Djaffar Gacem : « Le chemin des Oscars est encore loin… »

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« Héliopolis », le premier long métrage de Djaffar Gacem, est retenu pour représenter l’Algérie à l’Oscar du meilleur étranger en 2021. Le comité national présidé par le cinéaste Mohamed Lakhdar Hamina a retenu ce film, présenté à la presse, ce mercredi 4 novembre 2020, à la salle Ibn Zeydoun, à Alger. « Nos chances sont faibles.  Le film est présélectionné aux Oscars, pas sélectionné, pour représenter l’Algérie. Le chemin des Oscars est loin. Pour y accéder, il faut que l’État mette beaucoup de moyens. Le film doit être soutenu financièrement jusqu’au bout. Les Oscars, c’est d’abord un lobby financier. Si on ne paye pas un distributeur et un communicateur aux États-Unis, on n’a pas la chance d’aller loin », a déclaré Djaffar Gacem, lors du débat qui a suivi la projection du long métrage. La 93ème cérémonie de remise des Oscars est prévue le 25 avril 2021 à Los Angeles, aux Etats Unis.

« Nous avons beaucoup travaillé sur les décors »

Djaffar Gacem a pris quatre ans pour co-écrire le scénario (avec Salah eddine Chihani et Kahina Mohamed Oussaïd) et une année pour préparer le tournage. Un tournage qui s’est déroulé en dix semaines en 2018 dans des décors naturels.

« Dommage qu’il n’existe pas de studios de cinéma en Algérie. Nous étions obligés de faire un gros travail de repérage dans plusieurs villes d’Algérie. Nous n’avons pas trouvé d’endroits encore authentiques par rapport à l’ère coloniale à Guelma. Nous avons finalement tourné à El Maleh (ex-Rio Salado), à Ain Temouchent, où il existe encore de l’architecture coloniale, à Sidi Bel Abbes, Tlemcen et Alger-centre. Nous avons beaucoup travaillé sur les décors, les costumes et les accessoires », a précisé le cinéaste. Il a regretté l’inexistence en Algérie de moyens pour suivre tout le processus de post-production (laboratoires).

« Mon souhait est qu’Héliopolis soit projeté dans toutes les salles en Algérie »

Djaffar Gacem a annoncé que le film « Héliopolis » a été proposé au dernier festival international d’El Gouna, en Egypte, mais qu’il n’a pas été retenu. L’argument avancé est que la sélection a été réduite de 50 % en raison de la pandémie de Covid-19. Une copie de travail du film a été proposée au Festival de Cannes. Non retenu. Le cinéaste a indiqué que les longs métrages coproduits et ayant déjà un distributeur ont plus de chance d’être sélectionné dans les festivals internationaux.

« Qu’on s’entende bien, mon film est adressé d’abord aux Algériens, même si je souhaite qu’il parte loin. Mon souhait est qu’Héliopolis soit projeté dans toutes les salles en Algérie aux fins que le public renoue avec les salles. Nous avons même prévu une tournée dans les villages pour organiser des projections gratuites. Le film est fait pour être vu, pas pour être caché L’Algérie est un tremplin pour nous. Je ne suis pas contre qu’il soit sur les plateformes (Netflix), mais il doit d’abord être vu dans les salles par les gens au moins pendant une année », a-t-il indiqué.

Selon lui, « Héliopolis » est le premier film algérien qui aborde en thématique centrale les massacres du 8 mai 1945. Il a souligné que dans « Hors la loi », Rachid Bouchareb n’a consacré que cinq minutes du film à ces événements.

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