Cinema: « Let there be light » ou quand l’autorité parentale est mise à rude épreuve

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Le titre a une connotation biblique qui renvoie à la Genèse « Let there be light » (Que la lumière soit) mais le film est loin d’être une propagande chrétienne. C’est même le contraire.


Le long métrage de Marko Škop a été projeté, lundi 23 janvier , à la cinémathèque d’Alger, à la faveur des 7ème Journées du film européen, organisées par la Délégation de l’Union européenne en Algérie jusqu’au 26 janvier.


« C’est un film techcoslovaque. La Tchéquie et la Slovaquie se sont séparées. La séparation s’est bien passée (en 1992). Mais nous continuons à travailler ensemble dans beaucoup de domaines dont la culture. Comme nous sommes un peu plus riches que les slovaques, nous finançons souvent les productions de cinéma », a souligné Lenka Pokorná, ambassadeur de la Tchéquie à Alger, avant la projection du film. Elle a précisé que l’histoire de « Let there be light » (« Nech je svetlo » en tchèque)  se passe en Slovaquie, au sud-est de la Tchéquie.

Positive attitude

Milan Deniš (Milan Ondrík) travaille comme ouvrier en Allemagne. Il revient pour les fêtes de fin d’année revoir sa famille dans au village de Nowa Huta sous la neige en Slovaquie. Milan est un homme joyeux, blagueur, calme. Il perd petit à petit sa positive attitude en découvrant l’histoire de son fils Adam (Frantisek Beles), embarqué par un groupe d’extrême-droite, formé au lyçée, appelé « La garde ». Un groupe paramilitaire qui aspire à « protéger la nation et la famille » des étrangers, des autres.


Zuzka (Zuzana Konečná), mère d’Adam, informe le père que le garçon s’isole dans sa chambre,  souvent silencieux. L’adolescent est agacé par les questions du père. Les choses commencent à s’éclaircir lorsque la police débarque à la maison après le suicide d’un jeune soupçonné d’homosexualité, Peter ami d’Adam.


Un drame profond

Milan, collectionneur d’armes, peine à maîtriser son fils Adam, découvre que Roman, son autre fils, cherche à « dominer » sa petite sœur en lui faisant jouer le rôle d’une chienne. Tout s’emballe. Milan, en conflit avec son père, un fanatique chrétien,  découvre que le drame est plus profond dans le village et que le sentiment de xénophobie est bien partagé y compris par le curé qui, dans les messes du dimanche, plaide pour… »la paix et l’amour ».


La police est également complice. Le racisme est souvent le fruit de la rencontre de deux pouvoirs aveugles !
Courageux, le film Marko Škop aborde avec finesse la question de l’autorité parentale, du rapport père-fils, des liens familiaux mis à l’épreuve de menaces extérieures. Le long métrage porte également une critique forte contre l’Eglise, qui alimente, sinon encourage, le sentiment de haine contre les étrangers, les non chrétiens notamment. La présence de la neige est une métaphore sur cette haine froide qui s’accumule couche après couche.


La Croix à double traverse

Le Parti populaire « Notre Slovaquie », parti d’extrême droite, revendique la chrétienté et adopté la Croix à double traverse, sur fond vert, comme logo. Son leader Marian Kotleba est un néonazi qui assume ses positions. Il s’est présenté aux élections présidentielles de 2019 et a perdu en obtenant plus de 10 % des voix.


Le cinéma européen reste encore craintif, voire hésitant, quant à l’évocation de la montée des mouvements nationalistes dans le Vieux continent, sous forme fictionnelle.


« En Europe, le populisme se développe dans les régions qui sont parfois abandonnées par les capitales. Actuellement, le nationalisme est plus fort en Slovaquie qu’en Tchéquie. Actuellement, le parti nationaliste tchèque est dirigé par tchéco-japonais ! Il y a donc quelque chose qui ne va pas. En Slovaquie, on est toujours en quête d’identité, trente ans après la séparation. C’est un pays qui connaît le chômage. Le film « Let there be light » est universel. Les problèmes évoqués peuvent être rencontrés dans tous les pays. Même dans les pays riches, il y a des coins perdus où la vie est difficile », a conclu Lenka Pokorná. 

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