Après les déclarations de Tebboune : Paris assure « son respect fondamental de la souveraineté de l’Algérie »

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Après les déclarations de Tebboune : Paris assure

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a réagi, ce mardi 12 octobre, à la crise entre l’Algérie et la France.
Invité par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale (Parlement) pour une audition sur la loi de Finances 2022, Jean-Yves Le Drian s’est exprimé sur la tension avec l’Algérie après les propos du président Emmanuel Macron sur l’Algérie et son Histoire.

« Récemment le Président de la République a rappelé son profond respect pour le peuple algérien. Cela signifie aussi bien sûr le respect fondamental de la souveraineté algérienne », a déclaré le chef de la diplomatie algérienne »,  a déclaré Jean-Yves Le Drian.
« J’ai le plus grand respect pour le peuple algérien, et j’entretiens des relations vraiment cordiales avec le président Tebboune. Mais nous avons enclenché un travail, avec le rapport que nous avons demandé à Benjamin Stora (…), avec la jeunesse française et franco-algérienne, et je continuerai ce travail », a affirmé Emmanuel Macron, le 5 octobre 2021, lors d’une interview à la Radio France Inter.


« La France doit oublier que l’Algérie était une colonie »

Des déclarations qui n’ont pas baissé la tension après le rappel de l’Algérie de son ambassadeur à Paris pour consultation et la fermeture de l’espace aérien aux avions militaires français participant à l’opération Barkhane au Mali.

Dimanche 10 octobre, le président Abdelmadjid Tebboune a déclaré que le retour de l’ambassadeur d’Algérie à Paris était conditionné par le respect de l’Etat algérien par la France. « La France doit oublier que l’Algérie était une colonie », a-t-il dit.
Jean-Yves Le Drian a donné l’impression ignorer ces conditions de l’Algérie et a déclaré devant la commission de l’Assemblée nationale : « C’est aux Algériens et à eux seuls de décider de leurs destins et de définir les contours de leurs choix et de leur débat politique ».


A propos du rappel de l’ambassadeur d’Algérie en France qui signifie l’existence d’une crise majeure entre les deux pays, le chef de la diplomatie française a botté en touche. « Cela ne correspond pas à l’importance que nous attachons à la relation entre nos deux nations. Nous sommes convaincus de l’intérêt commun de nos deux pays à travailler ensemble. Cette vision (…) est, je crois, partagée par beaucoup de responsables algériens à tous niveaux ».


L’Algérie a vivement réagi à la décision de Paris, qualifiée d’unilatérale et de disproportionnée, de réduire de 50 % des visas pour les Algériens. Décision justifiée par le refus des autorités de réadmettre des Algériens expulsés de France.
Le président Tebboune a publiquement accusé le ministre de l’Intérieur français Gérald Moussa Darmanin d’avoir bâti cette décision sur « un gros mensonge » en évoquant l’existence de 7000 dossiers d’Algériens à conduire aux Frontières.


 » Il n’y a jamais eu 7000 Algériens (à expulser). Jamais la France ne nous a parlé de plus de 94 Algériens. Nous avons reçu une liste en 2020 et trois autres en 2021. En tous, cela donne 94 cas dont 21 ont été réadmis en Algérie et 16 ne seront jamais autorisés à entrer en Algérie parce qu’ils sont liés au terrorisme, sont venus de Syrie ou d’ailleurs, d’autres radicalisés en France et d’autres sont des binationaux ou n’ayant pas de familles en Algérie », a déclaré le chef de l’Etat algérien.

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