Décès d’El Hadi Ouguergouz, dernier dactylographe du Congrès de la Soummam

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Un autre témoin et militant de la Guerre de libération nationale nous quitte. Le moudjahid El Hadi Ouguergouz est décédé jeudi 05 novembre 2020 des suites d’une longue maladie. Il a été enterré vendredi au cimetière de Sidi Ouali à Béjaïa, a annoncé la Radio Soummam. Il était le dernier dactylographe du Congrès de la Soummam.

Sans le savoir, El Hadi Ouguergouz faisait partie du groupe chargé de la rédaction des procès-verbaux et des résolutions du Congrès de la Soummam du 13 au 20 août 1956 au village d’Ifri, dans la 3e wilaya historique. Il ignorait à ce moment-là que le Congrès se tenait, avait-il affirmé au quotidien El Moudjahid en août 2020.

« Je travaillais comme auxiliaire au tribunal d’El Kseur et c’est Larbi Amirouche qui m’a demandé de l’accompagner à Ouzellaguène, car il avait un travail important à faire. Ne me doutant de rien, je l’ai accompagné et sur place nous avons rencontré les moudjahidine Salhi Hocine et Abdelhafid Amokrane, qui nous ont guidés jusqu’à Ifri. Nous avons été installés dans une petite chambre avec Amirouchène et Rachid Adjaoud et ils ont affectés, pour chacun, une petite machine de dactylographie », a-t-il affirmé.

Le défunt était effectivement parmi les premiers jeunes d’El Kseur, avec son frère aîné, Tahar Amirouchen, Hocine Salhi, entre autres, à rejoindre le maquis. El Hadi Ouguergouz faisait partie des secrétaires chargés de rédiger et de reproduire les textes du Congrès de la Soummam, sachant « taper à la datylo », tout comme Rachid Adjaoud, un des rédacteurs de ces textes, secrétaire du colonel Amirouche.

« Aucun des trois ne savait ce qui allait se passer. J’étais chargé des travaux de secrétariat du Congrès. Nous recevions au fur et à mesure des feuilles de papiers manuscrites que nous devions taper à la machine et puis on revenait pour les reprendre », a-t-il poursuivi au même quotidien. « Cela a duré trois jours, puis j’ai été transféré vers Mezouara Imedeghacène au poste de commandement de la Wilaya III à Akfadou pour achever le travail sur stencil et l’imprimer à l’aide d’une roné ».

« On ne savait pas du tout que le Congrès de la Soummam se tenait dans cette région. Nous étions complètement isolés et bien surveillés. Ce n’est qu’en septembre 1956 que j’ai appris que tous les documents que j’ai tapés à la dactylo étaient destinés au Congrès de la Soummam. C’était une fierté pour moi », a conclu El Hadi Ouguergouz.

Le 25 octobre 1958, il a été grièvement blessé au fémur dans une embuscade tendue par l’ennemi en pleine forêt de l’Akfadou.

Après sa guérison, 3 mois plus tard, il a été affecté au Poste de Commandement (PC) de la Wilaya 3 à Bounaamane où il a retrouvé Tahar Amirouchen, les Benabid, Mohamed Saïd Aïssani, entre autres.


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