Le Couscous classé au patrimoine culturel mondial

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Couscous classé au patrimoine culturel mondial
Couscous classé au patrimoine culturel mondial

Le Couscous, plat ancestral maghrébin, figure désormais dans la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Le comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, en réunion en ligne jusqu’au19 décembre 2020, a décidé de classer le dossier « Savoirs, savoir-faire et pratiques liées à la production et à la consommation du couscous » .

« Cette nouvelle inscription reconnaît la valeur exceptionnelle du couscous et des savoirs, pratiques et savoir-faire qui l’entoure. Elle incarne également la coopération culturelle entre 4 pays qui ont ce patrimoine en commun – Algérie, Mauritanie, Maroc et Tunisie. Cette inscription témoigne des efforts particuliers menés par l’UNESCO pour encourager les inscriptions multinationales, afin de rapprocher des peuples et des cultures », écrit l’UNESCO sur son site internet mercredi 16 décembre 2020. 

Le dossier, pour rappel, a été présenté fin mars 2019, conjointement, et pour la première fois, par quatre pays du Maghreb : Algérie, Maroc, Tunisie et Mauritanie.

« Cette inscription commune d’un patrimoine partagé illustre combien le patrimoine culturel immatériel peut être un sujet sur lequel les États se retrouvent et coopèrent. C’est d’ailleurs le sens de l’action de l’UNESCO : jeter des ponts entre les peuples, les rapprocher à travers des pratiques et des savoirs qu’ils ont en commun (…) Car le couscous est un plat qui jalonne la vie des populations de ces quatre pays, et bien au-delà : il n’y a pas un mariage, une fête ou une réunion familiale sans couscous. C’est donc à la fois un plat de l’ordinaire et de l’exceptionnel, associé tant aux joies qu’aux peines, consommé tant chez soi qu’en dehors, dans les « zaouïas » par exemple (lieux de cultes traditionnels) ou même en plein air à l’occasion d’offrandes et d’échanges de dons », ajoute l’UNESCO.

« Le couscous a pu voyager »

« Femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, sédentaires et nomades, issus du monde rural ou citadin, ainsi que l’émigration, tous s’identifient à cet élément (couscous) non seulement en sa qualité de mets emblématique, mais aussi pour ses dimensions sociales, symboliques très fortes, son importance pour renforcer le vivre ensemble, enfin et surtout pour sa présence affirmée à tout événement significatif culturel ou cultuel, heureux ou tragique. L’esprit du couscous est l’expression de la vie en société » , est-il noté dans le dossier soumis à l’UNESCO.

« Les « savoirs, savoir-faire et pratiques liés à la production et à la consommation du couscous », témoignent d’une importance socioculturelle largement confirmée dans les pays soumissionnaires (Algérie, Maroc, Tunisie et Mauritanie). À travers l’histoire, le couscous a pu voyager et s’étendre à d’autres contrées, au Sahel, dans les îles méditerranéennes. Au 20ème siècle, il a atteint l’Europe, les Amériques et l’Asie », est-il encore noté.

« Un plat devenu universel »

« Je considère que cette inscription contribuerait à faire reconnaître le couscous, comme patrimoine de l’humanité, un plat ancestral qui se décline d’une multitude de manière dans la région d’Afrique du Nord. Si le couscous est fort connu et se consomme désormais sous toutes les latitudes, les traditions qui lui sont rattachées et les outils anciens de sa fabrication le sont beaucoup moins.L’inscription du Couscous au patrimoine culturel de l’humanité est d’abord une reconnaissance à un plat devenu effectivement universel dans les faits. Mais cela permettra de faire revivre les variantes locales qui sont moins connues et qui sont porteuses d’histoire », a noté Sid Ali Lahlou, patron de la Maison Lahlou, entreprise algérienne spécialisée dans la production de couscous traditionnel, dans une lettre de soutien, contenu dans le dossier présenté à l’UNESCO.

Réagissant à la décision de l’agence onusienne, Malika Bendouda, ministre de la Culture et des Arts, a écrit, sur sa page Facebook, que le couscous n’est pas seulement un plat, mais « un mode de vie ». « C’est une coutume enracinée depuis des siècles dans les événements heureux ou dans les cérémonies de deuil, dans le respect et dans la célébration, dans la solidarité et dans le soutien…C’est un signe précurseur dans la diversité à laquelle ont cru les habitants de la région (Maghreb) », a-t-elle écrit.

« Un véritable plat miroir des sociétés »

Les graines du couscous sont préparées à base de semoule de blé. Une fois préparées, après plusieurs étapes dont un passage par la vapeur d’eau, elles seront servies avec de la sauce blanche ou rouge, selon les régions, avec des légumes, de la viande, du poulet ou du poisson. Sans sauce, le couscous est servi avec du raisin sec, du miel pur et des noix.

« Il y a ainsi autant de recettes de couscous que de familles et une variété infinie de nuances entre les régions, la composition changeant selon les écosystèmes, selon que l’on se trouve en plaine, dans les montagnes, dans des oasis, près du littoral ou dans des îles – faisant du couscous un véritable plat miroir des sociétés où il est cuisiné », note l’UNESCO. 

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