Début ce dimanche des épreuves du Baccalauréat : la triche criminalisée pour la première fois

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Etudiants
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Les épreuves du Baccalauréat débutent ce dimanche 13 septembre pour se dérouler pendant cinq jours dans des conditions exceptionnelles en raison de la pandémie de la Covid-19 et des mesures anti-fraude. Elles concernent 6637.538 candidats qui seront encadrés par 192.300 enseignants dans 2261 centres d’examen au niveau national. 

Les épreuves ont été retardées de près de deux mois en raison de la crise sanitaire, « Toutes les procédures organisationnelles et mesures préventives sont prêtes pour accueillir les candidats », a déclaré Mohamed Ouadjaout, ministre de l’Education nationale.

Il a évoqué la nécessité de respecter les mesures barrières dans les centres d’examen et de correction. A cet effet, quatre protocoles sanitaires ont été mis en place pour éviter toute contamination au coronavirus. Le port du masque est obligatoire autant pour les candidats que pour les encadreurs. Dans les salles d’examen, les mesures de distanciation physique seront appliquées. Avant l’entrée en salle, une prise de température sera faite pour chaque candidat. Et chaque centre d’examen sera doté d’une salle d’isolement dans le cas de détection d’un malade. 

«Le gouvernement s’est engagé à offrir les outils et moyens de prévention au sein des établissements concernés partout sur le territoire national », a rassuré Mohamed Ouadjaout. Sur le plan pédagogique, les questions retenues pour les épreuves ne concernent que les cours dispensés en classe durant les deux premiers trimestres 2020. Les cours enseignés à distance durant la période de confinement sanitaire ne sont pas pris en compte, selon les syndicats de l’éducation.

La fuite des sujets passible de peines de prison.

Le ministère de l’Education a annoncé l’entrée en vigueur cette année des mesures anti-triche pour la première fois dans l’histoire des examens en Algérie. La loi 06/20 du 28 avril 2020 modifiant et complétant l’ordonnance 66/156 portant code pénal prévoit, en son article 253 bis alinéa 6, une peine d’emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 100.000 à 300.000 dinars, pour « quiconque diffuse ou divulgue, avant ou pendant les examens ou les concours, les questions et/ou corrigés des sujets d’examens finaux d’enseignements primaire, moyen ou secondaire ou des concours de l’enseignement supérieur ou de la formation et de l’enseignement professionnels ainsi que des concours professionnels nationaux ».

Est passible des mêmes peines, quiconque se substitue au candidat lors des examens, selon la même disposition. « La peine est l’emprisonnement de cinq à dix ans et l’amende de 500.000 à 1.000.000 dinars, si les actes mentionnés à l’article 253 bis 6 sont commis par : les personnes chargées de préparer, d’organiser, d’encadrer ou de superviser les examens et les concours ; un groupe de personnes ; l’utilisation d’un système de traitement automatisé des données et l’utilisation des moyens de communication à distance », est-il prévu dans l’article 253 bis alinéa 7. La peine peut aller jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle si les fuites entraînent l’annulation de l’examen.

Escorte aérienne des sujets

Selon la même loi, les autorités procèdent à la confiscation des instruments, programmes et moyens utilisés dans la commission des infractions et à la fermeture du site ou du compte électronique utilisé dans la commission de l’infraction ou à l’interdiction de l’accès à ce site et à la fermeture des locaux et lieux d’exploitation dans le cas où le propriétaire a eu connaissance de l’infraction. 

Mohamed Ouadjaout a déclaré que ces mesures visent à  « préserver la crédibilité des examens et à perpétuer le principe d’équité et d’égalité des chances »La sensibilisation demeure, selon lui, la meilleure solution pour prévenir la triche aux examens. En 2016, le bac a été marqué par une fuite massive des sujets, suivie d’une enquête judiciaire. Le « mécanisme » de cette fuite, qui semblait organisée, n’a toujours pas été dévoilé. Depuis cette date, les pouvoirs publics coupent la connexion internet pendant les heures de l’examen provoquant, à chaque fois, une vague de contestation des utilisateurs et un arrêt partiel de l’activité économique.

Les services de sécurité sont fortement mobilisés pour sécuriser le transport des sujets et des copies avant et après des épreuves. Cette année, la DGSN a mobilisé plus de 15.000 agents pour sécuriser le bac alors que la gendarmerie nationale a mis en place « un plan spécial » pour sécuriser l’examen.

« Le plan vise aussi l’accompagnement et la protection de la distribution des sujets d’examen à partir des sièges des directions de l’Éducation des wilayas vers les centres d’examen, outre l’escorte aérienne des sujets transportés aux centres d’examens des régions du Sud et le transfert des copies d’examen aux centres de correction », a précisé la gendarmerie nationale.

Le bac 2020 en chiffres :

  • 6637.538 candidats
  • 413.870 candidats scolarisés
  • 223.668 candidats libres
  • 192.300 encadreurs
  • 2261 centres d’examen
  • 81 centres de correction
  • 48.000 correcteurs
  • 4647 détenus se présentent au Bac
  • 15379 policiers mobilisés pour la sécurisation des centres d’examen

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