Fermeture des usines automobiles : 51.000 postes d’emploi perdus en 2020

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Plus de 51.000 postes d'emploi ont été perdu en 2020 suite à la fermeture des usines automobiles et à l'arrêt de l'importation des produits destinés au montage des appareils électroménagers

Plus de 51.000 postes d’emploi ont été perdu en 2020 suite à la fermeture des usines automobiles et à l’arrêt de l’importation des produits destinés au montage des appareils électroménagers. Une information donnée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, El Hachemi Djaaboub ce 15 mars à Chlef.

« L’année 2020 a été marquée par la perte de 51.000 postes d’emploi suite à la fermeture des usines de montage automobile et à l’arrêt de l’importation des produits destinés aux usines de montage des appareils électroménagers », a déclaré le ministre dans une allocution prononcée au siège de la wilaya au terme d’une présentation sur l’état du secteur.

Pour rappel, l’Etat a décidé la fermeture des usines de montages automobiles accusant les patrons de ces dernières de corruption.

Ainsi le projet de construction d’usines de montage automobile, censé devenir le fleuron de l’industrie en Algérie, a tourné au fiasco.

Usines automobiles: du partenariat à la controverse au fiasco

L’industrie automobile y a vu le jour en 2012 à la faveur d’un partenariat entre Renault et le gouvernement algérien, qui a débouché en 2014 sur la construction de la première usine de production de voitures, à Oran. D’autres ateliers de montage ont été créés lorsque les autorités ont contraint les concessionnaires automobiles à produire localement via des partenariats avec des marques étrangères.

Après Renault, le sud-coréen Hyundai et l’allemand Volkswagen ont ouvert en 2016 et 2017 leurs usines à Tiaret et Relizane.

Cette filière de montage automobile était devenue une priorité pour l’Algérie qui cherchait à réduire ses importations et diversifier son économie face à la chute des revenus pétroliers, source de plus de 90% de devises.

Mais dès le printemps 2017, les usines automobiles se sont retrouvées au cœur la controverse.

Les autorités ont dénoncé des « importations déguisées » et dépêché une commission d’enquête chez Hyundai après la diffusion d’images sur les réseaux sociaux de modèles importés quasi complets, sur lesquels ne restait qu’à monter les roues.

Fin juillet 2017, l’ex-ministre de l’Industrie, Mahdjoub Bedda, aujourd’hui en prison pour son rôle dans ce dossier, a suspendu tout nouveau projet de montage automobile.

Ce fiasco est dû principalement au SKD (« semi knocked down »), qui consiste à importer un véhicule en kits prémontés, simplement rivetés ou boulonnés sur place. Ce système a ouvert la voie à des abus tels des importations « déguisées », des transferts illicites d’argent à l’étranger ou des surfacturations pour gonfler les prix de revient des véhicules « montés ».

Après la chute du président Abdelaziz Bouteflika en avril 2019 et la condamnation de plusieurs patrons d’usines de montage, le président Abdelmadjid Tebboune, arrivé au pouvoir en décembre 2019, a promis de remettre à plat le secteur entaché par la corruption.

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