Boukadoum à Bamako: l’Algérie souhaite une transition « calme et apaisée » au Mali

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Boukadoum à Bamako: l'Algérie souhaite une transition
Boukadoum à Bamako: l'Algérie souhaite une transition "calme et apaisée" au Mali
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Deuxième visite de Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères, au Mali, en moins d’un mois. Ce dimanche 20 septembre, le chef de la diplomatie algérienne s’est entretenu avec une délégation du Comité national pour le Salut du Peuple (CNSP) qui a remplacé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), forcé par les militaires à la démission le 18 août 2020.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Boukadoum a au des entretiens avec Assimi Goïta, président du CNSP, Malick Diaw, vice-président, et Ismael Wague, porte-parole. « Ces entretiens ont été l’occasion d’aborder la situation au Mali à la lumière des dernières consultations tenues à la capitale malienne et des décisions du dernier sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) », est-il précisé dans le communiqué.

Réuni à Niamey, au Niger, le 7 septembre, les dirigeants de la Cédéao ont exigé la désignation d’un président et d’un Premier ministre civils de transition. La Cedeao a décidé de la fermeture des frontières avec le Mali et d’un embargo commercial. Jeudi 17 septembre, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), présidé par l’algérien Ismaël Chergui, a réclamé « une transition rapide menée par un civil » et « un retour à l’ordre constitutionnel ».

L’UA a suspendu le Mali le 19 août 2020, au lendemain du renversement du président IBK. La transition exigée est de dix mois. Samedi 19 septembre, le CNSP a relancé les discussions avecles représentants du mouvement de contestation M5-RFP sur la « Charte de transition ».

Le CNSP entend former « un comité » qui aura à désigner un nouveau président de transition. Il sera composé, d’après les médias maliens, de représentants de syndicats, de la société civile, du M5, du CNSP et de militaires. Le CNSP craint un « embargo total » de la Cédéao.

« Retour à l’ordre constitutionnel »

A Bamako, Sabri Boukadoum a souligné l’attachement de l’Algérie à la stabilité et à la sécurité du Mali et « sa solidarité sans faille avec le peuple malien frère ». « L’Algérie est disponible à poursuivre son accompagnement aux frères maliens, comme elle l’a fait par le passé, dans leurs efforts à conduire une transition calme et apaisée qui soit à la hauteur des attentes du peuple malien et qui permettrait le retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il soutenu.

Le chef de la diplomatie algérienne s’est entretenu aussi avec Pierre Buyoya, chef de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Salah Ennadif, chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MUNISMA) ainsi que les représentants de la Cédéao, de l’Union européenne et des pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Des entretiens qui, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, ont porté sur l’évolution de la situation au Mali et sur « la coordination des efforts en matière de stabilisation de la région ».

Discussions avec l’imam Dicko

Sabri Boukadoum a également rencontré l’imam Mahmoud Dicko, leader du Mouvement M5, Housseini Amion Guindo président de la Convergence pour le Développement du Mali (CODEM), Soumeylou Boubeye Maiga, ancien premier Ministre du Mali, Zahabi Ould Sidi Mohamed, président de la Commission Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger (de 2015), et Sidi Brahim Ould Sidati, chef de la Délégation de la Coordination des Mouvements de l’Azawad au Comité de Suivi de l’Accord d’Alger (CSA), dont la présidence est assurée par l’Algérie.

« Les interlocuteurs maliens ont largement salué le rôle de l’Algérie dans la région et son engagement indéfectible en direction du Mali et du peuple malien, en exprimant leur appréciation pour la solidarité agissante que l’Algérie a toujours témoignée à ce pays frère et voisin », est-il souligné dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Intervenant à l’ENTV, Sabri Boukadoum a déclaré que les idées et la vision de l’Algérie par rapport à la crise au Mali ont eu « une bonne écoute » à Bamako. Il faut, selon lui, tout entreprendre afin que le Mali puisse « traverser cette période difficile dans des conditions appropriées ».

Le porte-parole du CNSP a, pour sa part, salué les efforts de l’Algérie pour accompagner le Mali « dans les moments difficiles », son rôle stabilisateur et a évoqué l’attachement à l’Accord de paix d’Alger. Pour l’Algérie, cet accord ne doit en aucune manière être remis en cause.

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