immatériel algérien », a-t-il noté. Selon Sid Ali Bensalem, l’Association 3ème Millénaire envisage d’honorer prochainement le chanteur Mahboub d’El Oued et le chanteur-compositeur Rahal Zoubir d’Oran.

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