Au Festival du raï à Oran, Zahouania insiste sur l’algérianité « d’un art mondial »

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Au Festival du raï à Oran, Zahouania insiste sur l'algérianité
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Cheba Zahouania a fait sensation, jeudi 30 juin au soir, au théâtre de verdure Hasni Chekroun à Oran lors de la clôture de la 12ème édition du festival national de la chanson Raï.
Le public nombreux a adhéré rapidement aux chansons de la doyenne de la chanson raï, entrée vite dans « le vif » du sujet. Elle a notamment interprété « Li maani alik », une chanson dans le style medahette, comme si Zahouania revenait à ses premières amours, à ses débuts. Elle a ensuite enchaîné avec « Hbibi ala alal », avant de reprendre un titre connu de Cheba Zohra et Cheb Hamid, « Ana wiyek ».


 « Je suis ravie de voir le festival du raï revenir à Oran surtout avec des familles, des mamans, des enfants. Le théâtre était archicomble ce soir. Ceux à l’extérieur étaient plus nombreux que ceux à l’intérieur. C’est un festival réussi à 100 %. Il n’est pas facile d’attirer tout ce public. C’est la grande fête à Oran avec les Jeux Méditerranéens aussi.

Oran est généreuse et ses invités ne passent pas la nuit dehors. Ses portes sont toujours ouvertes autant que les cœurs de ses habitants », a déclaré Zahouania, après le spectacle.
Les invités des 19ème Jeux Méditerranéens doivent, selon elle, garder une belle image d’Oran et de l’Algérie.


« Cet art est comme un palmier généreux »

Elle a salué le retour du festival national du raï à Oran. Le festival se tient annuellement à Sidi Bel Abbes. « A Sidi Bel Abbes, nous étions à chaque fois bien accueillis. Que le festival se tienne à Oran ou à Sidi Bel Abbes, ça sera toujours bien », a-t-elle dit.
Zahouania a plaidé pour que le raï garde un certain niveau. « Nous n’avons pas porté mal à cet art, mais nous l’avons guéri. Cet art est comme un palmier généreux, il donne toujours des fruits. Le raï a fait le tour du monde. Nous avons rempli les grandes salles comme le Bataclan, l’Olympia, le Zénith, le siège de l’Unesco… Nous ne sommes pas éternels. Il y a une relève, avec de belles voix. Des chanteurs et chanteuses qui ont toute leur place. Il faut avoir un grand cœur pour réussir », a-t-il dit.


Pour elle, la chanson raï est mondiale. « Dans certains pays, je me suis souvent si le public comprenait ce que je chantais. A Tokyo, les spectateurs ont vite adhéré à mon concert, j’en étais étonnée. Le raï est algérien. Il n’y a aucune discussion là-dessus. Il n’y a qu’à citer Messaoud Bellemou, Boutaiba Seghir, Cheikha Remitti, Cheikha Djenia…Ils ont montré la voie du raï moderne. J’ai marché sur leurs traces. J’ai commencé avec les vraies Medahates. Je salue les Medahates qui ont bien assuré la transmission », a-t-elle souligné.
Beaucoup de chanteurs raï se réclament aujourd’hui de l’art des medahatte comme Abdou, Bouarfa, Cheikh Sid Ahmed, Houari Manar, Cheikh Mourad, Houari Napoli…


« Nous voulons que les jeunes prennent le relais »

« Nous voulons que les jeunes prennent le relais et aillent loin avec le raï. Je suis heureuse de voir un jeune chanteur algérien faire un concert dans une grande salle comme Bercy à Paris. Pour moi, avant d’être artiste, il faut être bien éduqué. Un homme éduqué va loin. Chanter, c’est facile, mais avoir de l’éducation, il faut tout un travail », a répondu Zahouania à une question sur la qualité des chansons actuelles du raï, marquées par une faiblesse des paroles et des compositions.
Zahouania a rendu hommage particulier à Cheb Hasni avec qui elle avait fait plusieurs duos dont « Chlaghmek Degoni », « Ya el hemmam el ghali », « Lila ou nhar », « Ghir hbibi oua na »… dans les années 1990.


« Hasni était un grand artiste. C’ était un homme généreux qui aimait les gens. Difficile de tout dire sur Hasni. C’ était un homme éduqué. Il aimait l’Algérie. Il avait une résidence de dix ans en France, mais préférait rester dans le pays. Il disait qu’il ne supportait pas de vivre à l’étranger. Il aimait se rendre chez Disco Maghreb (Boualem) où il restait pendant des heures. Il aimait rester avec sa mère à Gambetta », s’est souvenue Zahouania.


« Le raï doit porter une belle image de la culture algérienne »

Jeudi soir, la scène a été partagée avec Kader Japonais qui a interprété des titres connus de son répertoire « Inti Sbabi » et « Ngod wahdi je m’en fou ». Le public a complètement adhéré au show. Idem pour le concert de Bilal Sghir, un chanteur populaire à Oran qui a pris tout son temps pour prendre des selfies avec les jeunes fans.


« C’est un public fort. Je ne m’attendais pas à voir une telle assistance. J’espère que l’Algérie restera toujours en fête. Je pense que le raï poursuit son petit bonhomme de chemin malgré le changement de générations. Il y a certaines carences à combler et les gens sont en train de rectifier certaines choses. Il faut améliorer les paroles. Quand on sème les épines, on récolte les épines. Et quand on sème les roses, on récolte les roses. Le raï doit porter une belle image de la culture algérienne », a-t-il déclaré après le concert.


Il a souhaité que le festival national de raï se déplace dans toutes les wilayas à tour de rôle. « Parce que le raï est un genre musical algérien. Il fait partie de la culture algérienne », a insisté Bilal Sghir. 

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