Clôture du FNTP: le jury critique « le discours direct » sur scène

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Clôture du FNTP: le jury critique
Clôture du FNTP: le jury critique "le discours direct" sur scène

Lors de la clôture du FNTP, dimanche 21 mars au soir, le jury a critiqué certains spectacles qui étaient en compétition.


Le jury composé de Habib Boukhelifa, président, et de Nabila Brahim, Fouzi Benbrahim, Bouziane Benachour et Wahid Achour, membres, a émis des recommandations avant la distribution des prix du Festival, au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi (TNA), à Alger. La première observation a trait à la direction de comédiens.

« Cette direction est essentielle dans la mise en scène. Nous avons constaté que dans certains spectacles peu d’intérêt a été accordé à cet aspect. Cela a eu des répercussions sur la maîtrise de l’interprétation des rôles », a relevé Habib Boukhelifa, critique et enseignant à l’Institut supérieur des métiers des arts de spectacle et de l’audiovisuel (ISMAS).


Le comédien doit s’intéresser à son corps

Le jury a évoqué les carences en matière de préparation physique et mentale des comédiens. « Le comédien doit s’intéresser à son corps, à son esprit et à sa culture », a-t-il noté. L’utilisation abusive de certains outils artistiques a été également mise à l’index. Une utilisation qui, selon le jury, ne servait ni la forme ni le fond des spectacles. Il s’agit notamment de la musique, de la chorégraphie ou de l’éclairage.


« Certains concepteurs de spectacles ont pris beaucoup de facilités dans le choix des formes. Nous avons aussi remarqué que des textes adaptés ont été traités sur le plan dramatique sans atteindre le niveau artistique requis et sans rien ajouter à l’esthétique du spectacle », a souligné Habib Boukhelifa.


 « Le piège du bourrage »

Le jury a critiqué « le discours direct » sur scène. « En plus de ne pas être justifié sur le plan conceptuel ou artistique, cela a crée un décalage entre la forme et le contenu du spectacle. Parfois, la narration n’est pas à la hauteur des exigences de l’acte théâtral lui-même et la fordja (spectacle). Et certaines pièces sont tombées dans le piège du bourrage et du bavardage entraînant une baisse du rythme », a relevé le président du jury.


Le recours aux enregistrements musicaux, à la place des compositions originales, a été également souligné. Des montages musicaux qui n’ont pas « servi » les scénographies.

Le 14ème Festival national du théâtre professionnel s’est déroulé du 11 au 21 mars 2021 avec la participation de dix pièces en compétition. Le grand prix a été décroché par la pièce « Khatini » (cela ne me concerne pas) d’Ahmed Rezzak, une production du Théâtre régional de Mostaganem.

Ahmed Rezzak, qui n’était pas présent,  a obtenu également le prix de la meilleure scénographie pour la même pièce, produite par le Théâtre régional de Mostaganem (TRM). La représentation, qui s’inscrit dans le théâtre populaire voulu par le metteur en scène, s’est distinguée par son ton vivace et par sa thématique épicée tirée de l’actualité algérienne.

C’est l’histoire d’un jeune, Khatini, qui veut quitter un pays de vieux, dirigé par un président omnipotent. Bouhadjar Boutchiche, qui a interprété le rôle de Machi Houa, père de Khatini, a décroché le prix de la meilleure interprétation masculine. Il était en course avec Seifeddine Bouha du Théâtre régional de Skikda. Bouhadjar Boutchiche est distingué pour la deuxième fois au FNTP pour le même prix, après celui de 2013.

Clôture du FNTP: le palmarès


– Grand Prix : « Khatini »  d’Ahmed Rezzak (Théâtre  Régional Mostaganem).

– Meilleure Mise en scène:  Ali Djebara pour « Sekoura » (Théâtre Régional Souk Ahras).

– Meilleure Scénographie: Ahmed Rezzak pour « Khatini ».

-Meilleur Texte: Benamara Mahi pour « La Transaction » (Théâtre Régional Tizi Ouzou).

– Prix Spécial du Jury: « Nestenaw…fel…hit » de Halim Zeddam (Coopérative Numidia, Bordj Bou Arreridj).

– Meilleure Interprétation Féminine: Najla Terli pour « Aramel » (Théâtre Régional Constantine).

– Meilleure Interprétation Masculine: Bouhdjar Boutechiche pour « Khatini ».

– Meilleure Création Musicale : Mohamed Zami (« Sekoura », Théâtre Régional Souk Ahras).

– Meilleur Espoir Féminin: Chaïma Ourad (« Sekoura ») et Yasmine Abbassi (« Aramel »),

– Meilleur Espoir Masculin: Riadh Djefailia (« Sekoura ») et Mustapha Merati pour « Arlequin valet des deux maîtres » (Théâtre régional d’Oran).

LIRE AUSSI: FNTP: « Khatini » d’Ahmed Rezzak décroche le grand prix

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