Covid-19: Kaïs Saïed accuse le gouvernement Mechichi de vouloir « tuer » les tunisiens

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Covid-19: Kaïs Saïed accuse le gouvernement Mechichi de vouloir

Le président tunisien Kaïs Saïed a accusé, ce mercredi 21 juillet, le gouvernement de Hachemi Mechichi de vouloir exploiter politiquement la crise sanitaire liée à Covid-19.
Il a reçu au Palais de Carthage l’ex-ministre de la Santé, Faouzi Mehdi, démis de ses fonctions la veille par le chef du gouvernement Hichem Mechichi, pour avoir décidé d’ouvrir la vaccination à tous les Tunisiens de plus de 18 ans pendant les deux jours de l’Aïd El Adha provoquant des bousculades.


« Il y a des questions qui se posent sur la convocation des jeunes pour les centres de vaccination alors que l’Etat plaide pour la séparation physique. L’encombrement constaté dans ces centres était voulu. Le but était de regrouper les gens et de créer l’anarchie. Je l’ai constaté moi même à El Menzah et l’avenue Bourguiba à Tunis. Cette situation n’est pas normale », a déclaré le chef d’Etat tunisien.
Et d’ajouter : « ce qui est arrivé hier est curieux. Habituellement, le jour de l’Aïd El Adha, les rues sont désertes. Dans l’après-midi, des dizaines de milliers de personnes sont venues dans les centres de vaccination. A-t-on voulu sacrifier les tunisiens ? C’est un crime qui a été commis contre les tunisiens et la Tunisie (…) Là, on est arrivé à tuer le citoyen. Qui a donné l’ordre pour que des jeunes de 18 et plus arrivent en masse au même moment ».


Selon Saïed, Mechichi et son cabinet « veulent créer la crise pour la gérer »

Selon lui, la plupart des jeunes de plus de 18 ans n’ont pas pu prendre le vaccin en raison de l’anarchie dans les centres.
« La santé du citoyen n’est pas un jeu. Certains ont préparé le terrain pour le remaniement ministériel. Ils veulent créer la crise pour la gérer, intensifier la pandémie pour accuser une personne d’échec(le ministre de la Santé, ndlr). La politique exige de l’honnêteté, pas les pressions. Ce qui est arrivé est inacceptable. Nous allons continuer à enquêter. Et que chaque partie assume ses responsabilités », a-t-il menacé.
Il faisait allusion au chef du gouvernement Hicham Mechichi avec qui il est en conflit ouvert depuis des mois en raison du choix des ministres.
« Au moment où le nombre des cas positifs (Covid-19) tend à baisser, on cherche à propager davantage le virus, à avoir plus de décès. Pour eux, le peuple tunisien est à sacrifier comme les moutons de l’Aïd », a accusé le chef d’Etat tunisien.

Il a rappelé que la présidence tunisienne a veillé à doter les centres de santé d’équipements médicaux et d’oxygène. Il a salué les pays qui sont venus en aide à la Tunisie comme l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie…


« En Tunisie la pandémie politique est plus grave que celle de Coronavirus »

Kaïs Saïed  a également salué les efforts fournis par le ministre de la Santé, démis de ses fonctions, en coordination avec les services de santé de l’armée, pour riposter à la pandémie de Covid-19.
« L’armée et les services de sécurité font tout pour acheminer les vaccins dans les zones les plus reculées. Au moment où certains projettent de faire un remaniement ministériel, une course contre la montre est menée pour approvisionner les hôpitaux en oxygène », a-t-il dit.  
Kaïs Saïed a estimé que Faouzi Mehdi a été écarté du ministère de la Santé parce qu’il est considéré comme un proche de lui.
Selon lui, l’affaire a été montée de toute pièce par des « personnes influentes » à l’intérieur du système politique pour éjecter Faouzi Mehdi. « En Tunisie la pandémie politique est plus grave que celle de Coronavirus. Dorénavant, la lutte contre la Covid-19 se fera par les services militaires de santé y compris la gestion des aides en équipements venus de plusieurs pays », a déclaré le président tunisien à la chaîne Al Arabiya.


20 % de la population tunisienne vaccinée

Hicham Mechichi, pour sa part, a parlé « d’un dysfonctionnement extraordinaire et de cafouillage » au ministère de la Santé, justifiant le limogeage de Faouzi Mehdi, remplacé par Mohamed Trabelsi, actuel ministre des Affaires sociales.
Il a accusé ce ministère de n’avoir pas pu assurer l’approvisionnement des centres de santé en oxygène, indispensable pour le cas graves de Covid-19, d’avoir échoué à mener l’opération vaccination.  « Du jour au lendemain, on annonce une mesure populiste, une décision criminelle. Le chef du gouvernement n’était pas au courant de cette décision. Idem pour les walis et les services de sécurité. On ouvre 29 centres de vaccination et on invite les gens à s’y rendre. Des centres pris d’assaut par les citoyens. Qui a pris cette décision ? », s’est interrogé Hicham Mechichi, lors d’une rencontre avec les cadres du ministère de la Santé.


Cette querelle entre le président tunisien et son chef du gouvernement Hichem Mechichi se déroule alors que la Tunisie connaît une flambée sans précédent des cas confirmés de covid-19 ces dernières semaines. Le nombre total de cas positifs dépasse les 550.000 et le nombre de décès s’approche des 18.000, selon les dernières statistiques du ministère de la Santé. Près de 2.43O.000 tunisiens ont été vaccinés, soit 20 % de la population.

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