Facebook ferme des comptes de désinformation « liés à l’armée française » et visant des pays africains

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Facebook ferme de faux comptes
Les comptes, qui se faisaient passer pour des Africains, ont été supprimés ... avec d'autres comptes de trolls russes.

Les services du réseau social Facebook ont accusé hier, mardi 15 décembre 2020, des « personnes liées à l’armée française » d’avoir mené une campagne des opérations d’influence, de propagande et de désinformation, visant certains pays du continent africain, dont l’Algérie et les pays du Sahel.

C’est la première fois qu’une armée occidentale est publiquement soupçonnée d’être liée à une campagne semblable. Précédemment, c’est le gouvernement russe qui avait été accusé par le réseau social d’être lié ou derrière des centaines de pages et comptes de propagande. Les tactiques utilisées par ces pages et comptes, consistant à se faire passer pour un habitant local, ont également été adoptées par les personnes liées à l’armée française.

Facebook dit être « incapable » de confirmer si cette campagne était directement dirigée par l’armée française ou pas. Les opérations visaient le Centrafrique et le Mali, « et dans une moindre mesure », le Niger, le Burkina Faso, l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Tchad.

Les comptes, qui se faisaient passer pour des Africains, ont été supprimés … avec d’autres comptes de trolls russes. Le recours aux mêmes tactiques s’expliquerait, selon la même source, par un travail conjoint. « Bien que nous ayons déjà vu des opérations d’influence cibler les mêmes régions par le passé, c’est la première fois que notre équipe trouve deux campagnes – de France et de Russie – s’engager activement l’une avec l’autre, notamment en se liant d’amitié, en commentant et en critiquant la partie adverse pour son faux », ont écrit Nathaniel Gleicher, responsable de la politique de sécurité, et David Agranovich, responsable de la perturbation des menaces mondiales.

Il s’agit d’environ 100 comptes et pages Facebook et Instagram liée à l’opération présumée, menée par des personnes soupçonnées à leur tour d’être à l’armée française. Les pages comptaient environ 5000 abonnés sur Facebook, a déclaré la société. Les pages russes, elles, comptaient environ 6 millions d’abonnés.

Selon le rapport, les comptes français présumés africains « publiaient principalement en français et en arabe sur l’actualité, y compris la politique de la France en Afrique francophone, la situation sécuritaire dans des pays africains, les allégations d’ingérence potentielle de la Russie dans les élections en Centrafrique ou encore des commentaires de soutien sur l’armée française qui critiquent une implication de la Russie en Centrafrique ». Des élections auront prochainement lieu dans ce pays.

Le même rapport ne donne pas plus de détails sur les opérations menées en Algérie.

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