Le festival du rai « s’invite » à Oran, rencontre de deux générations de chanteurs

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Le festival du rai
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Le 12ème Festival national du rai, qui  se poursuit au théâtre de verdure Hasni Chekroun, connaît une affluence record à Oran. 
Les deux premières soirées du festival, qui se déplace exceptionnellement à Oran, se sont déroulées avec des portes fermées. Le théâtre de verdure Hasni Chekroun était archi comble, dimanche et lundi, 26 et 27 juin 2022.
Le festival du rai demeure l’une des manifestations culturelles les plus populaires en Algérie.


 « Le festival du rai s’est déplacé cette année à Oran à la faveur de l’organisation des 19ème Jeux Méditerranéens à la demande de la ministre de la Culture et du Comité d’organisation de cette manifestation sportive. Oran sans rai, cela ne veut rien dire. C’est la ville de naissance de ce genre musical. Nous avons invité des stars, anciennes ou actuelles, pour animer les soirées », a précisé Mohamed Bousmaha, commissaire du festival.


Il a souligné qu’une vingtaine d’artistes participent au festival accompagné par la maestro Amine Dahane.


« Pas de différence entre la chanson oranaise et le rai »

La soirée d’ouverture a été animée par Cheb Naciro, Samad, Houari Benchenet  et Cheikh Naam. Artiste émergent, le jeune Samad a été découvert lors du concours « Ghani Djazairi ». Le festival de rai 2022 est l’une de ses premières grandes scènes. « J’ai la chance de rencontrer des artistes établis. j’ai interprété une reprise « Loukan dirou alik baba hdid ». Je prépare actuellement mes premières chansons. Je ne fais pas de différence entre la chanson oranaise et le rai. Le rai est « sorti » de la chanson oranaise et est allé vers une plus de modernité sur le plan musical », a expliqué Samad.


Le jeune chanteur dit être prêt à « redresser » la barre du rai, un art qui s’affaiblit sur le plan des paroles et de la poésie chantée.
« Mon objectif est de redonner de la force et de l’esprit au rai comme par le passé. Je souhaite que le rai reprenne bien sa véritable place », a souligné Samad.


Cheb Naciro, qui fait partie des personnes aux besoins spécifiques, va dans le même sens et souhaite que la chanson rai devienne « plus engagée ». « Le rai doit redevenir un art populaire qui a un sens. Un art qui peut plaire aux familles qui sont ce soir nombreuses dans le théâtre de verdure d’Oran », a-t-il dit.


Houari Dauphin souhaite « un retour » du festival du rai à Oran

Houari Dauphin, qui appartient à une autre génération, salue le retour du festival du rai à Oran, « sa véritable place ». « Ce festival se tenait déjà à Oran dans les années 1980 avec des artistes tels que Khaled, Bellemou et d’autres. J’espère qu’il restera à Oran. Je demande au ministère de la Culture de ne pas abandonner les anciens artistes. Ils ont encore à donner. Je demande aux  jeunes artistes d’améliorer les paroles. Aujourd’hui, les gens disent que le rai a perdu en qualité », a souligné l’interprète de « Nsat ki kanet ».


Les chanteurs de ce genre musical sont, selon lui, tous des « des ambassadeurs du rai ». « Le rai est un style algérien. Facebook, Tiktok et les réseaux sociaux ont eu une influence négative sur le rai. N’importe qui fait n’importe quoi sans aucun contrôle. Les gens du rai sont toujours là, chantent bien en s’appuyant sur de belles paroles. Des chansons que tout le monde peut écouter », a relevé Houari Dauphin.
Avec Amine La Colombe, Houari Dauphin prépare un nouveau single qui sera lancé en juillet prochain.


Mohamed Bousmaha, qui est lui-même chanteur, a rappelé que la chanson rai est née d’abord dans la rue. « Le rai est sorti du melhoun, du madih et des chansons de souks, de fêtes de mariages et de hadra. Les paroles du rai sont en daridja de l’ouest algérien. Dans le festival, nous avons veillé à inviter des artistes qui savent ce qu’ils chantent. Cela dit, le rai est art populaire. Donc, il est difficile de plaire à tout le monde. En tant que chanteur , je ne peux pas répondre aux demandes de toute la société », a-t-il dit.


Il a indiqué que le festival a fait le choix des chansons à interpréter sur scène « sans contrainte pour les artistes ». Un hommage a été rendu à Cheb Hasni et à Cheikha Remitti lors des deux premières soirées du festival qui se poursuit jusqu’au 30 juin 2022.  

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